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Québec vice-championne de l’explosion des coûts de déneigement

De la machinerie employée au déneigement des rues de la ville de Québec.

Les coûts du déneigement explosent à Québec.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Les coûts du déneigement pèsent de plus en plus lourd dans le budget des municipalités québécoises. Si la Ville de Gatineau détient la palme de la plus forte augmentation depuis 10 ans, Québec la suit de très près.

Les coûts du déneigement ont bondi de 65 % depuis 2012 à Québec. Il s’agit de la plus forte progression dans la province après Gatineau, qui doit composer avec une augmentation de 68 % sur la même période.

À titre de comparaison, Montréal a vu ses coûts de déneigement progresser d’environ 35 % depuis 10 ans.

Lévis enregistre une hausse de 50%.

Ces données sont tirées d’une étude commandée par l’administration Labeaume à l’automne 2019 afin de comprendre les causes de la flambée des prix du déneigement dans la capitale.

À ce moment, le maire Labeaume s'étonnait de voir les soumissions bondir de 50 % pour le renouvellement de contrats dans les secteurs de Val-Bélair et de l'aéroport international Jean-Lesage.

L'étude a finalement été déposée sans tambour ni trompette lors du conseil municipal, lundi soir.

Manque de compétition

Selon les auteurs, plusieurs facteurs peuvent expliquer la hausse soutenue des coûts depuis 10 ans.

Ainsi, la part de marché des trois plus grands entrepreneurs de la région est passée de 34 % à 49 % sur la période, ce qui a réduit la concurrence pour l’obtention de contrats.

Une chenillette déblaie les trottoirs enneigés par un soir de tempête.

Une chenillette déblaie les trottoirs enneigés par un soir de tempête. (archives)

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Signe que le marché de Québec est de plus en plus difficile à percer, les auteurs soulignent qu’à peine 20 % des nouveaux joueurs de l’industrie ont réussi à remporter un appel d’offres depuis 2016.

Moins de travailleurs, plus d’exigences

La pénurie de main-d’œuvre s’est aussi amplifiée dans la capitale au fil du temps, ce qui a tiré vers le haut le salaire des déneigeurs.

Depuis 5 ans, la rémunération des travailleurs a même bondi de 30 %, ce qui est largement supérieur à l’inflation sur cette même période.

La Ville de Québec a par ailleurs considérablement rehaussé ses critères de déneigement ces dernières années et les entrepreneurs ont ajusté leurs prix en conséquence.

À titre d’exemple, entre 2014 et 2019, l’administration Labeaume a multiplié par 5 la superficie du réseau routier devant être déneigée et déglacée en tout temps.

Cette décision est survenue après une tempête en janvier 2014 qui avait rendu bon nombre de côtes de Québec impraticables en pleine heure de pointe matinale.

Stimuler la compétition

Le responsable du déneigement à la Ville de Québec, Jérémie Ernould, estime que des changements importants ont été apportés pour stimuler la compétition entre les entrepreneurs dès l’hiver prochain.

Plusieurs territoires qui doivent faire l’objet d’appels d’offres ont ainsi été subdivisés afin de permettre à de plus petits joueurs de soumissionner.

Jérémie Ernould, conseiller municipal responsable du déneigement à Québec.

Jérémie Ernould, conseiller municipal responsable du déneigement à Québec. (archives)

Photo : Radio-Canada

En rapetissant les territoires, des compagnies de plus petite taille vont pouvoir concurrencer les entrepreneurs établis, ce qui devrait faire pression à la baisse sur les prix, explique M. Ernould.

De plus, les compagnies n’auront plus à fournir des garanties d’équipement pour obtenir un contrat.

Ces clauses prenaient souvent la forme de cautions en argent et avaient pour but de valider la bonne santé financière des entreprises. Elles pouvaient cependant effrayer les plus petits joueurs.

Des contrats moins contraignants

Finalement, l’administration Labeaume accepte de faire des concessions sur les facteurs de réajustement des précipitations.

La Ville continuera de bonifier les contrats des déneigeurs privés si les précipitations excèdent 295 centimètres au cours d’une même saison, mais diminuera sa compensation quand les chutes de neige seront moindres.

Des camions en attente d'être chargés de la neige accumulée dans les rues.

Des camions en attente d'être chargés de la neige accumulée dans les rues.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Or, la Ville de Québec a justement profité d’un hiver plus clément en 2020-2021, puisqu'à peine 210 centimètres de neiges ont été enregistrés.

Même si ces faibles précipitations ont contribué à générer des économies d’environ 4 millions de dollars sur un budget de plus de 65 millions, Jérémie Ernould ne croit pas que la Ville perdra au change à l'avenir.

Si on attire plus d’entrepreneurs avec des conditions d’appels d’offres plus favorables, on aura de meilleurs prix, tranche-t-il.

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