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L'inflation pourrait persister, selon l'ex-numéro 2 de la Banque du Canada

Le relèvement de certains coûts dans les derniers mois « pourrait être plus persistant » constate celle qui a été la première sous-gouverneure de la banque centrale du pays de 2014 à 2020.

Carolyn Wilkins, ex-numéro 2 à la Banque du Canada, en entrevue à Zone économie jeudi

Carolyn Wilkins a été la première sous-gouverneure de la banque centrale du pays de 2014 à 2020.

Photo : Radio-Canada

Alors que les banques centrales répètent que la poussée d’inflation des derniers mois est temporaire, l’ex-numéro 2 de la Banque du Canada Carolyn Wilkins prévient que certaines hausses de prix pourraient durer dans le temps.

Quand on regarde les chiffres de près, a-t-elle expliqué à Zone économie jeudi soir, on peut voir qu’il y a des effets temporaires.

Elle cite en exemple la montée des prix de l’essence, qui ont en fait été rétablis après avoir chuté au début de la pandémie, ce qui peut donner une fausse impression de hausse marquée de l’inflation.

Néanmoins, selon Carolyn Wilkins, il y a une petite partie qui est peut-être un peu plus inquiétante, soit les hausses de coûts engendrées par les bouchons dans des chaînes d’approvisionnement.

Ça pourrait être plus persistant. Mais, en ce moment, ça a l’air d’être temporaire.

Une citation de :Carolyn Wilkins, économiste

L’économiste Carolyn Wilkins est aujourd’hui membre externe du comité de la politique financière de la Banque d'Angleterre. Elle était vue comme étant la favorite pour succéder à Stephen Poloz, qui a quitté la Banque du Canada en 2020. L’ex-ministre des Finances du Canada Bill Morneau a choisi Tiff MacLem pour diriger la banque centrale pour un mandat de sept ans.

Regarder « au-delà de la COVID-19 »

La reprise économique, qui coïncide avec la menace du variant Delta, constitue un moment charnière pour les banques centrales.

Or, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell a indiqué vendredi matin – dans le cadre de son discours à la réunion annuelle de Jackson Hole réunissant (virtuellement cette année) les banquiers centraux du monde – que le variant Delta représentait un risque à court terme pour l’économie.

Il a laissé entendre que la Fed pourrait bientôt amorcer une réduction de son intervention dans les marchés alors que l’institution rachète pour 120 milliards de dollars de bons du Trésor américains et d’autres titres chaque mois.

Il n’a pas donné de calendrier, mais il a soutenu qu'il ne serait pas approprié de réagir dans la précipitation face à l’inflation. Plusieurs économistes évaluent que la banque centrale attendra 2023 avant d’amorcer une remontée des taux.

Faire la politique monétaire, ce n’est pas de répondre à ce qui arrive aujourd’hui, a dit Carolyn Wilkins jeudi à Zone économie. C’est ce qui va arriver dans un an, dans 18 mois, parce que ça prend autant de temps pour la politique monétaire d’avoir ses effets.

Alors qu’on voit que la reprise est en cours – c’est sûr qu’il y a beaucoup d’incertitudes qui viennent surtout de la quatrième vague – c’est tout à fait normal que les banques centrales préparent les gens et les marchés à un retour éventuel. Ça peut prendre du temps.

Une citation de :Carolyn Wilkins, économiste

Elle ajoute que les banques centrales commencent à regarder au-delà [de la COVID-19] et plus loin dans l’horizon pour voir les vrais défis auxquels on fait face, que ce soit les inégalités, que ce soit le climat ou la numérisation de l’économie.

Tous ces enjeux de long terme sont très importants. Mais, en même temps, je suis certaine que les banques centrales gardent l’œil sur la situation actuelle aussi.

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