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Vaccination des fonctionnaires : un syndicat inquiet de la politisation de la question

Une seringue est plantée dans une fiole de vaccin.

Les libéraux, s'ils sont reportés au pouvoir, souhaitent rendre la vaccination contre la COVID-19 obligatoire aux fonctionnaires fédéraux.

Photo : CBC / Robert Short

L’un des principaux syndicats de la fonction publique fédérale estime que les libéraux de Justin Trudeau « utilisent » la question de la vaccination contre la COVID-19 des fonctionnaires afin de tenter de marquer des points politiques en pleine campagne électorale.

Je serais tenté de dire que oui, le gouvernement libéral utilise un peu ce sujet-là dans sa campagne électorale, dit le vice-président national de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), Stéphane Aubry.

En entrevue avec ICI Ottawa-Gatineau, il ajoute du même souffle qu’il comprend que le variant Delta apporte son lot d’inquiétudes qui peuvent justifier des mesures robustes.

Mais de viser seulement les fonctionnaires, je trouve que c'est un peu une cible facile pour le gouvernement au lieu [de répondre au] problème à l'échelle canadienne, affirme le représentant syndical.

Un homme en entrevue à Radio-Canada.

Stéphane Aubry, vice-président national de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (archives)

Photo : Radio-Canada

Dimanche soir, le premier ministre Justin Trudeau a réitéré l’engagement de son gouvernement sortant, qui tente de se faire réélire, de rendre la vaccination obligatoire à tous les fonctionnaires fédéraux.

Durant son entrevue accordée à trois chefs d’antenne de Radio-Canada, il a été appelé à préciser quelles seraient les conséquences pour les employés récalcitrants. Tu ne pourras pas te présenter au bureau, a lancé le chef libéral tout en restant vague.

L’IPFPC juge ce commentaire de M. Trudeau trop directif. Ce à quoi on s'attendait beaucoup plus du gouvernement et spécialement du Secrétariat du Conseil du Trésor, c'est de travailler ensemble sur une directive qui va inclure des moyens d'accommodement concernant ceux qui ne seront pas vaccinés ou qui ne pourront pas l'être, soutient M. Aubry.

Il estime par ailleurs que l’approche collaborative n’est pas au rendez-vous depuis que le gouvernement Trudeau a annoncé, le 13 août dernier, son intention de rendre la vaccination obligatoire à tous les employés de la fonction publique fédérale.

Le porte-parole conservateur en Outaouais, Michel Gauthier, y voit aussi un manque de consultation des syndicats. Il va même jusqu'à affirmer que le gouvernement sortant utilise ses fonctionnaires comme des pions dans un enjeu électoral.

C’est de la petite politique sur le dos des fonctionnaires, sur des questions de santé et de sécurité au travail, poursuit celui qui se présente dans la circonscription de Pontiac. Le Parti conservateur du Canada (PCC) s'oppose à la vaccination obligatoire, croyant plutôt qu'il faut encourager tous les fonctionnaires à se faire vacciner.

  • Le Parti libéral du Canada souhaite rendre la vaccination obligatoire pour les employés fédéraux. Ils entendent même imposer des sanctions aux personnes non vaccinées et sans raison médicale légitime. Le chef libéral, Justin Trudeau, n’a toujours pas spécifié quel type de conséquence pourrait être imposée.
  • Le Parti conservateur du Canada est contre l’idée d’imposer la vaccination aux fonctionnaires fédéraux. Le chef, Erin O’Toole, dit devoir éduquer et ne pas forcer les employés. Disant avoir la même position que les syndicats de la fonction publique, il prône plutôt l’utilisation de tests rapides et de masques pour les non-vaccinés.
  • Le Bloc québécois s’est positionné contre cette mesure, soutenant qu’Ottawa ne peut légitimement l’imposer. Le chef, Yves-François Blanchet, préfère une approche plus pédagogique pour informer les gens sur la vaccination.
  • Le Nouveau Parti démocratique appuie l'idée d'une vaccination obligatoire pour les employés de la fonction publique et va plus loin. Le chef, Jagmeet Singh, souhaite que la mesure soit mise en place avant la rentrée de septembre.
  • Le Parti vert n’appuie pas la vaccination obligatoire. La chef, Annamie Paul souhaite plutôt que des arrangements raisonnables soient offerts aux personnes qui composent avec des conditions spéciales.

StevenMacKinnon, député libéral de Gatineau qui sollicite un nouveau mandat, assure que des discussions sont bel et bien en branle avec les syndicats pour déterminer quelles seront les conséquences pour les fonctionnaires non vaccinés.

En entrevue à l'émission Sur le vif, lundi, il prévient toutefois qu'une chose ne changera pas dans la position des libéraux : hors de question qu'un employé non vacciné se voit autorisé à travailler en présentiel.

L'élément sur lequel nous ne céderons pas, c'est d'assurer la santé et la sécurité des fonctionnaires sur les lieux de travail.

Une citation de :Steven MacKinnon, député de Gatineau
Steven MacKinnon donne un discours devant une de ses affiches.

Le député libéral sortant de Gatineau, Steven MacKinnon (Archives)

Photo : Radio-Canada

Les fonctionnaires qui me parlent souhaitent savoir que la personne qui se trouve de chaque côté d'eux ou qui est en réunion avec eux est vaccinée, affirme-t-il. À l'instar de M. Trudeau, M. MacKinnon a souligné que le taux de vaccination est élevé dans la fonction publique, sans toutefois fournir de pourcentage précis.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) est aussi en faveur de la vaccination obligatoire des fonctionnaires fédéraux. La candidate de la formation politique pour la circonscription d'Ottawa-Centre, Angela MacEwen, déplore toutefois l'approche de Justin Trudeau qui revient, selon elle, à montrer du doigt les employés de l'État.

Son approche semble tout simplement consister à blâmer les fonctionnaires, plutôt que de reconnaître qu'il y a des barrières réelles à la vaccination, croit-elle.

Pour la candidate du Bloc québécois dans la circonscription de Gatineau, Geneviève Nadeau, l'approche libérale entre en contradiction avec la raison donnée par le premier ministre Trudeau pour la tenue d'élections.

Le jour du déclenchement, il a dit qu'il allait laisser les gens choisir quel parti est le mieux placé pour répondre à la pandémie et [il] oblige tous les fonctionnaires à être vaccinés sans vraiment avoir discuté avec les syndicats, lance-t-elle.

Quoi qu'il en soit, aucune politique formelle sur l’obligation vaccinale des fonctionnaires fédéraux ne sera mise en place dans l'immédiat. Le fin mot de l'histoire ne sera connu qu'après le scrutin du 20 septembre prochain, précise Stéphane Aubry.

Avec des informations de Claudine Richard, d'Antoine Trépanier et de Philippe Marcoux

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