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Le Canada forcé de laisser des gens derrière alors que le dernier vol quitte Kaboul

« Nous aurions souhaité rester plus longtemps et secourir tous ceux qui étaient si désespérés de partir, mais nous ne pouvions pas. C’est déchirant. » - le général Wayne Eyre

Des arrimeurs et des pilotes de l'armée de l'air américaine supervisent l’embarquement des passagers à bord d'un C-17 Globemaster III.

Des Afghans embarquent à bord d’un avion le 24 août 2021 à Kaboul.

Photo : Armée américaine

L'opération d'évacuation de citoyens canadiens et d'Afghans vulnérables menée ces derniers jours par l'armée canadienne à l'aéroport de Kaboul est officiellement terminée.

Selon le chef d'état-major par intérim de la Défense, le général Wayne Eyre, le dernier vol canadien a décollé de l'aéroport vers 7 h du matin, heure locale.

Environ 1000 Afghans qui vont se réinstaller au pays ont été évacués de Kaboul au cours des dernières heures, à bord de deux avions, l'un envoyé par le Canada, l'autre, par les États-Unis, a-t-il dit jeudi en conférence de presse.

Deux militaires marchent vers un avion, photographié de face.

Un C-17 Globemaster canadien, sur le tarmac de l'aéroport de Kaboul, le 19 août.

Photo : Getty Images / AFP/Alexander Klein

Depuis que les talibans ont pris le contrôle de Kaboul, le 14 août, au terme d'une offensive-éclair, quelque 3700 personnes ont donc été évacuées par les forces canadiennes.

Cela inclut des citoyens canadiens, des résidents permanents, des membres de leur famille, des citoyens des pays alliés, des personnes ayant un lien durable avec le Canada et des ressortissants afghans acceptés pour la réinstallation au Canada ou par nos alliés, a-t-il précisé.

Cette opération a été l'une des plus importantes, des plus complexes et des plus dangereuses de l'histoire moderne. De telles opérations sont très éprouvantes pour nos gens.

Une citation de :général Wayne Eyre, chef d'état-major par intérim de l'armée canadienne

Les forces spéciales de l'armée canadienne ont dû s'aventurer hors du périmètre de l'aéroport très tôt dans l'opération pour aller chercher certains d'entre eux, a confirmé le général Eyre.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, discute de sécurité aérienne durant une conférence de presse à Ottawa, jeudi le 23 février 2017

« Le sentiment de culpabilité peut être accablant »

Selon lui, les militaires qui ont participé aux opérations ont affronté des conditions jamais vues depuis des décennies, notamment en raison des menaces planant aux alentours de l'aéroport, qui ont forcé les troupes à constamment s'adapter.

Le chef d'état-major a dit être préoccupé par le bien-être des soldats canadiens qui ont été témoins de choses horribles ces derniers jours, sans compter la difficulté de composer avec le fait que des gens qui ont toujours besoin d'aide n'ont pu être secourus.

Le sentiment d'impuissance et de culpabilité qui s'explique par le fait d'avoir dû laisser des gens derrière peut être accablant.

Une citation de :général Wayne Eyre, chef d'état-major par intérim de l'armée canadienne

Le général Eyre a indiqué qu'à l'instar d'autres militaires, d'anciens combattants et de journalistes, il a reçu ces derniers jours des courriels d'Afghans qu'il a côtoyés lors de séjours précédents en Afghanistan et qui étaient désespérés de fuir les talibans avec leur famille.

Leurs supplications et les photos de leur famille dans des situations épouvantables qui les accompagnent souvent sont déchirantes. C'est à fendre l'âme.

Une citation de :général Wayne Eyre, chef d'état-major par intérim de l'armée canadienne

De toute évidence, des milliers d'Afghans qui doivent s'installer au Canada n'ont pu être évacués à temps et devront donc maintenant espérer être en mesure de quitter l'Afghanistan par voie terrestre vers un pays tiers, ou espérer prendre un vol commercial une fois que les talibans auront pris le contrôle de l'aéroport.

Selon Immigration et citoyenneté Canada, 2500 demandes pour obtenir le statut de réfugié ont été reçues jusqu'ici, et elles touchent 8000 personnes. Les deux tiers d'entre elles ont été acceptées.

Nous ne pouvions pas rester, plaide Eyre

Reprenant les explications fournies mercredi par le ministre de la Défense Harjit Sajjan, le numéro 1 de l'armée canadienne a expliqué que les Canadiens n'avaient pas le choix de mettre un terme à leurs opérations étant donné que l'armée américaine, qui contrôle l'aéroport, doit achever son retrait mardi prochain.

Le Canada et [ses] partenaires multinationaux doivent mettre fin à [leurs] opérations. Il faut conséquemment rapatrier notre personnel, nos ressources et nos aéronefs avant que les Américains puissent terminer le retrait de leur mission, ce qui comprend la défense très nécessaire de l’aéroport.

Seul un petit contingent de soldats canadiens demeure à l'aéroport international Hamid Karzaï de la capitale afghane, pour contribuer au retour des forces alliées, a précisé le chef d'état-major de la Défense nationale.

Nous sommes restés en Afghanistan aussi longtemps que nous le pouvions. Nous sommes parmi les derniers à avoir cessé nos opérations. Nous aurions souhaité rester plus longtemps et secourir tous ceux qui étaient si désespérés de partir. Mais nous ne pouvions pas. C’est déchirant. Mais les conditions au sol se sont détériorées rapidement.

Une citation de :général Wayne Eyre, chef d'état-major par intérim de l'armée canadienne

Ne vous y trompez pas, cette crise est attribuable aux talibans, a accusé le général Eyre, avant de souligner le travail extraordinaire accompli par ses troupes, confrontées à énormément d'adversité, dans un pays où elles n'avaient plus de présence significative depuis sept ans.

On a pu sortir 3700 personnes sur 17 vols depuis le début du mois d'août et ça fait une grosse différence, a commenté un peu plus tard le premier ministre canadien Justin Trudeau.

Mais notre engagement par rapport à l'Afghanistan ne se termine pas aujourd'hui. Au contraire, on va continuer parce qu'on va recevoir plus de 20 000 Afghans dans les années à venir, dans les mois et les années à venir.

On va s'assurer de continuer d'être là pour mettre la pression sur les talibans, de laisser les gens quitter l'Afghanistan qui veulent, a-t-il assuré.

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