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Yves-François Blanchet empêche les journalistes d’interroger une de ses candidates

Yves-François Blanchet répond à une question lors d'une conférence de presse à l'extérieur. On voit des candidates derrière lui, dont Ensaf Haidar.

Yves-François Blanchet était de passage à Sherbrooke pour cette conférence de presse avec des candidates, dont Ensaf Haidar (qui sourit derrière lui, à droite).

Photo : Radio-Canada

« Je ne crois pas qu’on va procéder à ça ici ce matin, Madame. Je suis désolé. »

Yves-François Blanchet était résolu mardi matin à ce que les journalistes ne puissent pas s'adresser directement à la candidate bloquiste dans Sherbrooke, Ensaf Haidar.

Les représentants de la presse voulaient savoir pourquoi Mme Haidar, qui est l'épouse de Raif Badawi, ce dissident emprisonné en Arabie saoudite depuis plusieurs années, avait appuyé publiquement le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, en 2018.

Mais à trois reprises, M. Blanchet a refusé que sa candidate s'avance au micro pour répondre par elle-même à la question. Madame Haidar a eu un cheminement qui l’a amenée, il y a déjà un bon moment [...], à être candidate pour le Bloc québécois, a entre autres offert le chef en guise d'explication.

Éventuellement, les journalistes auront l’occasion de poser leur question, a-t-il ajouté, décrivant sa candidate comme un emblème de liberté, d’égalité des sexes, de liberté d’expression, de laïcité.

Invité à dire pour une seconde fois pourquoi Mme Haidar ne pouvait s'exprimer librement, le chef bloquiste a fait savoir qu'il s'agissait en fait de son point presse à lui.

Ensaf s’est déjà exprimée. Et, vous savez, quand je ne suis pas là, les médias n’ont qu'elle pour satisfaire leurs attentes et leur curiosité. Je me permets de prendre mes propres points de presse, et après ça, on a plein d’occasions, et les occasions seront sûrement nombreuses, a-t-il expliqué.

Or, les journalistes qui ont voulu s'entretenir avec la candidate après le point de presse se sont fait dire que les entrevues seraient faites par téléphone seulement. Devant leur insistance, les responsables de la campagne ont fini par permettre une mêlée de presse de deux minutes.

Ensaf Haidar répond à une question. Elle tient un téléphone entre ses mains.

Ensaf Haidar a finalement parlé brièvement aux journalistes.

Photo : Radio-Canada

Ensaf Haidar a donc finalement pu expliquer ce qui l'avait poussée à publier un tweet en appui à Maxime Bernier peu de temps après la fondation de son parti. En fait, quand il est question de son mari emprisonné, elle dit être avec tout le monde.

L'histoire de Raif, c'est une histoire personnelle. Je soutenais Maxime Bernier, je soutenais beaucoup de gens autour du monde. Ce n'est pas juste Maxime Bernier. Chaque personne qui parle de Raif, je suis avec elle, a-t-elle expliqué, précisant simplement que Maxime Bernier l'avait appelée, à l'époque, pour lui offrir son soutien.

La politique, c'est différent. [...] Les valeurs du Bloc québécois sont les miennes, avant même que j'arrive ici. Par exemple, la loi 21, a-t-elle assuré, en référence à la Loi sur la laïcité de l'État qui était l'objet initial du point de presse d'Yves-François Blanchet.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

Blanchet se défend d'avoir empêché sa candidate de parler

Quelques heures plus tard, le chef bloquiste a tenu une autre mêlée de presse pour se défendre d'avoir voulu délibérément empêcher sa candidate de répondre directement aux journalistes.

Je suis très candide dans ces affaires-là moi. Quand l’approche est candide, ma réponse est candide. Les gens qui travaillent avec moi depuis des années le savent, a-t-il dit après une rencontre avec le maire de Sherbrooke à l'hôtel de ville.

Dans le cas présent, c’était un point de presse où j’avais un certain nombre de choses à présenter pour le Bloc, a expliqué Yves-François Blanchet, affirmant que, contrairement à lui, sa candidate, elle, était toujours ici, toujours disponible pour parler à la presse régionale.

On est très loin de l’avoir empêchée de prendre la parole, et Ensaf me connaît assez pour savoir que ce n’est pas trop mon genre. [...] Que ç'a été perçu comme ça, ça me déçoit un peu, mais je vais être davantage clair dans les motifs, le cas échéant.

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