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Le président de la Fed maintient le suspense sur le rythme du resserrement monétaire

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell.

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell en juin

Photo : Reuters / Drew Angerer

Agence France-Presse

Il faudra encore attendre pour savoir quand la Réserve fédérale américaine (Fed) commencera à réduire ses achats d'actifs et à quel rythme elle le fera, son président Jerome Powell ayant simplement évoqué vendredi la possibilité de lancer le mouvement en 2021.

Bien que le variant Delta présente un risque à court terme, les perspectives sont bonnes pour la progression vers le plein emploi, a-t-il souligné lors de son discours annuel de Jackson Hole.

Autrement dit, l'optimisme est de mise, mais l'institution préfère observer l'évolution de l'économie avant de communiquer un calendrier précis. Les marchés, qui plongent ou bondissent au moindre indice sur le sujet, devront donc patienter encore.

Le variant Delta

Jerome Powell a rappelé que, lors de la dernière réunion du Comité monétaire de la Fed, à la fin de juillet, il était d'avis, comme la plupart des participants, que si l'économie continuait à évoluer comme prévu, il pourrait être approprié de commencer à réduire le rythme des achats d'actifs cette année.

Tous les signaux semblaient alors au vert. Et si, depuis, l'emploi a encore progressé, de nouveaux risques sont en revanche apparus avec le variant Delta, a-t-il souligné.

Le variant a, en effet, fait croître les cas de contamination de COVID-19 dans le monde entier, y compris aux États-Unis, et déjà commencé à ralentir la reprise, ce qui a ajouté une nouvelle incertitude.

À l'évidence, [le variant] Delta pose un risque à la baisse pour les perspectives de l'économie américaine, a commenté le vice-président de la Fed, Richard Clarida, sur la chaîne CNBC.

Si nous obtenons un autre million [d'emplois créés en août], nous aurons récupéré environ 85 % des emplois perdus […] Si nous atteignons cela, je dirais que nous serons prêts à y aller au début de l'automne.

Une citation de :Christophe Waller, un des gouverneurs de la Fed

La Fed est dans l'attente de données supplémentaires avant de s'engager, a noté Ian Shepherdson, économiste pour Pantheon Macroeconomics, qui table sur une annonce lors de la réunion de la Fed en novembre, ou même plus tard si le rebond post-Delta prend plus de temps que prévu.

Depuis le début de l'épidémie, la Fed achète chaque mois pour 120 milliards de dollars de bons du Trésor et autres titres pour soutenir la reprise. Elle entend désormais alléger ce soutien qui, en fluidifiant le crédit et poussant les taux à la baisse, a permis aux marchés de rebondir de manière spectaculaire.

Relever les taux directeurs

L'étape suivante sera de relever les taux directeurs, abaissés dans une fourchette de 0 à 0,25 %. Mais cela ne devrait pas se produire avant 2023.

Jerome Powell a rappelé que la Fed souhaite les y maintenir jusqu'à ce que l'économie soit dans une situation compatible avec le plein emploi et que l'inflation […] soit en passe de dépasser modérément 2 % pendant un certain temps.

Nous avons beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre le plein emploi, et le temps nous dira si nous avons atteint 2 % d'inflation de manière durable.

Une citation de :Jerome Powell, président de la Fed

La Fed doit garantir le plein emploi et la stabilité des prix, et, sur ce dernier point, son président a de nouveau mis en avant des facteurs transitoires pour expliquer la forte inflation des derniers mois. Il a aussi souligné les risques d'un tour de vis monétaire prématuré.

Si une Banque centrale resserre sa politique en réponse à des facteurs qui se révèlent temporaires, les principaux effets se produiront probablement lorsque le besoin sera passé, ce qui ralentit inutilement l'embauche et d'autres activités économiques et pousse l'inflation plus bas que souhaité, a-t-il dit.

Aujourd'hui, avec un marché du travail toujours à la peine et la pandémie qui continue, une telle erreur pourrait être particulièrement néfaste, a-t-il soutenu.

Les économistes de la Maison-Blanche (OMB) ont, eux, révisé à la hausse vendredi leurs prévisions d'inflation pour 2021, anticipant désormais 4,8 %, quand ils tablaient sur 2 % seulement lors de leurs précédentes prévisions en mai. Ils pensent qu'elle ralentira à 2,5 % en 2022, au lieu de 2,1 %, et à 2,3 % à partir de 2023.

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