•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : du personnel formé pour faire des tests rapides dans les écoles

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge avec des élèves dans une cour d’école.

« On attend les directives de la santé publique pour déployer les tests rapides», a déclaré le ministre de l’Éducation du Québec, Jean-François Roberge, en soulignant la rentrée scolaire dans la nouvelle école primaire Saint-Bernardin dans le quartier Saint-Michel à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Québec s'apprête à former tous les volontaires qui souhaiteraient effectuer des tests rapides dans les écoles à compter des prochains jours, peu importe leur titre d'emploi. Un avis conjoint de plusieurs ordres professionnels ouvre la porte à cette possibilité.

Des professeurs, des directeurs d'école, ou d'autres employés scolaires pourraient eux-mêmes tester les élèves à la place du personnel de la santé, après avoir reçu la formation appropriée. Des vidéos explicatives seraient déjà prêtes pour ceux qui accepteront de le faire, nous indique une source gouvernementale.

En mai dernier, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), le Collège des médecins du Québec (CMQ), l’Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec (OPIQ), et l’Ordre professionnel des technologistes médicaux (OPTMQ) ont été interpellés sur la possibilité que les tests rapides soient effectués par toute personne, sans ordonnance. Ils ont conclu que les non-professionnels peuvent le faire, sous certaines conditions.

Par exemple, la technique utilisée ne doit pas être invasive, ni aller au-delà du vestibule nasal ou du pharynx puisqu'un prélèvement nasopharyngé (réalisé avec un long écouvillon dans le nez) doit être effectué par un professionnel habilité.

Une fillette s'apprête à gargariser un test COVID-19.

Une élève s'apprête à gargariser un test permettant de détecter la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

Les tests rapides Panbio avec prélèvement nasal respectent cette condition et seraient donc appropriés dans les circonstances. Un non-professionnel pourrait très bien les utiliser. Malgré le fait que leur efficacité soit moins grande qu'un test de laboratoire et qu'ils peuvent générer des faux négatifs, Québec considère qu'ils représentent tout de même un pare-feu pour détecter le virus chez les élèves qui éprouvent des symptômes.

Après des mois de réticence exprimée par certains experts de la santé publique, le gouvernement serait maintenant bien déterminé à y recourir. Une autre condition doit être remplie pour permettre à des volontaires de réaliser ces tests, selon l'avis.

Il s'agit d'une mesure de dépistage et non d'une mesure de diagnostic. Toutes les personnes ayant un résultat positif devront subir un deuxième test de laboratoire pour le confirmer.

1,7 million de tests rapides en stock

En permettant à du personnel scolaire de faire du dépistage auprès des élèves, Québec trouvera une utilité aux 1,7 million de tests rapides fournis par le gouvernement fédéral, entreposés depuis un an.

Seulement 447 174 tests ont été utilisés jusqu'à maintenant par des entreprises ou des employés de la santé qui doivent se faire tester à répétition parce qu'ils ne sont pas vaccinés. Bien que les dates de péremption de ces tests aient été prolongées par Santé Canada, ils vont tous connaître leur date d’échéance en 2021.

Les tests Panbio et ID Now vont expirer au début de décembre, tandis que les quelques tests BDVeritor seront encore bons jusqu’à Noël.

Des tests à la maison sont prêts

Une fillette met le contenu du test dans un tube

Une élève met le contenu du test dans un tube

Photo : Radio-Canada

D'autres tests pourraient rapidement s'ajouter à l'arsenal des écoles. Dans un point de presse mardi sur la rentrée scolaire, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge et le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, ont évoqué la possibilité de recourir aux prélèvements par gargarisme pour tester les enfants de certaines régions, sans donner plus de détails.

En réalité, il ne manquerait que le feu vert de Québec pour que des familles puissent s’autoprélever à la maison afin de détecter le virus de la COVID-19.

Des trousses de gargarisme pour emporter ont été développées par des médecins microbiologistes-infectiologues québécois. Elles ne contiennent qu’un tube, un gobelet, une gaze, de l’eau et un sac de biosécurité. Le coût total : moins de 5 $.

