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Des centres de services scolaires peinent à combler tous leurs postes d’enseignants

Des crayons dans une salle de classe vide.

Le manque de personnel dans les établissements scolaires se faisait aussi sentir à la fin de la dernière année (archives).

Photo : CBC/David Donnelly

Martin Guindon

Alors que la cloche de la rentrée s’apprête à retentir, certains centres de services scolaires (CSS) de la région peinent toujours à combler tous leurs postes d’enseignants.

Vendredi, le CSS Harricana avait toujours trois contrats d’enseignants de mathématiques à donner au secondaire. Mardi, il en restait deux au CSS Lac-Témiscamingue, et jeudi, il y avait toujours un poste à combler au CSS de l’Or-et-des-Bois. Le CSS Rouyn-Noranda était à plein effectif jeudi et le CSS Lac-Abitibi n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue.

Notre plus grande problématique cette année, et je dirais pour les deux ou trois prochaines années, c’est au niveau des spécialités du français, des mathématiques et des sciences au secondaire. C’est vraiment là qu’on a un défi de recrutement, précise Josée Beaulé, directrice du service des ressources humaines au CSS Lac-Témiscamingue.

Josée Beaulé près de marches d'escalier.

Josée Beaulé, directrice du Service des ressources humaines au Centre de services scolaire Lac-Témiscamingue.

Photo : Gracieuseté

Sans brevet d’enseignement

Les quatre CSS ont dû faire appel à des enseignants non légalement qualifiés, c’est-à-dire sans brevet d’enseignement ou en voie de l’obtenir, pour combler des postes. On en dénombre une cinquantaine à l’Harricana et une trentaine à Rouyn-Noranda. Ils représentent 4,8 % des effectifs temps plein ou de remplacement à l’Or-et-des-Bois. Il y en aura 6 à Lac-Témiscamingue.

Ce qu’on fait avec ces enseignants, c’est de l’accompagnement, précise Yannick Roy, directeur général du CSS Harricana. On a trouvé des gens qui n’ont peut-être pas une formation en enseignement des mathématiques, mais qui ont des bases, qui ont fait des formations avec des sciences ou des maths et qu’on accompagne avec les conseillers pédagogiques, les directions et des enseignants responsables tuteurs.

Au Syndicat de l’enseignement de l’Ungava et de l’Abitibi-Témiscamingue, on comprend qu’il s’agit surtout d’une solution de dernier recours, mais on craint ses impacts sur le personnel enseignant.

Par ricochet, ça devient une surcharge de travail pour les enseignants, parce qu’ils voient bien leurs collègues et ne veulent pas les laisser en plan non plus. Ils cherchent à les aider et souvent, ce n’est pas reconnu dans leurs tâches.

Une citation de :Yvan Dallaire, président du syndicat

Un certain nombre de ceux-ci sont aussi en processus d’obtenir leur brevet d’enseignement auprès de l’UQAT.

On en a 19 qui sont inscrits au baccalauréat en enseignement à temps partiel. On encourage ça. On les libère, on leur rémunère un cours par session. On est quand même avenants à ce niveau, fait valoir Mélanie Savard, directrice du service des ressources humaines au CSS Rouyn-Noranda.

Mélanie Savard sourit à la caméra.

Mélanie Savard, directrice du Service des ressources humaines au Centre de services scolaire Rouyn-Noranda.

Photo : Gracieuseté

Des banques épuisées

Les effets de la pénurie d’enseignants ne cesseront pas de se faire sentir après la rentrée. Certains centres de services scolaires ont déjà épuisé toutes leurs banques de suppléants et de relève pour pourvoir tous leurs postes disponibles.

Les défis demeurent en cours d'année scolaire pour combler des remplacements d’enseignants qui sont absents. Ça, ça demeure. Ça, c’est notre plus gros défi. En début d’année, je vous dirais qu’on a réussi à combler l’ensemble de nos postes, mais les remplacements en cours d’année, c’est toujours un défi, fait valoir Isabelle Bergeron, directrice du service des ressources humaines au CSS de l’Or-et-des-Bois.

Recrutement et rétention

Les différents centres de services scolaires multiplient par ailleurs les efforts de recrutement et de rétention du personnel enseignant.

Il y a des départs sur lesquels on n’a aucun contrôle. Mais on déploie nos stratégies de rétention pour éviter les départs sur lesquels on peut avoir du contrôle. Ça passe par une gestion très proactive de nos directions d’école. On réussit quand même très bien à ce niveau au Centre de services de Rouyn-Noranda, assure Mélanie Savard.

Nous, on est convaincus que ça passe par l’amélioration des conditions d’exercice des enseignants. Il faut leur donner du temps pour qu'ils puissent reprendre leur souffle et pour qu’ils puissent enseigner. Il faut leur laisser le temps d’enseigner. Il y a peut-être certaines tâches administratives qui pourraient ne pas être dévolues aux enseignants, croit pour sa part Yvan Dallaire.

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