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L’opération d'évacuation de l'armée canadienne à Kaboul tire à sa fin

Selon une source gouvernementale de CBC, les militaires canadiens devront conclure leurs opérations jeudi. Quelque 2700 personnes ont été évacuées par le Canada jusqu'ici.

Deux militaires marchent vers un avion photographié de face.

Les militaires canadiens n’auraient plus que 24 ou 48 heures pour conclure leurs opérations d'évacuation.

Photo : Getty Images / AFP/Alexander Klein

L’armée canadienne se prépare à mettre un terme aux opérations d’évacuation de citoyens canadiens et d’Afghans considérés comme vulnérables qu’elle mène depuis plusieurs jours à l’aéroport international de Kaboul, a confirmé mercredi le gouvernement Trudeau.

Les États-Unis, qui contrôlent l’aéroport, entendent conclure leurs opérations le 31 août, de sorte que les 12 autres pays alliés qui participent au pont aérien devront être partis au préalable, a reconnu le ministre de la Défense, Harjit Sajjan mercredi matin.

Mettre fin à une mission prend un temps considérable. Ça ne se fait pas du jour au lendemain, et ça comporte des risques. Alors que les États-Unis finalisent leur retrait pour respecter la date butoir, les pays alliés, dont le Canada, doivent retirer leurs troupes, leur matériel et leurs avions avant les Américains.

Une citation de :Harjit Sajjan, ministre canadien de la Défense

Évoquant une situation qui change d’heure en heure à l’aéroport, le ministre a refusé de donner plus de précisions sur le nombre de vols qui pourront encore être effectués ou sur le nombre de personnes que le Canada compte encore évacuer.

Il a assuré que le Canada allait faire tout ce qui est possible dans les circonstances.

En après-midi mercredi, une source gouvernementale a indiqué à CBC que le dernier avion canadien devra quitter l'aéroport de Kaboul jeudi.

D'après le ministre Sajjan, la situation sécuritaire se détériore aux alentours de l'aéroport de Kaboul, et les portes y donnant accès ont dû être fermées pour permettre aux militaires de traiter les demandes des gens qui se trouvent dans l'enceinte.

Le ministre a aussi accusé les talibans d'entraver l'accès à l'aéroport international Hamid Karzaï.

Un taliban discute avec un automobiliste.

La fin des évacuations d'Afghanistan

Photo : La Presse canadienne / AP/Khwaja Tawfiq Sediqi

La Turquie, partenaire du Canada au sein de l'Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), a aussi annoncé mercredi qu'elle commençait à retirer ses troupes de l'aéroport de Kaboul.

2700 personnes évacuées par l'armée canadienne

Depuis la prise de Kaboul par les talibans, le 14 août, les vols de l’armée canadienne ont permis d’évacuer plus de 2700 Canadiens et Afghans à risque de subir des représailles de la part des talibans, a pour sa part indiqué le ministre de l’Immigration, Marco Mendicino.

Ce dernier groupe comprend des collaborateurs de l’armée canadienne (interprètes, chauffeurs, etc.), des défenseurs des droits de la personne, des militantes pour les droits des femmes ainsi que des membres de la communauté LGBT.

Le dernier vol canadien qui a décollé de Kaboul mardi transportait 535 passagers, incluant des Canadiens, des ressortissants étrangers, des Afghans qui s’installeront au Canada et d’autres qui doivent être accueillis par des pays tiers.

Les deux vols précédents – un effectué dimanche et l’autre, lundi – avaient permis d’évacuer respectivement 436 et 506 personnes.

Selon le ministre Mendicino, plus d'un millier d'Afghans sont arrivés au Canada, et environ 300 d'entre eux ont terminé la quarantaine qui leur est imposée en raison de la COVID-19.

Le ministre des Affaires étrangères, Marc Garneau, a assuré, à l'instar de M. Mendicino, que le Canada n'allait pas abandonner les Afghans malgré la fin prochaine du pont aérien, en réitérant que le Canada compte accueillir 20 000 Afghans vulnérables.

Nous travaillons à déterminer quelles options pourraient être disponibles lorsque les vols d'évacuation militaires ne seront plus possibles. Cela comprend le passage par un pays tiers pour ceux qui trouveront un moyen de quitter le pays, a-t-il dit.

