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Des entreprises veulent qu'Ottawa favorise davantage le recrutement de travailleurs

Après les fermetures forcées liées à la pandémie, de nombreux commerces doivent à nouveau fermer ou réduire leurs heures d'ouverture en raison cette fois de la pénurie de main-d'œuvre. État des lieux dans le contexte électoral.

Un panneau en bordure de route sur lequel on peut lire : besoin de bras, 5 semaines, tirage 2000 $.

L'usine de congélation de Bleuets sauvages du Québec à Saint-Bruno offre des conditions alléchantes pour recruter des travailleurs.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

La grande affiche pour attirer les nouveaux travailleurs à l’usine de congélation de bleuets de Saint-Bruno, installée bien avant la pandémie, n’a plus l’effet escompté.

La pénurie de main-d'œuvre se fait sentir partout, fait que nous aussi à ce niveau-là c’est difficile, parce qu’il faut embaucher beaucoup de personnes dans un court laps de temps. Normalement, on parle de 50-100. C’est difficile de recruter, admet la directrice des ressources humaines, Stéphanie Maltais-Côté.

Un employé répartit les bleuets congelés dans une benne à l'aide d'une pelle en métal.

Bleuets sauvages du Québec a tout juste assez de travailleurs pour congeler les bleuets à l'usine de Saint-Bruno.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

En ce sens, les récoltes de bleuets moins abondantes et la baisse de production sont devenues un mal pour un bien puisqu’elle n’a pas à embaucher autant de personnel que d’habitude.

Le répit est tout de même amer. Comme l’est devenue, à ses yeux, la Prestation canadienne de relance économique (PCRE), qui a été prolongée jusqu’en octobre.

Oui, c’est des programmes qui viennent en aide, mais présentement, je pense que de l’emploi il y en a, les entreprises sont toutes rouvertes. Les prestations qui sont prolongées, c’est sûr que ça a des impacts énormes sur les entreprises. Il y a des gens qui viendraient travailler chez nous, mais qui se disent : "Bah, j’ai quasiment le même salaire que sur la PCRE, je vais rester chez nous", explique-t-elle.

En discutant avec un groupe de retraités, le candidat libéral dans Jonquière Stéphane Bégin a été vite rattrapé par ce genre de commentaires.

Stéphane Bégin en discussion avec un groupe de quatre personnes attablées sur la terrasse d'un café.

Le candidat libéral dans Jonquière, Stéphane Bégin, défend le bilan de Justin Trudeau auprès des électeurs.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Je pense que oui, ça peut dans certains cas avoir nui à l’embauche de certaines personnes. Je sais qu’il y aura des programmes plus spécifiques, plus ciblés, on va y aller de façon plus précise sur les besoins, assure-t-il.

C’est ce que souhaite aussi le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet. Lors de son passage au Saguenay-Lac-Saint-Jean cette semaine, ce dernier a toutefois reproché à ses adversaires de ne pas comprendre le fond du problème en matière de main-d'œuvre.

J’ai tendance à dire que la première étape, c’est de la reconnaître. Lorsque je vois les libéraux annoncer des emplois, et que les milieux économiques tout de suite après nous disent : "Ce n’est pas d'annoncer des jobs dont on a besoin, c’est des travailleurs et des travailleuses". Lorsque je vois les conservateurs faire la même chose et annoncer un million d'emplois, le problème c’est que les conservateurs n’ont pas un million de travailleurs. L’enjeu est économique, a spécifié Yves-François Blanchet.

À écouter : Le reportage de Catherine Paradis sera diffusé à l'émission Désautels le dimanche à 10 h sur Ici Première

Un problème qui remonte à loin

La pénurie de main-d'œuvre a été exacerbée par la pandémie, mais elle existait bien avant.

Les départs à la retraite massifs des baby-boomers se font déjà sentir depuis plusieurs années. Des centaines de milliers de postes se retrouvent vacants et il n’y a pas assez de jeunes pour combler le vide.

La pandémie a comme réveillé les gens sur ce que c'est la pénurie de main-d'œuvre. Moi je suis optimiste à court terme, mais je suis extrêmement pessimiste à long terme.

Une citation de :Roberto Martel, propriétaire Resto Roberto

Le manque de personnel rythme les affaires de Roberto Martel depuis au moins trois ans.

Je prends n’importe qui. Tous les gens qui viennent ici pour travailler ce n’est pas : on passe des entrevues, c’est les employés qui nous passent en entrevue, alors on essaie de les séduire, confie le propriétaire de quatre restaurants. Il arrive à retenir ses employés en augmentant les salaires et en réduisant les heures d’ouverture.

Selon un sondage du Conseil du patronat du Québec diffusé au mois d’avril, 94 % des entreprises ont de la difficulté à recruter, peu importe la taille ou le secteur d’activité.

Les deux entrepreneurs attablés dans la salle à manger du Resto Roberto d'Alma.

Luc Brisson (à droite), propriétaire de JM Brisson Appareils ménagers, et Roberto Martel, propriétaire de Resto Roberto, discutent tous les jours des problèmes de main-d'œuvre.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

J’ai un technicien à ma shop, ça m'en prendrait deux et demi ou trois maintenant. C’est du monde manuel qui nous manque beaucoup, explique le propriétaire de JM Brisson Appareils ménagers, Luc Brisson.

Les conservateurs seront là pour les commerçants, assure Serge Bergeron, le candidat dans Lac-Saint-Jean. On veut doubler l’allocation canadienne pour les travailleurs et investir 250 millions de dollars sur deux ans pour créer un fonds de formation professionnelle, explique-t-il aux électeurs qu’ils rencontrent.

Tous les partis politiques y vont de propositions pour limiter les pertes de contrats et les fermetures d’entreprises.

La politique peut aider à ramener les gens au travail, parce que c’est ce qu'il faut, amener les gens à travailler.

Une citation de :Roberto Martel, restaurateur

Solution immigration

Pour combler ses besoins en main-d'œuvre, l’usine de congélation de bleuets de Saint-Bruno fait partie des entreprises qui recrutent des travailleurs internationaux.

Même avec les 55 travailleurs étrangers que nous avons, nos équipes sont limites. En plus, on en avait demandé plus, mais cette année ça a été approuvé super tard. Ils sont donc arrivés plus tard et on n’a pas réussi à tous les avoir non plus. C’est certain qu’on aimerait qu’il y ait moins de barrières pour les employeurs au niveau du recrutement des travailleurs étrangers, explique la directrice des ressources humaines chez Bleuets sauvages du Québec, Stéphanie Maltais-Côté.

La directrice devant une étagère de produits transformés à base de bleuet.

La directrice des ressources humaines de Bleuets sauvages du Québec, Stéphanie Maltais-Coté, recrute des travailleurs étrangers pour combler ses besoins de main-d'œuvre.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Selon le Conseil du patronat du Québec, la moitié des entreprises comptent sur l’immigration pour combler le manque de personnel.

Impliqué dans le recrutement international au collégial, le candidat néodémocrate dans Chicoutimi-Le Fjord, Ismaël Raymond, plaide pour l’accueil des travailleurs étrangers à long terme et de meilleures conditions de travail.

Selon les programmes électoraux, tous les grands partis fédéraux prévoient de réformer les règles d’immigration pour faciliter l’embauche de travailleurs.

Un portrait des six chefs avec le texte Fédérales 2021 Comparez les plateformes électorales des partis.

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