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Venezuela : Guaido met au défi Maduro d'affronter l'opposition dans les urnes

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Juan Guaido est considéré comme président intérimaire par les États-Unis, mais n'a aucun pouvoir.

Photo : AFP / FEDERICO PARRA

Agence France-Presse

Juan Guaido met au défi le chef de l'État vénézuélien Nicolas Maduro d'organiser au plus vite une élection présidentielle crédible, persuadé que l'opposition qu'il dirige la remporterait haut la main.

« Je le mets au défi », affirme dans un entretien avec l'AFP, mercredi dans son appartement de Caracas, celui qui est reconnu comme président par intérim par une cinquantaine de pays, dont les États-Unis, depuis la présidentielle contestée de 2018, entachée de fraudes.

Juan Guaido dit n'avoir aucun doute qu'en cas d'élection avec un minimum de crédibilité [...] l'alternative démocratique gagnerait 80-20, 70-30.

Un calendrier électoral pour une présidentielle anticipant celle prévue pour 2024 serait une véritable issue à la crise politique que traverse le pays. Cette question fait partie du processus de négociations qui s'ouvrira le 30 août entre pouvoir et opposition, dit-il.

Le dialogue préliminaire entamé il y a 15 jours au Mexique sous la médiation de la Norvège entend imposer au régime un nouveau calendrier électoral en échange de la levée des sanctions internationales.

Face à un refus catégorique, l'opposition peut encore engager l'année prochaine, à mi-mandat présidentiel, un référendum révocatoire.

On peut appeler ça aussi une élection présidentielle, un référendum révocatoire serait une solution qui répondrait à la non-élection de 2018, un dû à tous les Vénézuéliens, ajoute-t-il.

Rejetant les sondages qui montrent une popularité en berne, l'époque où il rassemblait des dizaines de milliers de personnes à travers le pays est révolue. La pandémie a fini par saper son pouvoir de mobilisation déjà érodé.

Sera-t-il le candidat de l'opposition? Nous aurons un candidat unitaire, un processus d'unité, répond-il laconiquement.

Juan Guaido se montre cependant sceptique quant à sa participation aux élections des maires et gouverneurs en novembre, organisées par un nouveau Conseil national électoral (CNE) qui comporte deux membres de l'opposition.

Il n'y a pas les conditions pour appeler l'événement du 21 [novembre] une élection. Nous discutons [au Mexique] des garanties possibles, dit-il.

S'il dit n'avoir pas encore décidé s'il votera, il n'a cependant pas appelé au boycottage, contrairement aux élections précédentes.

Ces élections locales ont révélé des fissures dans l'opposition, dont plusieurs dirigeants ont rompu les rangs et commencé à faire campagne contre les candidats du parti au pouvoir. La date limite de dépôt des candidatures est fixée à dimanche.

Relations diplomatiques complexes

Juan Guaido assure être en contact constant avec les États-Unis et même avec le gouvernement du démocrate Joe Biden qui, s'il a maintenu le soutien qu'avait apporté à Guaido son prédécesseur Donald Trump, ne partage pas la stratégie du tout ou rien.

L'administration Trump avait accentué les sanctions internationales contre le régime vénézuélien, avec notamment un embargo pétrolier, pour contribuer à l'éviction de Nicolas Maduro.

Ces mesures punitives, impopulaires parmi la population, n'ont pas érodé le pouvoir du dirigeant chaviste [du nom de son prédécesseur Hugo Chavez, président de 1999 à 2013], qui bénéficie du soutien des forces armées, indispensable dans le pays, et d'alliés tels la Chine, la Russie et l'Iran.

Les États-Unis, le Canada et l'Union européenne ont salué la prochaine ouverture des négociations entre le gouvernement vénézuélien et l'opposition, assurant être prêts à revoir [notre] politique de sanctions si le régime fait des progrès significatifs lors des pourparlers.

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Le président vénézuélien Nicolas Maduro

Photo : AP / Ariana Cubillos

Pour ceux qui soutiennent Maduro, il n'y a pas de meilleure option qu'un accord au Mexique, car il implique la levée progressive des sanctions, souligne M. Guaido. Et un éventuel échec aggravera la crise, il y aura plus de pression et plus de soutien international.

À la mi-août, Nicolas Maduro a appelé à un dialogue direct avec Washington, avec lequel les relations diplomatiques sont rompues depuis 2019, et la reconnaissance de Juan Guaido comme président par intérim.

Le chef de l'opposition lance un appel désespéré et estime que si le régime ou Maduro veut une sorte de reconnaissance ou de légitimité, c'est dans les urnes qu'il doit la gagner.

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