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L'érosion côtière à l'Île-du-Prince-Édouard dévoile des fossiles

Une falaise de l'Île-du-Prince-Édouard.

Un pouce des falaises de l'Île-du-Prince-Édouard représente environ 1000 ans d'histoire préhistorique, selon la géologue Laura MacNeil.

Photo : Jane Robertson/CBC

Radio-Canada

L’érosion côtière à l’Île-du-Prince-Édouard est un phénomène qui amène à voir la province sous un autre jour. Voilà qu’une géologue veut faire découvrir les trésors fossilisés qui sont mis au jour par l’effritement des côtes de grès rouge.

Laura MacNeil a fondé une petite entreprise, Prehistoric Island Tours, qui propose des visites guidées des sites fossilifères les plus significatifs de la province.

Elle-même a découvert des empreintes de dimétrodon dans le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard en 2018. Nous avons eu beaucoup de chance de les trouver, puisque le fragment venait de se détacher de la paroi. Nous avons pu contacter les personnes compétentes et faire recueillir le fragment de la bonne manière.

Un siècle et demi de découvertes

Cette découverte faisait écho au premier fossile trouvé dans la province, déterré par hasard en 1845 par un fermier de New London qui creusait un puits.

À cette époque, le terme "dinosaure" venait d’être créé, quatre ans plus tôt, souligne Laura MacNeil.

Le fragment osseux, qui comprenait une partie de mâchoire et des dents, a par la suite été identifié comme venant d’un dimétrodon.

Laura MacNeil, géologue.

Laura MacNeil, géologue

Photo : Radio-Canada / Jane Robertson/CBC

Le fermier Donald MacLeod l’a vendu à l’Académie des sciences naturelles de Philadelphie, où travaillait Joseph Leidy, l’unique paléontologue en Amérique du Nord qui étudiait les fossiles d’animaux à l’époque.

Un moulage de ce fossile est conservé à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard. Un timbre commémorant cette découverte a été lancé par Postes Canada en 2016.

Les fossiles retrouvés à l’île datent de 290 millions d’années, au moment où la Terre ne comptait qu’un continent, la Pangée. L’actuelle Île-du-Prince-Édouard se situait près du centre de ce continent.

Le grès rouge qui compose le sol de l’Île-du-Prince-Édouard a été déposé ici il y a environ 300 millions d’années , dit Laura MacNeil. Les rochers du littoral sont composés de sédiments et se sont formés sur une longue période. On peut dire que chaque épaisseur d’un pouce représente environ mille ans de préhistoire. Une façade rocheuse recèle des dizaines de milliers d’années d’histoire.

Les visiteurs qui accompagnent Laura MacNeil en excursion peuvent admirer un arbre fossilisé d’une longueur d’environ dix mètres, le walchia, qui pourrait être mépris pour un tas de cailloux alignés sur le sol, mais qui est en fait un très ancien conifère.

Il est complètement minéralisé, il ne reste plus de matériel de l’arbre, indique Laura MacNeil.

Cet arbre poussait à l’Île-du-Prince-Édouard il y 300 millions d’années.

Le walchia est le résultat du changement du climat, qui est devenu plus chaud et plus sec. Les plantes ont dû s’adapter et évoluer, ce qui a mené à l’apparition des conifères, relate Mme MacNeil. Les arbres devaient être nombreux alors, ainsi que les fougères, dont on a trouvé des fossiles. Mais il n’y avait pas d’herbe ni de fleurs, parce qu’elles n’existaient pas encore.

La collection s’agrandit

Les fossiles découverts dans le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard sont entreposés dans une salle spéciale au centre d’interprétation de Greenwich.

Il y a cinq ans, cette salle ne contenait pas grand-chose. Il y a eu plusieurs découvertes récentes, affirme Kerry-Lynn Atkinson, écologiste à l’emploi du parc.

Les fossiles sont conservés dans un lieu auquel les chercheurs peuvent accéder, mais ils devraient éventuellement être exposés dans les divers sites du parc national.

Des fossiles dans une salle d'un musée.

Les fossiles trouvés dans le parc national de l'Île-du-Prince-Édouard sont entreposés en toute sécurité au Centre d'interprétation de Greenwich, qui dispose d'une salle à température contrôlée.

Photo : Jane Robertson/CBC

Ces fossiles appartiennent aux Canadiens. C’est le rôle de Parcs Canada de protéger l’héritage naturel et culturel pour tous. Nous voulons exposer les fossiles et l’information pertinente de manière appropriée, explique Kerry-Lynn Atkinson.

Mme Atkinson souligne que les visiteurs du parc peuvent apporter leur contribution en protégeant les ressources et les espaces, notamment en ne retirant pas les objets naturels qui s’y trouvent, ce qui contrevient aux règlements.

Si un fossile est trouvé, les visiteurs peuvent prendre une photo et signaler son emplacement aux autorités.

Avec les informations de Jane Robertson, de CBC

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