À la maison, pour l’avoir pratiqué avec mes propres enfants, c’est tout à fait possible, affirme la microbiologiste-infectiologue, la docteure Annie-Claude Labbé.

En mai dernier, un groupe de chercheurs québécois a réalisé une vidéo officielle, conjointement avec l’Institut national de santé publique du Québec, pour donner une formation sur l’utilisation de la trousse. D’une durée d’à peine 5 minutes, on y explique comment effectuer un prélèvement par gargarisme à la maison.

Une méthode efficace

Cette méthode non invasive est réalisable pour la majorité des enfants de plus de six ans puisqu'elle consiste seulement à se gargariser avec de l’eau, la recracher dans un gobelet, avant de la transvider dans un tube.

Un projet réalisé auprès de près de 3000 volontaires présentant des symptômes ou ayant eu un contact avec la COVID-19, entre novembre 2020 et février 2021 a démontré l’efficacité de cette méthode.

Je pense que c’est suffisamment simple pour que ce soit fait sans supervision d’un professionnel de la santé, à condition de visionner la vidéo et d’avoir une trajectoire organisée pour distribuer les trousses, récupérer les prélèvements et les acheminer au laboratoire, ajoute la Dre Labbé.

C’est cette étape qui n’a pas encore été déployée par les autorités gouvernementales et qui se fait toujours attendre, alors que le matériel pour créer les trousses d'autoprélèvement à domicile est disponible. Il reste encore à déterminer le corridor pour acheminer les prélèvements dans un laboratoire afin d'obtenir le résultat en 24 h.

Selon nos informations, Québec se questionne sur l'efficacité logistique de toute cette opération, alors que les gens peuvent encore se rendre directement dans un centre de dépistage pour le prélèvement.

Je pense qu’on est rendus à cette étape-là, de faciliter les prélèvements, de faciliter la vie des gens. Les outils sont disponibles. Il faut maintenant voir comment on l’organise.

Une citation de :Docteure Annie-Claude Labbé, microbiologiste-infectiologue

L’autodépistage, bientôt une réalité?

Un kit de test COVID-19

Un kit de test COVID-19

Photo : Radio-Canada

La Dre Labbé fait également partie des chercheurs qui ont soumis des projets dans le cadre d’un appel de candidatures pour valider le test Lucira Check It de l'entreprise américaine Lucira Health.

Autorisé par Santé Canada en avril dernier, cet autotest d'une valeur d'environ 75 $ permettrait d’obtenir un résultat directement à la maison à partir d’un écouvillonnage nasal.

Ce test n’est toutefois pas encore disponible sur le marché canadien. Selon des sources gouvernementales, Québec aurait souhaité mettre la main sur ces tests avant l'été pour permettre à tous les Québécois qui recevaient leur deuxième dose de repartir du centre de vaccination avec un autotest.

Le gouvernement était prêt à s'en procurer un volume important pour marteler son message de vigilance : une personne doublement vaccinée avec des symptômes doit continuer de se faire tester, quitte à le faire elle-même à la maison.

L’Ordre des pharmaciens lève la main pour vendre les trousses d’autotest ou d’autoprélèvement et diriger les patients vers les professionnels appropriés s’il est nécessaire de le faire.

Ce n’est pas un problème pour nous. On le fait déjà pour des tests d’ovulation ou des tests de grossesse, déclare le président Bertrand Bolduc. Bien que les pharmaciens acceptent que leur établissement soit la référence pour se procurer des tests d’autodépistage, il n’est pas question pour eux d’offrir les tests rapides Panbio, ID Now ou BDVeritor.

Dans ces cas-là, ce sont des gens symptomatiques [qui viennent se faire tester] et on ne veut pas les voir dans nos milieux.

M. Bolduc évoque aussi des enjeux de main-d’œuvre qui empêcheraient les pharmaciens d’effectuer des tests rapides.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !