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Martin Prud’homme quitte officiellement son poste de directeur de la SQ

Martin Prud'homme en commission parlementaire.

Martin Prud'homme était suspendu de ses fonctions depuis le mois de mars 2019.

Photo : Radio-Canada

L’ex-directeur général de la Sûreté du Québec (SQ), Martin Prud’homme, qui était suspendu de ses fonctions avec salaire depuis plus de deux ans, annonce qu’il prend sa retraite.

Dans un communiqué publié lundi, le haut gradé de la Sûreté du Québec a déclaré : À la suite d'une entente conclue avec le gouvernement du Québec, j'annonce aujourd'hui ma retraite du service public à titre de directeur général de la Sûreté du Québec.

Martin Prud'homme était relevé de ses fonctions avec salaire depuis le 6 mars 2019, à la demande de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, qui affirmait à l’époque avoir pris cette décision à la suite d'une allégation relative à des infractions criminelles visant M. Prud’homme.

« Les deux dernières années ont été une épreuve pour ma famille et mes proches. Je prends la décision de mettre fin à ce litige qui nous a déjà privés de plus de deux années de notre vie. »

— Une citation de  Martin Prud’homme, ex-directeur général de la Sûreté du Québec

L'ex-haut gradé a également salué ses collègues, qu'il a remerciés au passage pour leur précieux soutien, continu et sans faille, au cours des dernières années.

Précisant que les termes de l’entente qu’il a conclue avec le gouvernement du Québec comportent des engagements de confidentialité, M. Prud’homme a ajouté qu’il ne ferait aucun commentaire sur cette affaire.

Dans les minutes qui ont suivi la publication du communiqué de l’ex-chef de la SQ, le cabinet de la ministre Guilbault a publié à son tour un communiqué stipulant entre autres que la ministre retire la demande adressée à la Commission de la fonction publique de tenir une enquête et de faire rapport concernant M. Martin Prud'homme.

Cette décision a été prise à la suite d'une entente intervenue entre le gouvernement du Québec et M. Prud'homme et tient compte de son départ confirmé de la fonction publique, de même que du retrait du recours judiciaire qu'il avait entrepris, précise par ailleurs le bureau de la ministre de la Sécurité publique.

D'ici à ce qu'un nouveau directeur général soit nommé à la tête de la SQ, Johanne Beausoleil, qui occupe actuellement la fonction par intérim, demeure en poste jusqu'à nouvel ordre.

Fin d'une saga politique

Martin Prud’homme lors d'une conférence de presse à Val-d'Or.

L'ex-directeur général de la SQ, Martin Prud’homme (à droite), lors d'une conférence de presse.

Photo : Radio-Canada / Sandra Ataman

Rappelons que le 16 octobre 2020, après 19 mois de suspension avec solde, la ministre Geneviève Guilbault avait demandé à la Commission de la fonction publique de déterminer s'il y avait lieu de destituer ou de suspendre sans rémunération Martin Prud’homme.

La Commission, qui avait effectué une enquête administrative sur M. Prud'homme, avait conclu que ce dernier avait commis une faute déontologique suffisamment grave pour être destitué.

La faute déontologique en question aurait été commise lors d’un appel de M. Prud’homme à la directrice des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Annick Murphy, en octobre 2017.

Une enquête initiale du BEI sur l'appel en question n’avait pas abouti à des accusations criminelles contre M. Prud'homme, mais les experts qui se sont penchés sur les allégations par la suite y auraient tout de même vu une faute déontologique grave.

Niant tout manquement déontologique de sa part, Martin Prud’homme avait fait savoir qu’il entendait se défendre pour corriger cette injustice. Il s’était notamment adressé aux tribunaux pour faire cesser cette enquête qui pouvait mener à sa destitution.

Selon lui, les véritables raisons derrière cette enquête administrative n'étaient pas l'appel téléphonique qu’il avait fait, mais plutôt une vaste partie de pêche visant à [l']associer aux fuites médiatiques sur la simple présomption qu’il avait des liens d'amitié avec Guy Ouellette et des liens familiaux avec l'ex-commissaire à l'UPAC, Robert Lafrenière. Ce dernier est le beau-père de M. Prud'homme.

L'appel à Me Murphy qu'on lui reprochait d'avoir fait portait sur une enquête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) visant à identifier la source de fuites au sein de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), dans le cadre de l'enquête Mâchurer sur le financement du Parti libéral du Québec (PLQ).

Guy Ouellette dans les corridors de l'Assemblée nationale.

Guy Ouellette était visé par une enquête de l'UPAC.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

La recherche de cette fuite avait notamment conduit à l’arrestation du député libéral de Chomedey, Guy Ouellette, le 25 octobre 2017, par l'UPAC. Ce dernier, qui n’a jamais été accusé de quoi que ce soit, était pourtant considéré comme un suspect dans cette affaire.

En juin dernier, l'UPAC s'est excusée pour cette arrestation injustifiée.

Or, la semaine dernière, on apprenait contre toute attente que la preuve recueillie lors de l'enquête ayant conduit à l'arrestation du député Guy Ouellette avait été détruite.

Dans une déclaration-fleuve de 192 pages rendue publique le 27 août, la lieutenante Caroline Grenier-Lafontaine et l'inspecteur André Boulanger, tous deux suspendus à la suite de l'arrestation du député de Chomedey, font des allégations troublantes au sujet d'une procureure du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui aurait eu une fixation inappropriée sur Martin Prud'homme. Les deux enquêteurs remettaient aussi en question la probité d'autres policiers dans cette affaire.

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