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Fin des équipes élites de hockey féminin dans le nord-est du Nouveau-Brunswick

Joueuses de hockey lors d'une photo.

Une des équipes des moins de 18 ans du programme féminin de hockey élite du nord-est du Nouveau-Brunswick. En des temps plus heureux, les jeunes hockeyeuses rencontraient l'Olympienne Mélodie Daoust (archives).

Photo : Donat Poirier

François Le Blanc

C'est un coup dur pour le développement du hockey féminin au Nouveau-Brunswick. Les dirigeants de la zone du Nord-Est ont annoncé qu'il n'y aurait pas d'équipes élites dans les catégories des moins de 15 ans et moins de 18 ans.

La décision risque de laisser bien des joueuses de haut niveau sans équipe pour la prochaine saison.

Un manque d'inscriptions explique officiellement cette décision de la zone EDZA Nord (Elite Draw Zone Association). Seulement sept joueuses se sont présentées à un camp de sélection en prévision de la prochaine saison.

Le nombre [d'inscriptions] est à la baisse, révèle Bobby Frees, président du Conseil d'EDZA. Nous devons mettre du temps supplémentaire pour former une équipe.

Mise au jeu officielle, avec deux joueuses de hockey face à face.

Le championnat de l'Atlantique de hockey féminin de l'Atlantique midget AAA avait créé de l'enthousiasme autour du hockey féminin en 2019.

Photo : Radio-Canada

Il y a deux ans, Bathurst accueillait le championnat de l'Atlantique Midget AAA. Deux ans plus tard, il ne reste plus rien pour les jeunes filles du nord-est de la province.

Dans le passé, des entraîneurs contactaient des joueuses ou des athlètes qui se faisaient tirer l'oreille pour les convaincre de revenir. Mais, les efforts ont été infructueux cette année.

D'autres facteurs s'invitent dans la conversation. De trois à cinq filles par années quittent le nord pour aller jouer dans les Prep Schools, des écoles privées pour les jeunes de moins de 18 ans, où l'accent est mis sur le développement du hockey et des études. Ces joueuses, souvent talentueuses, espèrent attirer l'attention des universités.

Rothesay Netherwood, près de Saint-Jean, est une de ces institutions qui attirent bien des hockeyeuses.

Leur départ crée un vide dans une région où le bassin de joueuses est moins important.

Un grand territoire

EDZA Nord couvre un grand territoire : de Saint-Quentin/Kedgwick à l'ouest, jusqu'à à Miscou à l'est, et de Campbellton, au nord, à Rogersville au sud. Les déplacements sont nombreux pour les entraînements et les matchs.

Après quelques années au niveau AAA, des joueuses sont attirées par le calibre scolaire et préfèrent représenter leur école secondaire, qui est tout près de la maison.

Des filles décident aussi de tenter leur chance avec les équipes de garçons. Par exemple, l'équipe masculine élite des moins de 15 ans accueille trois adolescentes qui espèrent décrocher un poste de gardienne de but.

Certaines athlètes changent aussi de sport ou choisissent de se lancer sur le marché du travail.

Les joueuses sont agenouillées devant leur entraîneuse.

L'équipe de hockey féminine qui représentait le Nouveau-Brunswick aux Jeux du Canada en 2019 était majoritairement composée de francophones dans quelques-unes du programme du Nord-est.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Un choix difficile

Il y avait tout de même une quinzaine de jeunes filles prêtes à évoluer dans ces deux divisions AAA. Elles sont maintenant confrontées à un choix difficile : abandonner le hockey, jouer pour des équipes masculines, se joindre aux formations scolaires ou tenter leur chance avec les clubs de Moncton et de Fredericton de la ligue AAA.

La joueuse de défense de Lamèque, Kamille Chiasson, 14 ans, réfléchit à la situation. Son père Luc est déçu de la fin du programme dans le Nord-Est.

C'est désolant pas mal, lance-t-il. On est en discussion avec notre fille, car si elle veut jouer dans ce calibre-là, elle n'a pas le choix de déménager. On ne peut pas faire trois heures de route pour y aller à un entraînement, et trois heures pour revenir.

Le déménagement implique aussi des dépenses plus importantes.

Il évoque aussi les disparités nord-sud du Nouveau-Brunswick. À Moncton, l'équipe a accueilli peut-être 40 joueuses pour leur camp de sélection. Nous, on a un grand territoire, mais on n'a pas de filles qui jouent.

M. Chiasson ne considère pas, pour le moment, le hockey scolaire. À 14 ans, il aimerait qu'elle puisse jouer avec des filles de son âge. Les écoles secondaires ont dans leur alignement des athlètes de 15 à 17 ans.

À son âge, c'est mieux de jouer avec des filles, car avec les gars, c'est plus dangereux en raison des mises en échec, explique Luc Chiasson.

Les équipes de Fredericton et de Moncton ont déjà bien entamé leur camp de sélection. Se trouver un poste à ce moment-ci pourrait être audacieux, mais difficile.

Un bilan des dernières années

On ne sait pas si la décision d'EDZA Nord est temporaire ou permanente. Mais le message du président, Bobby Frees, sur la page Facebook de l'organisme, ressemblait à un bilan du programme.

Homme souriant devant trophée.

Bobby Frees, que l'on voit ici lors d'un événement de Hockey Canada, est déçu de la fin du programme féminin. (archives).

Photo : Twitter/Hockey Canada

Nous sommes par contre très fiers de nos réalisations au cours des 10 à 12 dernières années. Nous avons remporté quelques championnats de l'Atlantique et 4 championnats provinciaux. Nous sommes également si fiers de nos femmes que nous avons aidé à se développer pour passer aux niveaux universitaires et aux écoles préparatoires. Avec nos chiffres ici dans le Nord, il est difficile de perdre 3 et 4 joueurs chaque année aux écoles préparatoires.

Une citation de : Bobby Frees, EDZA Nord

Il évoque les noms de Marie-Jo Pelletier, Marlène Boissonnault et Érica Plourde, qui sont passées par le programme et qui ont évolué avec les équipes nationales ou universitaires.

Marlene Boissonnault

Marlene Boissonnault (archives)

Photo : Radio-Canada

Avec la fin du programme élite féminin dans le Nord-Est, elles pourraient être les dernières.

Et plusieurs observateurs du monde du hockey se demandaient à mots couverts si cette annonce pour le programme féminin ne serait pas un avant-goût de ce qui pourrait se produire, dans le futur pas si lointain, pour le programme masculin.

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