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Le personnel soignant exaspéré des patients COVID non vaccinés

« Au nom des libertés individuelles, "j'ai pas à subir la vaccination" est le type d’argumentaire qu’on entend ces temps-ci », déplore le docteur Patrick Bellemare.

Le docteur Bellemare porte un sarrau bleu, un masque et a un stéthoscope autour du cou.

Patrick Bellemare est chef du programme de soins critiques à l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Davide Gentile

Le report de chirurgies se poursuit dans plusieurs hôpitaux du Québec en raison des hospitalisations croissantes de patients atteints de la COVID-19. Une situation que redoute le personnel soignant à bout de souffle après 18 mois au front.

Lorsque Yves Campagna s’est présenté mercredi matin à l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, il était le premier sur la liste du bloc opératoire.

J’étais ici pour 6 h et j’ai attendu jusqu’à 13 h, jusqu’à temps qu’on m’avise que ça avait été cancellé, confie M. Campagna.

C’était pour une chirurgie vasculaire, c’est une chirurgie majeure qui apparemment aurait pu durer jusqu’à 17 h, 17 h 30, précise-t-il.

De nouvelles hospitalisations liées notamment à la COVID-19 ont cependant bousculé les priorités du jour.

Comme l’explique le docteur Patrick Bellemare, chef du programme de soins critiques à l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, j’étais de garde la nuit dernière [celle de mardi à mercredi, NDLR], on a admis trois patients COVID [...] et quatre patients traumatisés dont un cou cassé, un blessé par balles et un accident de voiture grave.

Les deux chirurgies majeures que j'ai dû annuler pour cet avant-midi, ce sont les deux patients COVID que j'ai dû monter en fin de nuit, précise-t-il.

Le Québec comptait mercredi 110 hospitalisations en raison de la COVID-19, dont 33 personnes traitées aux soins intensifs, en hausse graduelle depuis deux semaines.

Des chiffres loin du sommet de 1500 hospitalisations atteint en janvier, mais qui pourraient augmenter rapidement au cours des prochaines semaines pour la région de Montréal, signalait l’Institut national d'excellence en santé et services sociaux (INESSS) la semaine dernière.

C’est non seulement décevant, c’est très difficile, exprime le patient Yves Campagna.

Tout ce que j’espère c’est qu’on va me donner un autre rendez-vous d’ici une semaine ou deux.

Une citation de :Yves Campagna, un patient dont la chirurgie a été reportée mercredi à l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.

Le Québec compte près de 150 000 patients en attente de chirurgie. Un plan sur deux ans doit être déployé par Québec à compter de l’automne afin de réduire la liste d’attente.

Du personnel soignant qui souhaite une quatrième vague brève

Lors de notre visite à l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, le chef du programme de soins critiques, Patrick Bellemare, n’a pas hésité à faire écho à l’exaspération du personnel soignant à l’endroit des patients non vaccinés.

Les gens en ont plein leurs bottes, affirme ce dernier.

Au nom des libertés individuelles, "j'ai pas à subir la vaccination" est le type d’argumentaire qu’on entend ces temps-ci, déplore le Dr Bellemare.

Mais au nom des libertés individuelles, je ne roule pas à l'envers dans un one way, lance-t-il.

Ce dernier a souvenir d’une situation inédite. Le papa et la maman de 60 ans qui accueillent chez eux pour sa convalescence leur fille atteinte de la COVID en s’attendant que personne ne soit malade, et évidemment, tout le monde est devenu malade et le père s’est retrouvé entre la vie et la mort pendant des semaines ici.

Des infirmières croisées lors de notre passage ont témoigné de leur fatigue accumulée et de leur souhait que la quatrième vague demeure brève sans atteindre l’ampleur des précédentes.

On a de l’espace physique, des lits, explique le docteur Patrick Bellemare, mais c'est pas des lits vides qui soignent les gens, mais des soignants et on ne peut pas improviser des soignants experts en soins critiques du jour au lendemain. Ça fonctionne pas comme ça.

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