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« Je ne reculerai pas », lance Justin Trudeau aux manifestants

Justin Trudeau qui porte un masque.

Justin Trudeau a déclaré qu'il continuerait de se fier à la science, autant en matière de changements climatiques que de vaccination.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Les manifestants, aussi bruyants soient-ils, ne feront pas changer le chef libéral d'idée. Justin Trudeau entend poursuivre sa campagne comme prévu et défendre une vision qu'il dit résolument basée sur la science.

C'est du moins ce que le chef du Parti libéral du Canada (PLC) a affirmé, dimanche, au cours d'un point de presse lors duquel les cris et les sirènes des manifestants n'ont pas manqué de se faire entendre.

Après avoir dû annuler un événement de campagne à Bolton, où l'attendaient plus d'une centaine de manifestants agités – dont plusieurs opposés aux mesures sanitaires et à la vaccination–, la campagne libérale a eu à retarder son point de presse à Cambridge, en Ontario, en raison de protestations.

Près d'une centaine de manifestants se sont à nouveau réunis dimanche matin pour perturber le point de presse des libéraux à grands coups d'insultes et de propos obscènes.

Pour éviter tout débordement, la présence policière a été renforcée. Des agents ont dû intervenir pour forcer une manifestante à quitter la propriété privée où l'annonce du Parti libéral du Canada avait lieu. La femme n'a toutefois pas été arrêtée.

Avec plus d'une heure de retard, le chef libéral s'est finalement présenté en compagnie de la vice-première ministre sortante Chrystia Freeland et du candidat du Parti libéral du Canada dans Cambridge, Bryan May, pour présenter leurs engagements en matière de lutte contre les changements climatiques.

Si l'intention était de réitérer le fait que le parti voulait mettre un terme à la vente de véhicules à essence neufs d'ici 2035 et atteindre la carboneutralité d'ici 2050, l'attention aura surtout été tournée vers les manifestants.

Interrogé sur les conditions dans lesquelles son équipe fait campagne, M. Trudeau a indiqué qu'il ne comptait reculer ni sur son message ni sur sa stratégie, défendant au passage sa décision d'avoir déclenché des élections.

Oui, il y a des gens qui ont des perspectives extrêmement différentes, mais c’est pour ça que nous avons besoin d’entendre clairement pas juste les Canadiens qui rouspètent, mais tous les Canadiens qui vont s’exprimer en votant sur la direction que nous devons prendre en tant que pays, a-t-il déclaré.

« Il n'y a rien que ces gens-là peuvent dire qui va me faire reculer dans mon ambition [...] de lutter contre les changements climatiques, de garder les gens en sécurité avec la vaccination, parce que c'est ça la voie de l'avant pour le pays. »

— Une citation de  Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

Les menaces de violence de la part de « bullies » [NDLR, intimidateurs] qui veulent « faire peur » à des candidats et des citoyens, « ça ne fonctionnera pas », a-t-il tranché.

À l'écoute de la science

Ramenant la conversation sur les changements climatiques, le chef libéral a affirmé qu'il continuerait de se fier à la science, qu'il s'agisse de la question environnementale ou de la vaccination. C'est en écoutant la science, a-t-il plaidé, qu'il est possible de « protéger les Canadiens ».

M. Trudeau entend ainsi se distinguer des politiciens qui mènent, selon lui, le pays « dans la mauvaise direction », à savoir des candidats comme la conservatrice Cheryl Gallant.

Un peu plus tôt dimanche, le chef du Parti conservateur du Canada Erin O'Toole a refusé de condamner les propos conspirationnistes de sa candidate, selon lesquels les libéraux planifieraient un « confinement climatique ».

De l'avis de Justin Trudeau, des politiciens comme Mme Gallant encouragent la désinformation et « l'hostilité dans la lutte contre les changements climatiques ».

Je pense que c’est à Erin OToole, pas juste de se distancier de Cheryl Gallant et ses propos, mais de les dénoncer et de corriger le tir, a-t-il affirmé.

Selon le chef libéral, un gouvernement conservateur viendrait contrecarrer les efforts que les libéraux estiment avoir faits depuis 2015 pour rendre le Canada plus vert.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

Bien que le Parti libéral aime à rappeler qu'il est l'auteur de « progrès importants » depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Trudeau ne présente pas une feuille de route sans tache.

Après la publication d'un rapport alarmant du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) au début du mois, des observateurs ont appelé le Canada à se fixer des cibles plus ambitieuses.

Le pays, a reconnu le ministre fédéral de l'Environnement Jonathan Wilkison, se réchauffe près de deux fois plus rapidement que le reste de la planète.

Les libéraux proposent, entre autres, de bâtir 50 000 bornes de recharge pour les véhicules électriques, de continuer d'améliorer l'efficacité énergétique des maisons à l'aide de subventions et de mettre fin aux exportations de charbon thermique « depuis et en passant par » le Canada au plus tard en 2030.

Le Parti libéral du Canada s'engage à investir deux millions de dollars dans un « Fonds de l'avenir » pour permettre la création d'emplois dans le cadre de la transition écologique en Alberta, en Saskatchewan et à Terre-Neuve-et-Labrador.

Après deux semaines de campagne, le Parti libéral du Canada n'a pas encore dévoilé sa plateforme électorale. Son chef, Justin Trudeau, assure qu'elle sera présentée dans les jours à venir, sans toutefois donner de date fixe.

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