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Une mine de bitcoins installée secrètement est sommée de fermer

Des préfabriqués dans un champ.

L'entreprise Link Global a installé ces bâtiments préfabriqués remplis de serveurs informatiques sur un site inactif de gaz naturel.

Photo : Radio-Canada / David Bajer

Radio-Canada

Un drôle de bruit a conduit des résidents du comté de Sturgeon, dans le nord-ouest d’Edmonton, à la découverte d’une opération de cryptomonnaie qui s’était établie à l’insu de tous.

La Commission des services publics de l’Alberta (Alberta's Utilities Commission, ouAUC) a ordonné la fermeture de la mine de l’entreprise Link Global après plusieurs mois d’enquête.

Personne n’avait été prévenu

À l’origine de cette histoire, il y a un bruit qui a commencé à perturber le sommeil des habitants de Greystone Manor à l’automne. La petite communauté est située à 10 km au nord-ouest d’Edmonton.

C’était comme une vague, mais 10 fois plus fort et 100 fois plus énervant, raconte Jeff Kocuipchyk, le président de l’Association communautaire de Greystone Manor. Cela ressemblait au bruit d’un moteur d’avion sur le tarmac. Aucun des membres de ma famille ne pouvait dormir.

Après avoir entendu les mêmes plaintes de ses voisins, l’Albertain a relié la source du bruit à une ancienne installation de gaz naturel.

Depuis la fin du mois d’août 2020, l’entreprise vancouvéroise Link Global y puise les ressources d’un puits inactif de la calgarienne MAGA Energy pour alimenter quatre génératrices et faire fonctionner des milliers de serveurs informatiques.

Le problème, c’est que Link Global a installé cette mine de bitcoins sans prévenir ses voisins, le comté ou l'AUC.

Une enquête parsemée d’embûches

Les plaintes de 10 résidents ont déclenché une enquête de l'AUC. L’Alberta offre la possibilité aux producteurs d’électricité de s’établir sans autorisation si, notamment, l’électricité est pour la consommation exclusive de l’entreprise et que l’installation ne perturbe ni l’environnement ni les résidents.

En mars, les enquêteurs de l’AUC ont déposé une demande de fermeture temporaire de l’installation à cause du sérieux de la situation et du dommage potentiel.

Selon leurs termes, l’entreprise Link Global a d’abord soutenu qu’elle avait consulté toutes les parties nécessaires, puis s'est rétractée. Elle affirmait également avoir effectué une évaluation du bruit, mais le lien Internet fourni aux enquêteurs ne fonctionnait pas.

Le PDG de l’entreprise, Stephen Jenkins, admet ses erreurs.

« C’est ma faute. J’en prends l’entière responsabilité. Nous n’avons pas consulté les résidents. »

— Une citation de  Stephen Jenkins, PDG de Link Global

Il affirme que, dès les premières plaintes, l’installation a arrêté de fonctionner la nuit, et des mesures d’atténuation du bruit ont été mises en place.

Fermeture ordonnée

Le 19 août, la Commission a cependant décidé que Link Global avait contrevenu aux règlements albertains et ordonné la fermeture de l’installation du comté de Sturgeon ainsi que celle d’une autre mine. L’entreprise doit obtenir la permission pour reprendre ses activités ou prouver qu’elle peut bénéficier d’une exemption.

L'AUC considère comme sérieux le fait que Link Global a installé des centrales électriques dans une juridiction qu’elle ne connaissait pas et n’a pas utilisé un niveau de diligence raisonnable pour comprendre le régime réglementaire dans lequel se déroulaient ses activités , écrit l'AUC dans sa décision.

Cette dernière a toutefois fait preuve d’indulgence, puisque Link Global a reconnu ses torts et que les perturbations pour les personnes habitant à proximité ont été temporaires.

M. Jenkins estime que la décision est juste, mais il croit qu’elle va pénaliser le comté. Selon lui, ce type d’activités permet de réutiliser des ressources inactives tout en créant des emplois.

Le président de l’Association communautaire a, pour sa part, très hâte de voir les serveurs s'établir ailleurs.

D’autres sanctions pourraient être appliquées à l’entreprise pour s’être installée sans autorisation. Une décision sur cette question est attendue à l’automne.

D'après les informations de Sarah Rieger

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