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Un projet d’observation de la faune dans le sud des Rocheuses

Vue aérienne d'une passerelle faunique avec les montagnes Rocheuses en arrière plan.

Les passerelles fauniques permettent aux animaux de traverser les routes en toute sécurité.

Photo : Brent Calver

Geoffrey Gaye

Conservation de la nature Canada, l'institut Miistakis et l'Institut de surveillance de la biodiversité en Alberta annoncent un partenariat visant à surveiller les déplacements de la faune dans le sud des Rocheuses.

L'étude s'inscrit dans les efforts déployés depuis trois ans par une équipe de bénévoles pour protéger un couloir faunique de cinq kilomètres de large dans le secteur.

Des appareils photo à détection de mouvement ont été installés dans la région, afin de récolter des données.

Un cougar marchant dans la forêt les yeux reluisant dans la nuit

Les appareils photo installés ont permis de capturer une sortie nocturne d'un cougar.

Photo : Conservation de la Nature Canada

Selon le nombre d'espèces photographiées dans chaque secteur, Conservation de la nature Canada pourra établir sa stratégie de protection. Déjà, des renards, des cerfs, des élans et même un cougar ont été captés par l'équipement de recherche.

Si on trouve qu’une région est plus un corridor pour les ours, ou qu’une autre est plus un corridor pour les cerfs, ça peut informer sur le type d'infrastructure de protection qui peut être construit pour mieux servir ce type d’animal, explique Jensen Edwards, porte-parole de Conservation de la nature Canada.

En Alberta, l'objectif de l’organisation est d'obtenir la construction d'une passerelle faunique au-dessus de la route 3, qui traverse le corridor. L'intention est de relier le corridor de protection faunique Jim-Prentice, créé en 2018.

Jensen Edwards précise que les prédateurs comme les ours et les cougars préfèrent utiliser des tunnels pour traverser les routes. À l’inverse, les cerfs et chevreuils empruntent généralement les ponts, car ils peuvent guetter l'arrivée d'un danger.

Un Élan photographié

L'organisation tente de déterminer les différents corridors empruntés par les différentes espèces d'animaux.

Photo : Conservation de la Nature Canada

Actuellement, 17 bénévoles travaillent sur ce projet d'observation. Ils sont chargés de récolter et changer les cartes mémoires des appareils photo. Une fois l’étude terminée, les données seront publiées.

Ce n’est pas à nous de déterminer où seront construites ces passerelles. Nous, nous devons étudier, et c’est ensuite aux gouvernements de décider de quoi faire avec ces données-là, indique Jensen Edwards.

Des connexions essentielles

Nommé ainsi en hommage à l’ancien premier ministre albertain, le corridor faunique s'étale sur cinq kilomètres perpendiculairement à la route 3.

Situé au niveau du Col du nid de corbeau dans les Rocheuses, à la frontière entre l'Alberta et la Colombie-Britannique, cet espace est composé de terrains privés que l’association a acquis au cours des dix dernières années.

« On a ciblé cette région comme une priorité de conservation. Une passerelle permettrait d'aider à connecter le parc national Waterton, jusqu’au sud de la frontière, avec les forêts plus au nord. »

— Une citation de  Jensen Edwards, responsable des relations avec les médias à Conservation de la nature Canada

La Transcanadienne comme modèle de passerelle faunique

Co-fondateur de l’organisation Yellowstone to Yukon Conservation Initiative, Harvey Locke a travaillé pendant près de 30 ans pour réunir des fonds afin de protéger la nature autour de la route 3. Il affirme que quand cette route a été construite, il n’y avait aucune considération des dangers pour la faune.

Les corridors naturels des animaux dans les Rocheuses vont du nord au sud, mais nos routes vont de l’est à l’ouest, dit Harvey Locke.

Ces routes présentent de grands risques pour les animaux souhaitant traverser. Mais selon lui, il est important de ne pas construire uniquement des clôtures. Si les animaux ne peuvent pas se déplacer, ça crée des problèmes génétiques. Et avec le temps, ces espèces disparaissent, car leur population diminue constamment.

Un chevreuil et son enfant dans la forêt

Les routes empêchent les animaux sauvages de circuler le long des vallées, ce qui nuit à leur existence.

Photo : Conservation de la Nature Canada

Pour Harvey Locke, la Transcanadienne reliant Banff à Calgary, qui compte plusieurs passerelles fauniques, est l’un des meilleurs modèles au monde.

Mais la différence avec la route 3, c’est qu’elle est bordée par de nombreux terrains privés, tandis que la transcanadienne est entourée de terrains publics, dit-il, tout en saluant des actions de Conservation de la nature Canada qui tente de racheter ces terrains pour y protéger la nature.

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