Nous avons demandé à nos missions de se tenir prêtes à les aider. Nous leur fournirons une assistance consulaire où qu'ils se trouvent, a ajouté M. Garneau.

Ça ne s’arrêtera pas là : on va continuer d’être impliqué dans la région avec les partenaires pour les semaines et les mois à venir en mettant de la pression [...] sur les talibans pour [qu'ils laissent] les gens quitter le pays s’ils le veulent.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le Pentagone a fait savoir mercredi que l'armée américaine continuera d'évacuer des civils de l'aéroport de Kaboul jusqu'au 31 août si nécessaire, mais qu'elle accordera la priorité à l'évacuation des soldats et de l'équipement militaire lors des deux derniers jours.

Selon un membre de l'état-major de l'armée américaine, le général William Taylor, plus de 10 000 personnes se trouvaient mercredi à l'aéroport de Kaboul dans l'attente d'être évacuées.

Des gens font la file pour embarquer dans un avion militaire.

Des Afghans continuent d'être évacués à partir de l'aéroport de Kaboul. Selon le général américain William Taylor, un avion a décollé de l'aéroport toutes les 39 minutes au cours des 24 dernières heures.

Photo : Reuters / US AIR FORCE

Quelque 19 000 personnes supplémentaires avaient été évacuées par l'armée américaine et à bord de vols internationaux au cours des dernières 24 heures, pour un total de 88 000 depuis le début de ce pont aérien sans précédent.

Les talibans, « nos frères »?

La conférence de presse à laquelle MM. Sajjan, Mendicino et Garneau participaient a par ailleurs été marquée par des propos étonnants de la ministre canadienne des Femmes et de l'Égalité des genres, Maryam Monsef, qui s’est adressée aux talibans en les qualifiant de frères.

Je veux saisir cette occasion pour parler à nos frères, les talibans. Nous vous demandons de vous assurer du passage sécuritaire de toute personne en Afghanistan qui veut sortir du pays, a déclaré Mme Monsef, elle-même d’origine afghane.

Nous vous demandons d’arrêter immédiatement toute violence, le génocide, le féminicide, la destruction d’infrastructures, incluant des immeubles patrimoniaux […] et de retourner à la table des négociations, [de respecter] l’accord de paix négocié [avec l’administration Trump] et de vous assurer que les voix des minorités font partie de la discussion de manière significative, a-t-elle poursuivi.

Invitée par un journaliste à dire si elle voulait retirer le qualificatif dérangeant utilisé à propos des talibans, considérés comme une organisation terroriste par le gouvernement canadien, Mme Monsef a éludé la question.

Les ministres Sajjan et Mendicino sont dans une salle de presse. Le ministre Garneau apparaît sur un écran.

Les ministres Harjit Sajjan (à droite), Marco Mendicino (au centre) et Marc Garneau (sur l'écran) ont fait le point sur la situation en Afghanistan en conférence de presse mercredi matin. La ministre des Femmes, Maryam Monsef, y a aussi participé.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Je crois que toute la situation est dérangeante. Des terroristes ont pris le contrôle de ma terre ancestrale adorée, a-t-elle répondu, avant d’expliquer que les musulmans utilisent couramment les termes frères et sœurs lors de discussions.

Soyez certains que je crois profondément que les talibans sont une organisation terroriste. Notre gouvernement le croit, avant de parler de la volonté de son gouvernement de protéger toutes les minorités afghanes.

Le Canada et ses partenaires, a-t-elle ajouté, veulent s’assurer que les gains durement acquis des deux dernières décennies ne sont pas perdus aux mains de ces gens, dont le mandat n’est pas de gouverner. Leur mandat est d’opprimer, de tuer, et nous condamnons cela totalement.

Le premier ministre Justin Trudeau n'a pas voulu dire s'il était à l'aise avec les propos de sa ministre. Les talibans, ce sont des terroristes. Nous n’avons pas l’intention de les reconnaître, a-t-il répondu lorsqu'interrogé à ce sujet.

Il n'a pas non plus invité Mme Monsef à retirer ses propos. La ministre a expliqué ses commentaires; je n’ai rien à ajouter, a-t-il dit.

Avec les informations de Reuters

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