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Des candidats bloquistes expriment des réserves à l’égard du troisième lien

Yves-François Blanchet en compagnie de candidats devant le Château Frontenac.

Le chef du Bloc québécois, Yves-Francois Blanchet, faisait de nouveau campagne à Québec, mercredi.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

« Moi, personnellement, je suis contre le projet », confie un candidat bloquiste sous le couvert de l’anonymat au sujet du tunnel routier que le gouvernement Legault veut construire pour relier les rives de Québec et de Lévis, auquel le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s'est montré favorable.

Je comprends la position des gens qui cherchent des options parce qu’ils sont coincés dans les bouchons de circulation, mais on doit aller de l’avant avec des projets d’envergure qui sont bons pour l’environnement, pas des projets qui ajoutent des voitures sur les routes.

D'autres candidats du Bloc québécois nous ont aussi avoué être opposés personnellement au plan actuel de tunnel à deux étages passant sous le fleuve Saint-Laurent, qui a été largement critiqué par des groupes écologistes, mais qui est soutenu par de nombreux automobilistes, notamment sur la Rive-Sud.

Toutefois, les bloquistes à qui nous avons parlé, qui ont tous requis l’anonymat, ajoutent qu’il faut respecter la volonté de Québec dans ce dossier et que le rôle de leur parti, comme le chef l’exprime, c’est de défendre les intérêts du Québec à Ottawa; pas de dire à l'Assemblée nationale quoi faire.

Il faut attendre les évaluations environnementales du BAPE [Bureau d'audiences publiques sur l’environnement], précise un des candidats, qui croit encore que le projet peut changer pour devenir plus vert.

J’ai confiance que, si les évaluations ne sont pas concluantes, Québec va se retirer, ajoute une autre source bloquiste. Elle cite en exemple le projet d’une usine de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec, pour lequel le gouvernement Legault a finalement décidé de jeter l’éponge, après l’examen environnemental du BAPE.

Blanchet de nouveau questionné

Le pont Pierre-Laporte avec des cônes de construction et du trafic.

Le troisième lien est présenté, par le gouvernement Legault, comme une façon de désengorger les deux ponts déjà existants entre les deux rives.

Photo : Radio-Canada

Ces réserves s’expriment alors qu’Yves-François Blanchet a dû se prononcer sur le projet de troisième lien pour une deuxième journée de suite.

Mardi, le chef du Bloc québécois s’était montré, pour la première fois de la campagne, favorable au projet de tunnel Québec-Lévis, disant même que le tunnel pouvait être écologique.

Je crois que le troisième lien a un potentiel de contribution positive en termes d’environnement, a renchéri Yves-François Blanchet, mercredi, notamment pour éviter qu’un nombre important de véhicules fassent un important détour, chacun émettant des gaz à effet de serre.

Interrogé à savoir s’il s’agissait de sa position personnelle ou bien celle de son parti, il a répondu que la position du Bloc était celle qu’il avait exprimée dès le début : [Le dossier] est une juridiction exclusive de Québec.

Le chef marche en compagnie de candidats.

Yves-Francois Blanchet marche près du Château Frontenac en compagnie de candidats de la région de Québec.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Parmi les candidats de la région qui l’accompagnaient, tous ceux à qui nous avons parlé ont dit effectivement vouloir défendre les volontés de l’Assemblée nationale.

Je pense qu’on doit être là pour assurer [...] le financement du fédéral dans le projet à la hauteur de ce que le gouvernement du Québec demandera, affirme Louis Sansfaçon, qui se présente dans la circonscription de Québec, actuellement détenue par le libéral Jean-Yves Duclos.

Nous avons demandé à une autre candidate sur place si elle croyait que le troisième lien pouvait être écologique. Marie-Christine Lamontagne, qui se présente dans Charlesbourg–Haute-Saint-Charles, refuse de répondre directement à la question : Le troisième lien, c’est un projet qui est provincial.

Rappelons que Mme Lamontagne s’était d’abord fait connaître sur la scène politique québécoise en 2018, quand elle avait été candidate aux élections provinciales pour Québec solidaire, un parti pourtant fortement opposé au projet de troisième lien.

Une chose est certaine, poursuit-elle, c’est qu’on convient tous qu’il y a l’urgence climatique en ce moment, puis il faut être cohérent face à ça. L’environnement doit être le critère d’analyse de tous nos projets à partir de maintenant.

Que disent les autres partis?

Les conservateurs d’Erin O’Toole soutiennent le projet de troisième lien et s’engagent à le financer, s’ils sont élus, à hauteur de 40 % sans condition. C’est d’ailleurs ce que réclame le gouvernement de François Legault à Ottawa.

Jusqu’à maintenant, les libéraux de Justin Trudeau n’ont pas exprimé ce même genre de soutien.

Gros plan du visage de Justin Trudeau en train de parler.

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a dit que son gouvernement s'engage à être un « partenaire » pour la réfection d'un tunnel autoroutier dans le Grand Vancouver.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Lors d’un point de presse donné en Colombie-Britannique, le chef libéral a dû se défendre d’appuyer la réfection du tunnel Georges Massey, près de Vancouver, mais pas le troisième lien dans la région de Québec. Justin Trudeau a répondu qu' aucune décision finale n’avait été prise dans les deux cas et que son parti restait ouvert au financement de la portion du projet qui est liée aux transports en commun.

À l’heure actuelle, deux des six voies de tunnel seraient réservées au transport en commun. La facture du projet – que Québec a d’abord évaluée à environ 6 ou 7 milliards de dollars – pourrait grimper, avec les dépassements de coûts, à 10 milliards.

Du côté néo-démocrate, le chef Jagmeet Singh s’est souvent exprimé contre le projet de troisième lien, car il ne permet pas de réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

Jagmeet Singh parle à l'extérieur lors d'une conférence de presse.

Jagmeet Singh faisait campagne en Ontario, mercredi.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Le candidat du NPD dans Rosemont–La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, se montre encore plus incisif : Peut-être qu’Yves-François Blanchet vient de dévoiler son vrai visage en ce qui concerne l’urgence climatique.

S’il voit un potentiel environnemental là-dedans, c’est comme s’il voyait un potentiel dans une cimenterie, ajoute-t-il.

Quand M. Blanchet était ministre de l’Environnement au Parti québécois, entre 2012 et 2014, il avait donné son accord au projet de cimenterie à Port-Daniel–Gascons, sans faire appel au BAPE pour une évaluation environnementale.

Si le chef du Bloc voit un potentiel écologique dans le troisième lien, conclut Alexandre Boulerice, c’est qu’il se convainc lui-même de certaines certitudes [...], mais il n’y a aucune étude qui vient étayer ça.

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