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De jeunes malvoyants pratiquent la planche à roulettes à Calgary

Un jeune homme sur une planche à roulettes dévale une pente dans un planchodrome.

Le jeune Zachary Abdala sur sa planche à roulettes repère la pente grâce au ruban adhésif placé sur le sol.

Photo : Radio-Canada / Malika Karim

Geoffrey Gaye

À Calgary, le club Skate Bats permet à des adolescents malvoyants de s’exercer sur une planche à roulettes le samedi au Shaw Millenium Skatepark.

Matt Janz se sent presque coupable : Donner une chance à ces enfants de faire de la planche à roulettes, c'est un peu égoïste. Ça me donne de l'espoir quant à la perte de ma propre vision.

Passionné de ce sport, il a lui-même perdu la vision petit à petit tout au long de sa vie. Il y a deux ans, il a créé ce club à titre d’essai.

Il s’agit aujourd’hui d’un véritable programme.

L'homme dans un parc de planches à roulettes.

Matt Janz espère qu'un jour la discipline qu'il enseigne sera présente aux Jeux paralympiques.

Photo : Radio-Canada / Malika Karim

L'objectif de Skate Bats est de donner aux jeunes malvoyants une chance de voir si la planche à roulettes est faite pour eux, explique-t-il. Son travail consiste à donner aux adolescents les moyens de s'adapter et de bénéficier d'un soutien.

Des couleurs et des sensations fortes

Que la vue soit basse ou pas, faire de la planche à roulettes est vraiment difficile, affirme Matt Janz. Il est assurément fier de ses élèves : « Ils ont appris à faire de la planche mieux que la plupart des gens. C’est comme s'ils avaient juste le courage de le faire et, donc, ils l'ont fait. »

La pratique de ce sport demande quelques aménagements pour les mal voyants. C’est à l’aide de ruban adhésif que la magie opère. Leurs couleurs vives permettent aux adolescents de les discerner grâce au contraste avec la couleur grise de la piste. Collés sur différents endroits des rampes, ils font office de signalisation.

Une jeune adolescente et l'instructeur Matt Janz, accroupis, collent une bande adhésive rose fluo au sol.

Les rubans adhésifs de couleurs vives permettent aux pratiquants malvoyants de repérer les points hauts et bas de la piste.

Photo : Radio-Canada / Malika Karim

Si je suis en train de remonter la pente, je sais que je vais devoir la descendre ensuite. Alors, quand j’arrive au point le plus haut, je vois le ruban adhésif et je me dis : ‘’OK, je me prépare à descendre’’, raconte Zachary Abdala, un jeune membre du club.

Âgé de 14 ans, il est monté pour la première fois sur une planche à roulettes il y a deux ans. Il dit qu'il y prend du plaisir, mais ne cache pas son appréhension aux abords des pentes.

« Ça fait peur. Beaucoup plus peur que pour ceux qui ont une vue intacte. Mais c’est aussi bon de se dire : je peux gérer quelque chose de plus effrayant qu'eux! »

— Une citation de  Zachary Abdala, 14 ans, planchiste

L’espoir d'une carrière

Les parents de ces jeunes intrépides sont fiers eux aussi. Christine Forsyth accompagne sa fille Grace, le samedi, au Shaw Millenium Skatepark. C’est formidable de les voir. Pas seulement ma fille, mais tous les autres jeunes, dit-elle. Elle constate que leur confiance en soi grandit au fur et à mesure qu’ils dévalent les pentes.

« Ils sont de plus en plus forts sur la planche à roulettes, mais aussi de plus en plus proches en tant que communauté. Ce petit groupe apprend à se connaître, d’autant plus facilement qu’ils ont tous à peu près le même âge. »

— Une citation de  Christine Forsyth, mère d'une des sportives

D'après M. Janz, de nombreux parents étaient enthousiastes à l’idée que leur enfant puisse pratiquer ce sport. Ils étaient prêts à les pousser plus loin que je ne pouvais le faire en tant qu'instructeur, dit sur un ton amusé le gérant du club.

Christine Forsyth face à la caméra dans un parc de planches à roulettes.

Christine Forsyth se dit fière que sa fille, Grace, pratique désormais la planche à roulettes.

Photo : Radio-Canada / Malika Karim

Ce que j'ai vu des parents, c'est un soutien extrême. Ces enfants ont le monde entier devant eux grâce à la façon dont ils sont élevés, continue Matt Janz. Pour certains parents, l’idée que leurs enfants puissent participer un jour à des compétitions internationales est une motivation.

D'ailleurs, l’instructeur rêve lui aussi qu'un jour ce sport sera intégré aux Jeux paralympiques. Les Jeux paralympiques ne sont pas hors de portée. La planche est maintenant un sport olympique. Et je pense que, si ces enfants peuvent faire leurs preuves dans ce sport, il n'y a aucune raison pour que le Canada ne commence pas à penser à une équipe.

Avec les informations de Malika Karim

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