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Des poupées ultraréalistes pour aider les personnes atteintes d’Alzheimer

Une poupée aux allures de véritable bébé.

France Richard crée des poupées ultraréalistes pour aider les personnes atteintes d'Alzheimer.

Photo : Radio-Canada / Guylain Côté

Sophie Bernier

De plus en plus de personnes qui souffrent de la maladie d'Alzheimer peuvent compter sur des poupées qui ressemblent à s'y méprendre à un bébé. Ces poupées ont un visage ultraréaliste et pèsent le même poids qu'un bébé. Quand on en prend une dans ses bras, il faut se convaincre que ce n'est pas un vrai bébé.

Une femme devant son atelier de confection de poupées réalistes.

France Richard met des heures à donner vie à ses poupées.

Photo : Radio-Canada / Guylain Côté

La Shawiniganaise France Richard a commencé à fabriquer ses poupées quand elle a accompagné sa mère qui souffrait de la maladie d'Alzheimer. Elle a remarqué que sa mère était plus calme quand elle berçait son « bébé ». Depuis, la majorité de ses poupées sont achetées par des proches de malades. Elle en vend aussi à des femmes qui vivent un deuil après une fausse couche.

Une tête de poupée.

France Richard pose les cils et les sourcils à la main.

Photo : Radio-Canada / Guylain Côté

La Fédération québécoise des Sociétés Alzheimer confirme que les bienfaits de ces poupées sont observables et qu'elles sont de plus en plus utilisées. Il n'existe pas d'études qui quantifient les effets de ces approches non pharmacologiques, mais on reconnaît plusieurs avantages à ces poupées thérapeutiques. Sentiment de bien-être, réduction de l'anxiété et de l'agressivité, augmentation de l'estime de soi, etc.

Les bienfaits sont effectivement nombreux, explique la directrice en recherche et développement à la Fédération québécoise des Sociétés Alzheimer, Nouha Ben Gaied. Par exemple, on peut leur demander de le bercer, de le nourrir, de le changer... Il y a une stimulation, on demande à la personne atteinte de faire une activité, même si ça paraît anodin. Au lieu d'être assise et de fixer le plafond, elle a une responsabilité, elle se sent utile et c'est bon pour son estime et sa confiance.

Deux poupées ultraréalistes.

Les poupées procurent la même sensation que celle de prendre un vrai bébé dans ses bras.

Photo : Radio-Canada / Guylain Côté

Les poupées permettent aussi aux intervenants d'entrer en contact plus facilement avec la personne malade. Après lui avoir donné une poupée et après avoir ouvert la discussion sur ce bébé, il est plus facile de donner des soins à cette personne. Elle sera probablement plus réceptive.

Les personnes qui souffrent d'Alzheimer gardent leur mémoire à long terme, donc elles se souviennent d'événements marquants survenus il y a des décennies, comme la naissance de leur enfant. De plus, le côté affectif, celui des émotions, demeure intact, peu importe le degré de la maladie. C'est une région du cerveau qui n'est pas affectée. C'est ce qui fait qu'on peut avoir recours à ce genre d'approches et avoir une interaction avec la personne, une interaction qui va lui faire du bien explique Nouha Ben Gaied.

Évidemment, c'est plus efficace auprès des femmes qui ont généralement un attachement naturel avec les bébés. Il faut aussi être vigilant. Il ne faut pas offrir une poupée thérapeutique à une personne qui aurait fait des fausses couches à répétition par exemple. Ça pourrait avoir l'effet inverse et réveiller des émotions, prévient Nouha Ben Gaied.

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