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La Vérif : à combien s'élève le maximum de jours d’assurance-emploi en cas de maladie?

Erin O'Toole donne le coude à un travailleur dans une entreprise de transports.

Erin O’Toole veut faire passer à 52 semaines la durée des prestations d’assurance-emploi pour les travailleurs gravement malades.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Le chef conservateur Erin O'Toole a promis vendredi, si son parti est porté au pouvoir, de prolonger la durée des prestations d'assurance-emploi en cas de maladie à 52 semaines. « Le régime actuel ne donne qu'un maximum de 26 semaines de congé », a-t-il déploré.

En fait, le maximum actuel est plutôt de 15 semaines, mais il devrait passer à 26 semaines en 2022.

De nombreux Canadiens souffrant d’une maladie ou d'une blessure grave comme un cancer se retrouvent sans le sou après le maximum de 15 semaines de prestations. Une pétition en ligne ayant recueilli plus de 600 000 signatures demandait d'étirer substantiellement cette période d’admissibilité. En moyenne, il vous faudra 50 semaines pour vaincre la maladie, peut-on lire.

Depuis cinq ans, les libéraux de Justin Trudeau « travaillent » à bonifier la durée des prestations de maladie de l’assurance-emploi.

En 2016, Radio-Canada diffusait un reportage sur une mère monoparentale atteinte d’un cancer qui s’inquiétait de la fin imminente de ses prestations. Si ça me passe par l'esprit, je sais que je vais paniquer, je vais tomber dans un autre degré d'anxiété et de peur, confiait-elle. Ça n'arrangera pas ma maladie.

Appelé à réagir, le ministre libéral Jean-Yves Duclos répondait alors sans ambages : Nous allons revoir ce délai, ce processus. À son tour, quelques mois plus tard, le premier ministre Justin Trudeau déclarait : C’est quelque chose sur lequel on travaille. On sait à quel point les gens souffrent à cause de ça. Et oui, on veut ramener plus de flexibilité et de compassion dans notre système. Il faut le faire et le faire rapidement pour des gens comme madame.

Puis les années ont passé. Lors de la campagne électorale en 2019, les libéraux ont promis d’augmenter de 15 à 26 semaines la durée des prestations de maladie.

À un décret près

Dans le budget fédéral déposé en avril dernier, l’engagement prenait finalement forme avec une proposition de financement de 3 milliards de dollars sur cinq ans. La bonification devrait prendre effet à l’été 2022 et permettre à 169 000 Canadiens d’obtenir plus de temps et de souplesse pour se rétablir et retourner au travail.

Mais le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, n'a pas manqué de rappeler mercredi qu'à l’heure où on se parle, on est encore à 15 semaines.

En effet, bien que le projet de loi visant à mettre en œuvre les mesures budgétaires ait été sanctionné le 29 juin, le prolongement des prestations à 26 semaines ne s’est pas toujours concrétisé, puisqu’il entre seulement en vigueur à une date fixée par décret.

Ce décret n’a pas été adopté à temps par le Conseil des ministres avant le déclenchement des élections.

Les prestations de maladie de l’assurance-emploi sont versées depuis 1971 aux travailleurs dans l’incapacité de travailler pour des raisons médicales et sans assurance privée. Le montant de ce revenu temporaire correspond à 55 % de la rémunération hebdomadaire assurable moyenne, jusqu’à concurrence de 595 $ en 2021. Le nombre de prestataires a augmenté de 50 % depuis 2000 à près de 400 000 personnes, selon une évaluation d’Emploi et Développement social Canada.

Les libéraux opposés à un prolongement à 50 semaines

En février 2020, tous les partis d’opposition avaient appuyé une motion en faveur d’un prolongement de la durée des prestations à 50 semaines. Le Parti libéral avait voté contre.

Pour passer de la parole aux actes, le Bloc québécois a déposé un projet de loi en début d'année; la Loi Émilie Sansfaçon rend hommage à une militante de cette cause et aujourd’hui décédée de son cancer. La pièce législative, qui faisait l’objet d’un examen en comité, est morte au feuilleton lors de la dissolution de la Chambre des communes.

Son père, Louis Sansfaçon, a fait allusion au jeu de serpents et échelles pour illustrer les derniers dénouements dans ce dossier. Il porte maintenant les couleurs bloquistes dans la circonscription de Québec et tente d'y défaire Jean-Yves Duclos.

Avec la collaboration de Nathalie Lemieux

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