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Alliance du Pontiac et des MRC rurales pour décentraliser le système de santé

Des membres du personnel d'un hôpital transportent un patient sur une civière.

Des intervenants ont remarqué bon nombre de changements depuis l'entrée en vigueur de la loi 10.

Photo : iStock

Radio-Canada

Partout au Québec, vendredi, des médecins et des élus ont fait front commun pour réclamer à nouveau la décentralisation du système de santé. En Outaouais, le Pontiac s’est allié à ce groupe de MRC rurales de la province.

Lors d’un point de presse du Regroupement québécois des médecins pour la décentralisation du système de santé (RQMDSS), la région était représentée par la préfète de la MRC de Pontiac, Jane Toller.

En anglais, elle a livré un message percutant portant sur la réalité de sa MRC, rappelant notamment qu’avant la loi 10, adoptée en février 2015, l'Hôpital du Pontiac à Shawville était très efficace.

Elle a aussi rappelé que la fermeture du département d’obstétrique, il y a plus d’un an, a, depuis, obligé les femmes de la région à parcourir 75 minutes de route pour accoucher à Gatineau ou encore à Pembroke, en Ontario. Cette situation est inacceptable, a-t-elle dénoncé.

Jane Toller en entrevue à l'extérieur.

La préfète de la MRC de Pontiac, Jane Toller (archives)

Photo : Radio-Canada

Elle a profité de son allocution pour envoyer la balle dans le camp de deux élus provinciaux, André Fortin, député libéral de Pontiac, et Mathieu Lacombe, ministre responsable de la région de l’Outaouais.

Nous leur demandons un projet pilote pour égaliser le salaire de nos infirmières afin de les garder à Pontiac. C’est la raison pour laquelle notre département d’obstétrique est fermé, a-t-elle plaidé.

De son côté, la Dre Ruth Élaine Vander Stelt, qui œuvre au CLSC de Quyon depuis 27 ans, a elle aussi remarqué plusieurs changements depuis l’entrée en vigueur de la loi 10. Avant, le budget était respecté, dit-elle.

On n’avait aucune coupe de services et on pouvait se relever très rapidement devant n’importe quelle embûche.

Autre point important : l’équipe maîtrisait sa destinée et pouvait prendre des décisions en fonction des besoins des patients sur le terrain. Maintenant, tout a changé. Les décisions ne se prennent plus dans la communauté, mais toujours en ville, explique la Dre Vander Stelt, faisant référence aux dirigeants du Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) de l’Outaouais.

On a perdu des services et énormément de personnel. Tout le personnel administratif qui vivait sur notre territoire est parti en ville. On est à court.

« Ce n’est plus vivable. Malgré notre excellente volonté, on ne peut plus donner la même qualité de services. »

— Une citation de  Ruth Élaine Vander Stelt, médecin dans la communauté depuis 27 ans
La Dre Ruth Élaine Vander Stelt discute avec le député libéral André Fortin.

La Dre Ruth Élaine Vander Stelt avait rencontré le député libéral André Fortin à la fin du mois de juillet pour discuter du CLSC de Quyon (archives).

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

À son tour, la préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, ne manque pas d’exemples pour illustrer les conséquences de la loi 10 dans la communauté.

On nous a coupé l'infirmière pivot en oncologie. Quand tu fais de la chimiothérapie, tu fais un traitement et après tu vas voir cette infirmière pour un suivi. Maintenant, les gens doivent aller à Gatineau. Ça, c’est un gros service qu’on a perdu, a-t-elle dit avant d’énumérer d’autres pertes, comme celle d’un médecin chef d’équipe à Maniwaki.

Chantal Lamarche rappelle qu’après avoir été élu, le premier ministre François Legault avait confié à Sylvain Gagnon la responsabilité d’être un mandataire spécial pour le CISSS de l’Outaouais.

Il a fait des recommandations, mais il n’y a rien qui a été mis en place depuis. Pourquoi? Parce que la gouvernance se fait dans le [milieu] urbain, il n’y a plus rien qui se fait ici, a-t-elle déploré.

Chantal Lamarche en entrevue.

La préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche (archives)

Photo : Radio-Canada

Lacombe ne veut pas décentraliser

Lors d’une mêlée de presse vendredi, le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, a rapidement rejeté du revers de la main l’idée de décentraliser le système de santé. Selon lui, le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Changer des structures, ça bouffe du temps, c’est compliqué et il y a toujours quelqu’un [qui] n’est pas content, dit-il.

Mathieu Lacombe au micro.

Le ministre Mathieu Lacombe n'est pas passé par quatre chemins pour s'exprimer sur le sujet (archives).

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Mathieu Lacombe insiste sur le fait qu’il préfère offrir des soins aux citoyens et que c'est la priorité, admettant toutefois que ce n’est pas parfait, car on part de loin.

On a déjà décentralisé en partie. On a rouvert des CLSC, notamment dans Papineau et ailleurs en Outaouais. On a créé un poste de direction dans toutes les MRC. On a fait une décentralisation, en quelque sorte, sans être obligé de jouer dans les structures.

Avec les informations d’Alexandra Angers et de Christian Milette

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