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Le comité d'experts du REM de l'Est pourra critiquer le tracé aérien

Un train du REM sur rails.

Les premières voitures du REM, qui ne requerront pas de chauffeurs, sont déjà visibles sur le tracé de la première phase du projet.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Radio-Canada

Le groupe de spécialistes mandatés par Québec pour « assurer une intégration réussie du REM de l’Est au paysage urbain » aura toute la latitude permise pour réprouver le projet si nécessaire, assure sa présidente Maud Cohen.

Ce qui est très, très clair, c’est qu’on a les coudées franches dans nos recommandations, a-t-elle déclaré mardi en entrevue à Zone économie, sur ICI RDI.

Donc, s’il y a des éléments du projet qui nous rendent assez inconfortables pour qu’on ne soit pas capables de dégager de consensus, effectivement, on est prêts à aller de l’avant et les mentionner, a expliqué Mme Cohen à Gérald Fillion.

Cela dit, les 15 membres du comité d'experts souhaitent que le controversé tracé aérien du REM de l'Est apporte une valeur ajoutée à la vie urbaine de Montréal.

Mme Cohen évoque des projets comparables à Toronto, Miami, Sydney, Shanghai et Séoul, où des infrastructures de transport collectif en hauteur ont été construites de manière harmonieuse.

Donc, oui, effectivement, [notre mandat] risque de [rendre le tracé aérien du REM de l'Est] plus acceptable, reconnaît-elle. Mais ça risque aussi de rendre la vie urbaine plus agréable autour de l’infrastructure.

Maud Cohen en entrevue via le logiciel Skype.

Maud Cohen a réitéré mardi que le comité d'experts qu'elle dirige n'a pas reçu le mandat de se prononcer pour ou contre le tracé aérien du REM de l'Est. Mais ses membres pourront émettre des réserves s'il le faut, a-t-elle indiqué.

Photo : Radio-Canada

Le Comité d'experts multidisciplinaires sur l'architecture et l'intégration urbaine du REM de l'Est a été formé en mai dernier à la demande du gouvernement Legault. Ses recommandations sont attendues d'ici la fin de l'année.

Maud Cohen a déjà présidé l'Ordre des ingénieurs du Québec, de 2009 à 2012. Elle a également présidé le comité exécutif national de la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2013-2014, après avoir échoué à se faire élire sous la bannière de ce parti dans la circonscription de Laval-des-Rapides aux élections générales de 2012.

Un projet à 10 G$

Le REM de l'Est est un projet de train léger électrique reliant le nord et l'est de Montréal au centre-ville via deux tracés distincts. Il prévoit l'aménagement de 32 kilomètres de rails, dont 25 en hauteur. Les trains circuleraient toutefois sous terre sur une distance de sept kilomètres dans l'arrondissement de Montréal-Nord.

Ces installations, dont les coûts sont estimés à 10 milliards de dollars, seront connectées aux autres réseaux de transport collectif dans la région métropolitaine, dont la première phase du Réseau express métropolitain (REM), qui s'étend déjà sur la Rive-Sud, au centre-ville et dans l'Ouest-de-l'Île.

Une carte des réseaux du REM, du métro, du train de banlieue et du SRB.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le REM de l'Est se fondera dans une offre plus large d'infrastructures lourdes de transport en commun, promet CDPQ Infra.

Photo : CDPQ Infra

De nombreuses voix se sont élevées depuis le début de l'année pour demander au promoteur, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), d'envisager l'aménagement d'un tunnel sous le centre-ville. Son PDG Charles Emond soutient cependant que le projet aérien est le seul possible, essentiellement pour des raisons techniques.

Cette position a notamment poussé deux firmes d'architectes à quitter le navire, inquiètes de se voir associées à une infrastructure qui risque selon elles de défigurer le centre-ville. Elles ont été remplacées depuis par la société Lemay.

À ce jour, la CDPQ a toujours refusé de partager l'étude selon laquelle il serait impossible de construire un REM souterrain au centre-ville. Radio-Canada a toutefois appris mardi que le document serait rendu public dans quelques semaines, en septembre. Des modifications au REM de l'Est sont aussi attendues cet automne.

La mairesse Valérie Plante fait partie de ceux qui espèrent toujours que la CDPQ change d'idée. Il existe des solutions, dit-elle, notant qu'on a déjà mis, par exemple, le tronçon vers Montréal-Nord en souterrain.

Ce projet-là est fabuleux. Mais il faut que ce soit un bon projet, à court, à moyen et à long terme.

Une citation de :Valérie Plante, mairesse de Montréal

Ce qu’on entend d’un peu partout, que ce soit de Vancouver ou d’ailleurs, et les préoccupations qui ont été soulevées, autant par des experts que par la population, démontrent qu’il faut vraiment avoir le meilleur projet possible, a déclaré Mme Plante mardi, en marge d'une conférence de presse sur un autre sujet.

Avec des informations de Mathieu Prost

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