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Analyse

Élections fédérales : un effet Legault?

Le premier ministre du Québec, François Legault, portant une épinglette du fleurdelisé.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a présenté jeudi ses demandes aux partis fédéraux dans le cadre de la campagne électorale en cours. Sans surprise, la hausse des transferts en santé et le pouvoir du Québec sur les réunifications familiales viennent au sommet de sa liste.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La présentation de la « liste d'épicerie » du premier ministre du Québec dans les campagnes électorales fédérales est une tradition qui ne provoque plus beaucoup de surprises. Cette année, l'exercice n'a pas fait exception. Essentiellement, François Legault a repris les grands thèmes de sa liste précédente. Sans trop de subtilité, il a aussi dévoilé sa préférence pour le Bloc québécois et le Parti conservateur en critiquant le côté centralisateur du NPD et des libéraux. Cette intervention soulève la question : cherche-t-il à provoquer un « effet Legault » sur cette campagne électorale?

On peut dire qu'en 2019, il y en a eu un. Yves-François Blanchet a fait renaître le Bloc québécois en se collant résolument à chacune des demandes de François Legault, en particulier la défense de la loi sur la laïcité. Les 32 sièges bloquistes ont probablement privé Justin Trudeau de sa majorité.

Les libéraux fédéraux ont retenu la leçon. Ils ont essayé de réduire les tensions avec Québec, juste avant les élections. Ouverture sur la protection du français et entente de six milliards de dollars pour le financement des garderies au Québec; les bases d'une relation plus harmonieuse semblaient jetées après les tensions de la loi sur la laïcité.

Mais chassez le naturel, il reviendra au galop. À peine la campagne électorale commencée, François Legault interrompt sa tournée des régions prétextant qu'il doit gérer la 4e vague de la COVID. Au quartier général du Parti libéral du Canada, la décision est perçue comme une jambette, comme si le premier ministre du Québec envoyait le message qu'il y avait des enjeux plus importants que la campagne électorale.

Remarquez, cela n'a pas empêché le premier ministre du Québec de dévoiler sa « liste d'épicerie » au moment même où une commission parlementaire sur la vaccination obligatoire siégeait. En politique, les enjeux sont utilisés quand ils font notre affaire.

Quand Justin Trudeau promet d'améliorer les soins de longue durée et de financer l'embauche de milliers de médecins et d'infirmières, on évoque autour de François Legault une collision frontale avec les provinces sur les champs de compétences.

Quand le chef libéral dit qu'il veut financer un tunnel en Colombie-Britannique, on se frotte les mains dans les coulisses caquistes en pensant à l'embarras dans lequel il sera sur le 3e lien à Québec. Pourquoi ce qui est bon pour pitou ne serait pas bon pour minou?, se dit-on.

Des demandes à quelques jours du premier débat des chefs

Le Parti conservateur et le Bloc québécois se sont empressés de cocher toutes les demandes du Québec. La réaction du PLC et du NPD a été, disons, plus réservée. Rien d'étonnant. François Legault a critiqué le côté centralisateur de ces deux partis. Rien d'étonnant non plus. L'effet de cette sortie sur la campagne est faible, a priori, parce que prévisible.

En plus, les demandes arrivent quelques jours avant le premier débat, ce qui donne le temps aux chefs d'aborder d'autres sujets et de se préparer. Les transferts en santé sont aussi une bataille de toutes les provinces, pas seulement du Québec. Bref, tout ça ne surprend personne.

C'est d'ici le 20 septembre qu'on saura si François Legault veut vraiment intervenir, voire influencer le cours de la campagne. En 2019, il a fait une demi-douzaine d'interventions, toutes ou presque sur la loi sur la laïcité. Avec les résultats qu'on connaît.

Cet enjeu est sorti des écrans radars cette année (il peut toujours y revenir, sait-on jamais?). S'il martèle un enjeu particulier ou multiplie les sorties sur des sujets de la campagne électorale, on saura que le premier ministre veut un effet Legault. Sinon, il aura décidé de faire profil bas et s'en tiendra à la vaguelette qu'il a provoquée avec sa liste de demandes.

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