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Dernier tour de piste pour le directeur du Service de police de Sherbrooke

Danny McConnell, chef du Service de police de Sherbrooke, en uniforme, devant le poste de police

Danny McConnell, chef du Service de police de Sherbrooke (archives).

Photo : Radio-Canada

René-Charles Quirion

Le changement de garde est amorcé à la direction du Service de police de Sherbrooke. Après 38 années au sein du corps policier municipal, dont 5 à la direction, Danny McConnell tirera sa révérence fin septembre.

C’est dans sa ville natale que Danny McConnell a fait carrière en touchant à peu près à tous les postes. Du travail de patrouille jusqu’à la direction des enquêtes, en passant par la surveillance du territoire, le Groupe d’intervention et finalement l’état-major, le Fleurimontois d'origine a gravi un à un les échelons du SPS depuis son entrée en 1984.

Ma plus grande fierté est simplement d’avoir été policier. Un petit gars de la rue Chalifoux qui a fini sa carrière comme directeur de police, c’est particulier. J’ai vécu toutes les dimensions du travail policier. J’ai eu le plaisir d'expérimenter toutes les facettes, soutient M. McConnell.

La conseillère Danielle Berthold, le maire, Steve Lussier, ainsi que le directeur du SPS, Danny McConnell, devant un véhicule de patrouille hybride du SPS.

Danny McConnell a travaillé étroitement avec le maire Steve Lussier et la conseillère municipale Danielle Berthold au cours des dernières années (archives).

Photo : Radio-Canada

C'est toutefois à Rock Forest, qui était alors une ville distincte de Sherbrooke, que Danny McConnell a amorcé sa carrière de policier.

J'ai commencé à la police de Rock Forest avant d’être accepté au SPS une année plus tard. J’ai commencé sur la faction à pied avant d’avoir une promotion sur un véhicule de patrouille. J'ai travaillé neuf ans au centre-ville pour bien comprendre le milieu [qui ont été marqués] par des situations avec le chapitre de Lennoxville des Hells Angels, se rappelle le directeur du SPS.

Il n'est d'ailleurs pas le seul de sa fratrie à avoir suivi la voie des forces de l'ordre. Le métier de policier, chez les McConnell, c'est de famille.

Ses deux frères ont fait carrière au sein d'un corps de police : à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour Pierre et à la Sûreté du Québec (SQ) pour Tom. Ce dernier a par ailleurs occupé les fonctions de porte-parole à la SQ, il y a une vingtaine d’années.

Son fils est aussi en fonction depuis 10 ans au SPS, une grande fierté pour papa McConnell.

Un de ses legs : le Groupe d'intervention

L'une des fiertés de Danny McConnell demeure d'avoir contribué à la fondation du Groupe d’intervention qui est encore en fonction aujourd'hui, chose exceptionnelle pour un corps de police comme Sherbrooke.

« J’ai grandi à travers mes différents grades et le Groupe d'intervention, où j’ai servi sur plus de 400 interventions. J’ai été tireur d’élite puis commandant du Groupe d'intervention de 2003 jusqu’en 2013. »

— Une citation de  Danny McConnell, directeur du SPS

Il a aussi aidé à la mise en place d’une unité spécialisée en contrôle de foule, ce qui a notamment été utile lors des années de Jean Charest à la tête du Québec et lors des manifestations étudiantes du printemps érable.

En moins de 3 mois, nous avons eu 94 manifestations. C’était du temps plein en manifestations. Le groupe a été mis à contribution de façon significative. J’ai eu la chance de travailler avec beaucoup de monde, indique Danny McConnell.

« Nous avons aussi bonifié le groupe de recherche terrestre. Ce sont des groupes qui nous servent beaucoup pour améliorer le service à la population. »

— Une citation de  Danny McConnell, directeur du SPS
Les uniformes d'apparat représentent 137 ans d'histoire du Service de police de Sherbrooke.

Danny McConnell lors de la présentation des uniformes d'apparat représentent 137 ans d'histoire du Service de police de Sherbrooke (archives).

Photo : Radio-Canada / Emilie Richard

L'évolution du travail policier au fil des ans

La façon de patrouiller, d’intervenir avec les citoyens et d'enquêter a changé au fil des ans, selon Danny McConnell. Les crimes ont évolué, notamment avec la cybercriminalité qui a pris beaucoup d'ampleur.

Ce sont toutefois les problèmes de santé mentale qui occupent maintenant une part prépondérante du temps de patrouille des policiers, soutient-il.

Nous avons mis en place l’équipe mobile d'intervention psychosociale en collaboration avec le CIUSSS de l’Estrie - CHUS. Les cas de santé mentale occupent près de 80 % du travail policier. Il fallait absolument s’adapter, estime Danny McConnell.

« Nous sommes en pourparlers avec le Centre de prévention du suicide JEVI pour qu’ils intègrent nos locaux. Les policiers doivent s'associer à cette expertise en santé mentale. »

— Une citation de  Danny McConnell, directeur du SPS
En plus des 450 vélos vendus, 70 casques ont été remis à des enfants. On voit ici une policière du Service de police de Sherbrooke attacher le casque d'un enfant.

L'approche communautaire s'intensifie également au cours des années pour rapprocher le SPS de la population.

Photo : Radio-Canada

L’état d’urgence de la pandémie

En mars 2020, un élément majeur vient changer la vie au SPS : la pandémie de la COVID-19. Pour la première fois de son histoire, le SPS met en place l’état d’urgence. Le mandat est complexe avec l'application des décrets, et la situation n'est pas sur le point de se terminer, avec la quatrième vague qui se profile.

L’une des forces que l’on doit avoir est notre capacité d’adaptation. Nous pouvions intervenir de meilleure façon et gérer de façon différente les horaires en collaboration avec l’Association des policiers et policières de Sherbrooke. Nous avions deux mandats majeurs pour protéger la population et nos policiers pendant la pandémie et faire appliquer les différents décrets de la santé publique, mentionne Danny McConnell.

Les défis du nouveau directeur

Le nouveau directeur du SPS Pierre Marchand est entré en poste cette semaine. Danny McConnell croit que ce dernier fera face à de grands défis, mais qu'il pourra heureusement compter sur un état-major compétent.

Être un directeur de police va être de plus en plus difficile. Mon successeur devra s’adapter dans un contexte de regroupement entre les différents services de police pour être plus efficace et plus efficient. Je pense que le livre vert sur la police s’en va vers ça. Nous serons de meilleures organisations policières en fonction de la capacité de payer des citoyens, assure Danny McConnell.

Avant son grand départ, Danny McConnell tient à remercier tout le personnel du SPS, autant civil que policier, d'autant plus que les derniers moments de sa carrière ont été marqués par des événements pénibles pour le corps de police.

« Nous avons vécu au cours de l'été des choses insolites que nous ne souhaitons jamais revivre. Nous sommes en attente du rapport du coroner dans la mort de la dame sur la rue Cabana [...] Tout ça s’est déroulé dans un contexte de pandémie qui est lourd pour la population et nos policiers. »

— Une citation de  Danny McConnell, directeur du SPS

Danny McConnell ne demeurera pas les bras croisés à sa retraite. Il évoque la possibilité d’enseigner en techniques policières au Cégep de Sherbrooke, et de rester impliqué dans certains conseils d’administration, comme celui de JEVI Centre de prévention du suicide - Estrie ou du centre de crise en santé mentale.

Pour rester encore au service de la population.

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