•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Menace précise et crédible » près de l'aéroport de Kaboul

Jusqu'à 2000 personnes ont été évacuées de Kaboul dans la journée de samedi, pour un total de 113 500 depuis le 14 août.

Des marines américains dirigent les personnes évacuées alors qu'elles passent par le centre de contrôle des évacuations à l'aéroport international Hamid Karzai de Kaboul.

Des marines américains dirigeaient les personnes évacuées alors qu'elles passent par le centre de contrôle des évacuations à l'aéroport international Hamid Karzai de Kaboul.

Photo : via reuters / US MARINES

Agence France-Presse

Les États-Unis ont mis en garde samedi contre une menace « précise et crédible » à proximité de l'aéroport de Kaboul et ont appelé leurs ressortissants à quitter la zone, deux jours après un attentat qui a fait plus de 100 morts au même endroit.

En raison d'une menace précise et crédible, tous les citoyens américains se trouvant à proximité de l'aéroport de Kaboul […] devraient quitter la zone au plus vite, a annoncé l'ambassade américaine à Kaboul dans un message d'alerte.

La menace concerne tout particulièrement la porte sud, le nouveau ministère de l'Intérieur et la porte près de la station essence du Panshir au nord-ouest de l'aéroport, précise-t-elle.

Des alertes à la bombe en série sont venues perturber ces derniers jours les opérations d'évacuation d'urgence que mènent les Américains à l'aéroport, les contraignant à coopérer plus étroitement avec les talibans, qui contrôlent désormais le pays, pour tenter d'éviter un autre attentat sanglant.

Plus tôt ce samedi, le président Joe Biden avait averti qu'une autre attaque terroriste à l'aéroport était très probable dans les 24 à 36 heures, et que la situation sur les lieux [était] extrêmement dangereuse.

Deux membres du groupe EI abattus

L'attentat perpétré jeudi, revendiqué par l'État islamique au Khorasan (EI-K), a fait plus d'une centaine de morts, dont 13 soldats américains. Cette attaque, revendiquée par l'État islamique au Khorasan (EI-K), a déclenché une frappe de représailles de l'armée américaine.

Deux cibles importantes du groupe EI-K, des organisateurs et opérateurs, ont été tuées, et une autre blessée dans une frappe de drone menée par les États-Unis en Afghanistan, a annoncé samedi le Pentagone.

Le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a refusé d'expliciter si les cibles de samedi avaient été directement impliquées dans l'attentat de jeudi.

Il s'agit d'organisateurs et d'opérateurs de l'EI-K, c'est une raison déjà suffisante, a-t-il dit.

 Le porte-parole du Pentagone, John Kirby, accompagné du général William «Hank» Taylor.

Le porte-parole du Pentagone, John Kirby, est accompagné du général William «Hank» Taylor.

Photo : AP / Susan Walsh

« J'ai dit que nous pourchasserions le groupe responsable de l'attaque contre nos troupes et des civils innocents à Kaboul, et nous l'avons fait […] Cette frappe n'était pas la dernière. Nous continuerons à traquer tout individu impliqué dans cet attentat odieux et les ferons payer. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

Le Pentagone a publié samedi après-midi l'identité des 13 militaires tués dans l'attentat de jeudi. Parmi eux, cinq avaient 20 ans, soit la durée de la plus longue guerre des États-Unis, lancée en 2001 en Afghanistan.

Leur courage et leur altruisme ont permis jusqu'ici à plus de 117 000 personnes en danger de se retrouver en sécurité, en quittant l'Afghanistan depuis fin juillet, a salué Joe Biden.

Leurs dépouilles étaient en route samedi vers les États-Unis, selon le Pentagone qui n'a pas précisé quand elles arriveraient.

113 500 personnes évacuées

À quelques jours de la date butoir du 31 août prévue pour le retrait des soldats américains après 20 ans de guerre, un total de 113 500 personnes ont été évacuées depuis le 14 août. De ce nombre, 2000 ont été évacuées dans la journée de samedi.

Une femme traverse le centre de contrôle des évacuations à l'aéroport de Kaboul.

Une femme traverse le centre de contrôle des évacuations à l'aéroport de Kaboul.

Photo : via reuters / US MARINES

Avec l'attentat, les talibans et les Américains ont été forcés de collaborer plus étroitement. Les premiers ont scellé l'accès à l'aéroport, vers lequel seuls les bus disposant d'une autorisation sont désormais autorisés à s'avancer.

Nous avons des listes données par les Américains […] Si votre nom est sur la liste, vous pouvez passer, avait expliqué à l'AFP un responsable taliban.

La France a mis fin vendredi soir à son pont aérien qui a permis d'évacuer près de 3000 personnes, dont plus de 2600 Afghans selon la ministre des Armées, Florence Parly.

German military members process evacuees during an evacuation at Hamid Karzai International Airport, Kabul, Afghanistan, August 28, 2021.  U.S. Marine Corps/Cpl. Davis Harris/Handout via REUTERS.  THIS IMAGE HAS BEEN SUPPLIED BY A THIRD PARTY.

Des militaires allemands aident des évacués à l'aéroport Hamid Karzai, à Kaboul.

Photo : via reuters / US MARINES

La Suisse, l'Italie, l'Espagne et la Suède ont également annoncé vendredi avoir terminé leurs vols d'évacuation, comme l'Allemagne, les Pays-Bas, le Canada ou l'Australie.

Côté britannique, les évacuations devaient s'arrêter samedi, selon le chef de l'armée, le général Nick Carter. Mais le premier ministre, Boris Johnson, a promis vendredi que Londres remuerait ciel et terre pour aider à sortir les Afghans admissibles à l'asile.

Des discussions entre la France et le Qatar

Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé samedi que la France avait déjà évacué 2834 personnes d'Afghanistan et menait des discussions avec les talibans et le Qatar pour poursuivre l'évacuation d'Afghans menacés.

Ces évacuations sont planifiées conjointement avec le Qatar qui, dans le cadre de ses discussions avec les talibans, a la possibilité d'aménager des opérations de pont aérien, a précisé M. Macron lors d'une conférence de presse à Bagdad, où il participait à une conférence régionale.

Les talibans se sont efforcés depuis leur retour d'afficher une image d'ouverture et de modération. Mais beaucoup d'Afghans, souvent urbains et éduqués, redoutent qu'ils n'instaurent le même type de régime fondamentaliste et brutal que lorsqu'ils étaient au pouvoir entre 1996 et 2001.

Ceux qui ont travaillé ces dernières années avec les étrangers ou le gouvernement pro-occidental déchu, notamment, ont peur d'être réduits au silence, voire traqués, et ont nourri le flot des nombreux candidats au départ.

Les femmes ont le droit inné de travailler, a cherché à rassurer Sher Mohammad Abbas Stanikzai, un ancien négociateur taliban dans les pourparlers de paix vendredi, à Doha, au cours d'une conférence de presse.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a convoqué les membres permanents du Conseil de sécurité pour une réunion lundi sur la situation en Afghanistan.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !