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Vaccination obligatoire des travailleurs de la santé : une mesure démesurée?

Une infirmière dans une salle d'opération.

Le gouvernement du Québec a annoncé qu’il imposera la vaccination obligatoire aux travailleurs et travailleuses de la santé qui sont en contact plus de quinze minutes avec les patients.

Photo : iStock

« Ce n'est pas un débat facile! » lance d'entrée de jeu Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux de la Confédération des syndicats nationaux (FSSS-CSN). La centrale syndicale va plaider devant la commission parlementaire sur la vaccination obligatoire qu'étant donné le taux de vaccination élevé des travailleurs et des travailleuses de la santé, la mesure est démesurée.

Mettons qu'on a déjà 95 % du monde qui travaille avec les patients qui sont vaccinés, c'est prendre des gros moyens pour le petit peu qui reste, souligne le président de la FSSS-CSN.

Dans son mémoire, la FSSS-CSN affirme qu'il y a trop de questions sans réponse pour même savoir si la vaccination obligatoire va régler un problème.

Sait-on seulement quel est le taux de vaccination parmi les salarié-es en contact avec les usagers? On peut raisonnablement penser que, dans le cas de plusieurs de ces titres d’emploi, les taux sont déjà fort élevés. S’attaque-t-on à un réel problème? À nos yeux, la démonstration reste à faire, peut-on lire.

Du dépistage tous les jours

Le syndicat déplore que le gouvernement ne soit pas allé jusqu'au bout des mesures incitatives et ajoute qu'il existe d'autres façons de protéger le réseau de la santé de la quatrième vague de COVID-19.

Le syndicat suggère, par exemple, d'imposer des tests de dépistage quotidiens aux non-vaccinés. Ça pourrait être fait tous les jours; c'est un test qui est fait rapidement, ça ne dérange pas l'organisation du travail, propose Jeff Begley.

Par ailleurs, la FSSS-CSN s'étonne que l'obligation arrive quelques semaines à peine après que le gouvernement a allégé les mesures mises en place en matière de prévention dans les hôpitaux.

Le 9 août dernier, le ministère de la Santé et des Services sociaux a ajusté plusieurs de ses directives, notamment en ce qui a trait aux zones de traitement (chaude, tiède ou froide), précisant qu'elles devraient dorénavant être limitées à l'espace patient comme pour toute autre maladie infectieuse. Le gouvernement a aussi autorisé la réouverture des chambres à deux, trois ou quatre pour certains types de patients.

Jeff Begley.

Jeff Begley, président de la FSSS-CSN

Photo : Radio-Canada

Quant au sort réservé aux récalcitrants, soit le congé sans solde, la sanction va inévitablement équivaloir à montrer la porte de sortie à un certain nombre de travailleurs et de travailleuses, ajoutant ainsi une pression à ceux qui restent.

Alors que le gouvernement Legault parle du droit des vaccinés pour implanter le passeport vaccinal, la FSSS-CSN croit plutôt que ce sont les vaccinés du réseau de la santé qui seront pénalisés dans le cas de la vaccination obligatoire.

Nous sommes catégoriques : il n’y a pas de place, dans le réseau, pour quelque accroissement de la charge de travail ni pour quelques obligations supplémentaires de travail que ce soit, insiste-t-on dans le mémoire.

La FTQ ne sera pas entendue

Les dirigeants de la FTQ, la plus grande centrale syndicale du Québec, digèrent mal de ne pas avoir été invités à témoigner devant la commission, puisque le débat ne se limite pas qu'aux travailleurs et aux travailleuses de la santé.

Le syndicat a tout de même rédigé un mémoire pour exprimer ses craintes et rappeler que pour imposer la vaccination obligatoire, le gouvernement a le fardeau de la preuve et doit démontrer qu'il s'agit du seul moyen pour protéger les travailleurs et les travailleuses : La vaccination obligatoire devrait être implantée si et seulement si elle est justifiée en vertu d’objectifs légitimes de santé publique et qu’elle constitue le seul moyen de parvenir à ces objectifs [...], écrit-on dans le mémoire.

La centrale craint les dérapages que la mesure pourrait entraîner. Il ne doit pas s’agir d’un droit accordé aux employeurs et qui sera utilisé pour répondre à des impératifs économiques, ajoute-t-on.

Vaccination obligatoire des travailleurs de la santé : le plan de Québec

  • Tous les travailleurs de la santé, autant du réseau public que du privé, sont visés;
  • la consigne s'applique à tous les travailleurs et toutes les travailleuses en contact plus de 15 minutes avec un patient;
  • tous les salariés devront avoir reçu leur première dose d'ici le 1er septembre et une seconde dose d'ici le 1er octobre;
  • en cas de refus, le gouvernement recommande une suspension sans solde.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, sera le premier à être entendu par les membres de la commission parlementaire; son témoignage sera suivi de celui du directeur national de santé publique, le docteur Horacio Arruda.

Christian Dubé, en conférence de presse.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, sera le premier intervenant lors de la consultation parlementaire.

Photo : La Presse canadienne

Le reste de la journée sera consacré aux syndicats qui représentent les travailleurs et les travailleuses du réseau de la santé et aux Fédérations des médecins omnipraticiens (FMOQ) et des médecins spécialistes (FMSQ).

Lors de la deuxième et dernière journée des travaux, le débat sur la vaccination obligatoire sera élargi aux réseaux de l'éducation et des services de garde.

Les travaux de la commission (Nouvelle fenêtre) s’achèveront vendredi.

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