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En Alberta, la hausse des hospitalisations inquiète des médecins

Des infirmières et médecins s'affairent autour d'un patient qui reçoit de l'oxygène.

La majorité des personnes hospitalisées en Alberta ne sont pas vaccinées.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Des médecins albertains aux soins intensifs et aux services d'urgence s’inquiètent de la progression de la COVID-19 dans la province, car il y a maintenant 308 personnes hospitalisées, ce qui représente un bond de 23 hospitalisations en trois jours seulement.

Raiyan Chowdhury, médecin aux soins intensifs dans un hôpital à Edmonton, estime que la tendance est alarmante. C'est ce que nous avons vu à chaque début de vague sauf que la différence, maintenant, c'est que les patients sont plus jeunes [...] Mais ce qui me frappe le plus, c'est le nombre de femmes enceintes qui ont la COVID-19, dit le médecin.

Si les gens pouvaient voir l'impact de la COVID-19 sur les bébés, la décision de se faire vacciner serait peut-être plus facile à prendre.

Une citation de :Raiyan Chowdhury, médecin aux soins intensifs d'un hôpital à Edmonton

Une quatrième vague sous le spectre du manque de personnel soignant

Shazma Mithani, médecin urgentiste à Edmonton, croit d'ailleurs que la quatrième vague est plus inquiétante que la deuxième ou la troisième vague, car les hôpitaux doivent aussi jongler avec le manque de personnel soignant.

Cette crise du personnel soignant ne va qu’empirer, affirme l’urgentiste. Selon elle, l’augmentation des hospitalisations et le manque de personnel ne permettront pas d’absorber le volume de patients que la quatrième vague va provoquer.

Mes collègues et moi avons vu un nombre important de patients ayant des complications de la COVID-19 au cours des deux dernières semaines.

Une citation de :Shazma Mithani, médecin urgentiste à Edmonton

Le Dr Chowdhury ajoute de son côté que les infirmières de son service n'ont pas pris de temps de repos depuis 18 mois. Je crains que les infirmières ne souffrent d'épuisement professionnel et que nous ne soyons plus capables de nous occuper de nos patients, déplore-t-il.

Le chef du département de médecine d'urgence à Calgary, Eddy Lang, partage les mêmes craintes. C’est vrai que les équipes de santé aux soins intensifs et aux urgences sont exténuées, dit-il, en expliquant que les vagues de chaleur et la fumée des feux de forêt ont mis beaucoup de pression sur les services hospitaliers cet été.

Pour un retour des mesures sanitaires

Tout en espérant que la situation s'améliore, le Dr Lang explique que d'autres facteurs comme la rentrée scolaire et la fermeture des centres de dépistage, prévue en septembre, risquent aussi d'engorger les services hospitaliers de la province.

Si les médecins de famille ne sont pas équipés pour faire des tests de dépistage de la COVID-19 et que la population n'a pas d'autre choix que d'aller dans les laboratoires privés, le Dr Lang craint que de nombreuses personnes n'aillent se faire dépister aux urgences, où ce sera gratuit.

Il ajoute que, si le port du masque ne redevient pas obligatoire et que la population vaccinée n’augmente pas de 10 à 15 %, l’automne sera très difficile en Alberta.

D’ailleurs, la Dre Mithani demande le retour de certaines mesures, sans souhaiter toutefois un confinement.

Je crois que l'obligation provinciale de porter un masque et celle d'avoir le passeport vaccinal encourageront les Albertains à se faire vacciner. Peut-être qu’ils y penseront à deux fois s’ils ne peuvent pas aller dans un bar ou un restaurant.

Une citation de :Shazma Mithani, médecin urgentiste à Edmonton
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La Dre Shazma Mithani souhaite que l'Alberta suive l'exemple du Québec qui a décidé d'instaurer le passeport vaccinal.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

La médecin regrette que le gouvernement n’ait pas encore décidé de mettre en place des mesures adéquates pour endiguer la progression de la quatrième vague : Il a traîné de la patte chaque fois que nous avons eu une vague. Cela s’est produit durant la deuxième vague en décembre et durant la troisième au printemps, affirme Shazma Mithani.

[Quand nous retardons] la mise en place de mesures sanitaires pour diminuer la propagation du virus, nous causons la mort d'Albertains, conclut l’urgentiste.

Avec des informations de Stéphanie Rousseau

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