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Les enjeux francophones au cœur d’un débat électoral le 15 septembre

Un montage avec le visage de cinq candidats aux élections fédérales.

Les candidats choisis par leurs partis pour le débat du 15 septembre : de gauche à droite, Luc Joli-Coeur, du Parti vert du Canada, François Choquette, du Nouveau Parti démocratique, Mélanie Joly, du Parti libéral du Canada, Alain Rayes, du Parti conservateur du Canada, et René Villemure, du Bloc Québécois.

Photo : Radio-Canada

Un débat électoral fédéral sur la francophonie, organisé par Radio-Canada à Ottawa, aura lieu le 15 septembre prochain. Et les attentes sont nombreuses vis-à-vis des partis politiques qui auront l’occasion de clarifier leurs propositions.

Alors que la campagne électorale bat son plein, les annonces sur les langues officielles et la francophonie demeurent discrètes, reconnaît la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Liane Roy.

Elle note toutefois que le sujet s’est taillé une place dans les quelques plateformes déjà dévoilées.

Le temps est donc venu, dit-elle, d’en savoir plus sur ce que proposent les partis.

Une femme souriante, portant des lunettes.

Liane Roy, présidente de la FCFA

Photo : Radio-Canada / Contribution

Quand est-ce qu’ils vont déposer un nouveau projet de Loi [sur les langues officielles]? Qu’est-ce qu’ils vont faire pour améliorer, proposer des choses différentes au projet de loi [du gouvernement libéral sortant]? Qu’est-ce qu’ils vont faire pour le postsecondaire? [...] On veut les entendre! dit-elle.

Si la FCFA souhaite aussi que les chefs se prononcent sur ces questions durant les débats de la Commission le 8 septembre en français et le 9 septembre en anglais, avoir un débat spécifique sur les enjeux francophones permet d’aller plus loin, selon le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin.

Ça nous assure d’amener tous les éléments qu’on veut soulever et d’entendre la position des partis sur ces éléments-là.

Tous les partis représentés à la Chambre des communes lors de la dernière législature ont confirmé leur participation.

Les représentants choisis par les partis :

  • François Choquette, Nouveau Parti démocratique

  • Luc Joli-Cœur, Parti vert du Canada

  • Mélanie Joly, Parti libéral du Canada

  • Alain Rayes, Parti conservateur du Canada

  • René Villemure, Bloc Québécois

La modernisation de la Loi, mais pas seulement

La modernisation de la Loi sur les langues officielles fait partie des sujets sur lesquels les partis sont attendus.

Les organismes francophones, d’est en ouest, veulent des améliorations au projet présenté en juin et souhaitent un engagement ferme des partis d'en déposer un nouveau dans les 100 premiers jours du mandat de leur éventuel gouvernement.

Après la nomination de Mary Simon, l’AFO propose également d’ajouter à la Loi une mention sur le poste de gouverneur général. L’idée : assurer une alternance entre anglophone, autochtone et francophone, tout en exigeant une bonne connaissance du français et de l’anglais.

Président de la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF), Martin Théberge voudrait voir dans la Loi la reconnaissance de l’importance des arts et de la culture comme garante de la vitalité des communautés.

Je m’attends à un engagement clair sur cette question. On entend très souvent que la culture est importante, mais cette reconnaissance n’a jamais été formalisée. [...] Si on pense à la partie 7 de la Loi sur la promotion [du français et de l’anglais], nos organismes jouent un rôle crucial. [...] Donc, mettons-le dans une loi et créons des programmes d’appui.

Martin Théberge, président de la Fédération culturelle canadienne-française.

Martin Théberge, président de la Fédération culturelle canadienne-française (Archives)

Photo : FCCF / Lorraine Plourde

La question de la mise en œuvre de la Loi par le Secrétariat du Conseil du trésor - tel que demandé par les organismes francophones - est également sur le radar de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB).

Une meilleure mise en œuvre de la Loi, c’est ce qui peut assurer que l’Université de Moncton ait un meilleur financement, que des écoles puissent être construites et rénovées, illustre Alexandre Cédric Doucet, président de l’organisme.

Les transferts de fonds du fédéral peuvent faire toute une différence. [...] Avec la capacité fiscale moindre du Nouveau-Brunswick, c’est certain que le gouvernement fédéral prend d’autant plus d’importance.

Une citation de :Alexandre Cédric Doucet, président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick

Il y a tout qui va dériver de ce projet de loi, acquiesce Padminee Chundunsing, présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB). C’est le gros noyau qui va vraiment donner de l’importance aux francophones. [...] On a plusieurs ententes provincial-fédéral et avoir cette Loi, ça va guider ce qu’on veut comme services en français pour vraiment respecter le fait que le français est une des langues officielles du Canada.

Lentille francophone dans un plan de relance post-pandémie, immigration, petite enfance ou encore, avenir des institutions postsecondaires font également partie des enjeux soulevés.

Nous souhaitons une solution structurante, à long terme, afin de sortir le Campus Saint-Jean, et les autres institutions postsecondaires de langue française au pays, de la situation de sous-financement chronique qui l’afflige depuis plusieurs années, insiste la présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), Sheila Risbud, dans une déclaration écrite.

Le principal fonds, le Programme des langues officielles dans l’enseignement, est gelé depuis 20 ans. C’est important qu’on se penche sur cette situation-là, souligne M. Jolin, qui veut un appui officiel des partis au projet de transformation de l’Université de Sudbury en université de langue française.

Padminee Chundunsing, présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique

Padminee Chundunsing, présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (Archives)

Photo : Radio-Canada

En Colombie-Britannique, où le dossier de l’éducation en français a valu une lutte judiciaire jusqu’en Cour suprême, l’engagement des partis sera sérieusement observé.

On va porter une attention particulière sur le contenu et le financement des ententes provincial-fédéral en éducation. [...] On ne sait pas toujours où va cet argent [...] et il faut aussi que les écoles francophones aient les moyens et les ressources nécessaires, dit Mme Chundunsing.

Mathieu Nadon promet un débat rythmé

C’est le chef d’antenne du TJ Ottawa-Gatineau, Mathieu Nadon, qui animera le débat du 15 septembre. Il promet un débat très rythmé durant lequel il se fera le porte-parole des préoccupations des communautés francophones.

Malheureusement, dans une campagne, ces enjeux-là passent un peu sous le radar et les francophones restent un peu sur leur appétit. Ils n’obtiennent pas les réponses claires à leurs questions. En organisant un tel débat, ça permet de braquer les projecteurs sur ces enjeux, dit-il.

Le public pourra soumettre ses questions aux candidats depuis les quatre coins du Canada, ajoute-t-il, grâce à la collaboration avec les chefs d’antenne de Téléjournaux de Radio-Canada, soit Gabrielle Sabourin, pour l'Ontario, Chantal Rivest, pour l'Estrie, Marie-Hélène Lange, pour l'Acadie et Julie Carpentier, pour la Colombie-Britannique.

On encourage tous les francophones à assister au débat, à poser des questions et à aller voter. [...] Si on n’est pas présents, les gens ne vont pas reconnaître l’importance des francophones ici, insiste la présidente de la FFCB.

Comment suivre le débat?

En raison de la pandémie de COVID-19, il ne sera pas possible d'assister au débat en personne. En revanche, le débat sera diffusé en direct sur les ondes de RDI le 15 septembre, de 20 h à 21 h, en plus d’être disponible sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux de Radio-Canada.

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