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Une usine de filtration des eaux neuve pollue un ruisseau à Shawinigan

Un tuyau rejette l'eau provenant de l'usine de filtration du Lac-à-la-Pêche dans un cours d'eau.

Les rejets de la nouvelle usine de filtration du Lac-à-la-Pêche, à Shawinigan, polluent un cours d'eau à proximité.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

Radio-Canada

La nouvelle usine de filtration des eaux du Lac-à-la-Pêche, à Shawinigan, rejette des sédiments qui contaminent un ruisseau adjacent. Un problème de membranes, qui nécessitent un nettoyage constant depuis de nombreux mois, est à l’origine des rejets.

L'été dernier, André Berthiaume a découvert des poissons morts dans un ruisseau qui traverse son terrain. Il a aussi constaté que de la boue en provenance de l'usine s'accumulait dans l'eau.

Le citoyen a d'abord contacté la Ville pour les avertir. Les employés ont minimisé l'importance de la situation, selon lui. Il a ensuite alerté le ministère de l'Environnement. Toujours insatisfait de la réponse des autorités, André Berthiaume a décidé de contacter les médias, ce qui a forcé la Ville à parler publiquement de ce problème.

André Berthiaume au micro de Radio-Canada dehors.

André Berthiaume, propriétaire d'une terre agricole à Shawinigan, a tiré la sonnette d'alarme au sujet des problèmes de la nouvelle usine de filtration des eaux usées.

Photo : Radio-Canada

Le ruisseau qui traverse le terrain de M. Berthiaume n'a toujours pas été nettoyé par la Ville, mais le maire de Shawinigan, Michel Angers, assure que ce sera fait.

Des avis de non-conformité envoyés à la Ville

Le ministère de l'Environnement a émis cinq avis de non-conformité à la Ville de Shawinigan depuis janvier 2020 en lien avec cette usine de filtration des eaux usées. Ils portent sur différents manquements notamment en lien avec des rejets à l’environnement et des travaux réalisés sans autorisation, a indiqué le ministère de l'Environnement par courriel. Étant donné que le dossier fait l’objet d’une enquête, le Ministère ne souhaite pas accorder d’entrevue, précise-t-il.

Des eaux résiduaires du traitement de l'eau potable ne respectant pas les normes (notamment au niveau de l'aluminium et les matières en suspension) ont été rejetées dans un ruisseau situé à proximité de l'usine de traitement. De plus, des boues provenant du lavage des filtres de l’usine de traitement des eaux ont également été rejetées à l'environnement et une quantité significative de celles-ci se sont accumulées dans le lit du cours d'eau.

- Extrait du courriel du ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec

Une usine  « en rodage »

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, explique que l’usine est toujours en rodage malgré son ouverture en janvier 2020.

Nous sommes en rodage d’usine depuis une bonne année et demie. Évidemment, c’est une grosse usine à faire fonctionner. Il y a eu toutes sortes de difficultés et d’imprévus au fil des derniers mois, alors on est en lien et en collaboration avec le ministère de l’Environnement depuis le début de cette aventure. Effectivement, il y a des correctifs importants qu’il faudra apporter et trouver, surtout, a-t-il commenté au micro de Toujours le matin.

L’usine fonctionne aux deux tiers de sa capacité en raison des problèmes de la technologie membranaire utilisée pour filtrer l’eau. On se retrouve encore avec des difficultés, des membranes qui se colmatent… On est obligés de les laver tellement souvent qu’on encrasse le ruisseau qui est juste à côté, a indiqué le premier magistrat.

Michel Angers soutient qu’il n’était pas possible d’éviter cette technologie, qui doit toujours être validée par le ministère de l’Environnement.

Il y a deux technologies qui étaient approuvées : la technologie membranaire puis la technologie traditionnelle au sable, qui existe depuis longtemps. Une autre technologie de nanofiltration aurait probablement pu être intéressante. Mais le ministère ne l’accepte pas, donc ne donne pas les 75 % de subventions [...] Malheureusement, on se retrouve avec deux sortes de technologies, et celui qui a remporté la mise [au plus bas soumissionnaire], c’est Suez avec le système membranaire, a-t-il détaillé.

« Si, après, ça nous prouve hors de tout doute que cette technologie, qui est en validation, qui n’est pas approuvée, ne fonctionne pas, bien il y a des gens qui auront à rendre des comptes. »

— Une citation de  Michel Angers, maire de Shawinigan

Michel Angers assure que la Ville va changer les membranes de l’usine pour garantir son fonctionnement tout cela sans rupture de services pour les citoyens.

Dans un communiqué publié la semaine dernière, la Ville de Shawinigan indiquait que les problèmes rencontrés n’affectent en rien la capacité de la Ville à fournir une eau potable d’excellente qualité aux citoyens. La station de traitement du Lac-à-la-Pêche approvisionne actuellement 18 000 logements.

L’usine a démarré ses activités en janvier 2020. Son coût de construction s’élève à 64 millions $. La Ville a choisi ce projet plutôt que le pompage de l’eau dans la rivière Saint-Maurice, dont les scénarios auraient pu coûter entre 120 millions $ et 130 millions $.

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