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Le manque de cuisiniers entraîne des fermetures d'entreprises en Abitibi-Témiscamingue

Une pâtisserie en Abitibi.

La Gourmandine a pignon sur rue depuis une douzaine d'années à Amos.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Martin Guindon

La pénurie de main-d'œuvre spécialisée en cuisine fait mal, allant jusqu’à entraîner la fermeture d’au moins deux entreprises de restauration prospères en Abitibi-Témiscamingue.

Au début du mois d’août, Le Paramount de Rouyn-Noranda a annoncé la fermeture pour une période indéterminée de son restaurant, faute de personnel en cuisine.

La marquise du restaurant Paramount indique que l'établissement est fermé.

Le Paramount a fermé son restaurant, mais maintient ses autres événements et ses activités de salle.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté / Le Paramount

La boulangerie La Gourmandine d’Amos vient de lui emboîter le pas et a annoncé en début de semaine qu’elle fermera ses livres le 30 septembre.

Ça fait quatre ans qu’il me manque quelqu’un dans la cuisine. À un moment donné, pendant un an ou deux, que je fasse la job de deux, c’est correct et ça va, c’est mon entreprise. Mais à un moment donné, quand il t’en manque deux… je ne peux pas faire la job de trois. C’est sûr que c’est plate de fermer mon commerce, mais je suis zen avec ma décision, parce que je ne peux pas faire autrement. À un moment donné, c’est ma santé qui va y passer, explique Caroline Bérubé, propriétaire de La Gourmandine.

Caroline Bérubé sort du pain frais d'un four.

La propriétaire de La Gourmandine à Amos, Caroline Bérubé

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté / Jenny-Lee Larivière

Et ce n’est pas faute d’avoir cherché des solutions. Elle a réduit ses heures d’ouverture, amélioré les conditions offertes, laissé les gens choisir leur horaire, affiché ses postes sans demander de qualifications, quitte à former elle-même les gens qu’elle allait recruter, toujours sans succès.

Je vais aller travailler pour quelqu’un, ça fera une personne qui ne manquera pas d’employés. Je vais aller aider quelqu’un au lieu de m’épuiser, fait valoir Caroline Bérubé, qui reçoit déjà plusieurs offres d’emplois.

Une situation insoutenable

Le Paramount s’est retrouvé dans une situation similaire pour son restaurant. Le poste de cuisinier est resté affiché six mois sans jamais recevoir de candidature.

C’est difficile de trouver des chefs cuisiniers qualifiés. On était rendus avec des gens qui avaient peu d’expérience en cuisine, ce qui faisait que les délais d’attente pour nos clients étaient plus longs.

Une citation de :Rachelle Roy

On avait quand même une belle réputation, les gens aiment venir au resto, on voulait garder une qualité de service à la hauteur du Paramount. Mais ça ne devenait plus possible, affirme la copropriétaire Rachelle Roy.

Une décision difficile à prendre, alors que les choses allaient rondement. Ça roulait. Le restaurant était toujours plein quand on a pris la décision de fermer. Les clients étaient au rendez-vous. Quand on a annoncé la décision, plusieurs nous ont appelés ou écrit pour nous dire que c’était vraiment triste ce qui était en train de se passer. Mais ça devenait insoutenable, répète-t-elle.

C’est d’autant plus triste pour les propriétaires que le restaurant s’est relevé à deux reprises pendant la pandémie. On ne pensait pas se sortir de la COVID financièrement, parce que ça a été très dur financièrement. On a dû investir beaucoup de notre poche. Mais on n’aurait jamais cru que ce serait la pénurie de main-d’oeuvre qui viendrait à bout de notre restaurant. Si on nous avait dit que ce serait la situation après la COVID, on aurait fermé dès l’annonce de la première fermeture des restaurants au début de la pandémie, confie-t-elle.

Bien peu de relève

Rien n’indique pour l’instant que la situation va s’améliorer dans les prochaines années, si on se fie au nombre d’inscriptions au cours de cuisine offert par le Centre de formation professionnelle Lac-Abitibi (CFP). De deux cohortes totalisant une trentaine d’élèves par année il y a 10 ans, le CFP forme maintenant une cohorte d’une douzaine d’élèves chaque année.

Cette année, il va en rentrer six. Ce n’est pas beaucoup. On sait que les restaurants ont besoin de main-d'œuvre, je reçois fréquemment des appels. Il faudrait en former plus, mais nous on doit y aller avec les élèves qui s’inscrivent, se désole le directeur Richard Mailloux.

Un homme assis à son bureau.

Le directeur du Centre de formation professionnelle Lac-Abitibi, Richard Mailloux.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté

Qui plus est, ce ne sont pas tous les élèves inscrits qui rejoignent nécessairement le marché du travail une fois leur formation terminée. Il y en a qui vont venir suivre le cours pour leurs connaissances personnelles, parce qu’ils aiment faire de la cuisine chez eux. Mais ceux qui veulent travailler, ils ont tous de la job. Il n’y a pas de problème là, assure-t-il.

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