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Des habitations de transition pour les sans-abri divisent à Sudbury

Des tentes et des affaires de sans-abri sous un pont.

La Ville de Sudbury envisage la construction de 40 logements de transition pour lutter contre le sans-abrisme.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Sudbury pourrait bientôt bâtir ses premiers logements de transition pour pallier la crise de sans-abrisme qui s’est aggravée au cours des dernières années. Mais l’emplacement choisi, proche du quartier du Nouveau Sudbury, divise.

Le terrain vague, situé sur la paisible rue Lorraine, pourrait accueillir dans les prochaines années une quarantaine de logements de transition. L’objectif est d’aider les personnes en situation d’itinérance à sortir de la rue et se réinsérer dans la société.

Même si plusieurs habitants des maisons adjacentes s’entendent pour dire qu’un projet comme celui-ci doit voir le jour à Sudbury, certains craignent pour la sécurité de leur quartier.

Bobbi-Ann Santerre, une résidente du quartier Nickeldale, affirme que la Ville n’a ni consulté ni informé le public d’un tel projet.

Bobbi-Ann Santerre est dans son jardin.

Bobbi-Ann Santerre habite dans le quartier Nickeldale, à Sudbury, depuis près de 10 ans et craint l'arrivée de logements de transition pour les sans-abri.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Au début, je me suis dit qu’on allait aider les gens, mais j’ai commencé à me questionner : est-ce que les crimes vont augmenter? Est-ce qu’il y aura plus de police? Est-ce que la valeur de ma propriété va baisser?, s’inquiète la Sudburoise.

Mme Santerre se demande également si l’emplacement choisi est le plus adapté aux personnes en situation d’itinérance. Il n’y a aucun service ici, plaide-t-elle.

À quelques maisons de là, Terran Bainard, un locataire de longue date, ne s’inquiète pas de la construction de logements de transition.

Ils ont besoin d’un endroit où aller. Ils se font souvent chasser du centre-ville. Si c’est le seul endroit possible, et que ça reste sécuritaire, go for it.

Un emplacement incertain

Selon le conseiller municipal Robert Kirwan, le manque de communication de la Ville auprès des habitants de Nickeldale s’explique par un manque de temps.

La municipalité avait 60 jours pour concocter un plan et décider d’un emplacement après qu’elle ait reçu l’annonce de financement de plus de 7 millions $, le 30 juin dernier, par la Société canadienne d'hypothèques et de logement.

Du grillage en métal sur un terrain vague et des maisons de l'autre côté de la rue.

Le terrain vague est situé en face de plusieurs blocs d'appartements et de maisons sur la rue Lorraine.

Photo : Radio-Canada / Alice Zanetta

Le conseil municipal a approuvé l’emplacement du futur site le 17 août dernier. Mais une séance de discussion avec le public, qui devrait avoir lieu à l’automne, pourrait changer la donne, pointe Robert Kirwan.

Si les habitants du quartier que je représente ne veulent pas du projet, je ne l’imposerai pas, affirme le conseiller municipal du quartier 5.

Ce dernier soutient avoir reçu plusieurs critiques au sujet de l’emplacement du centre de transition. Ces craintes sont, selon lui, surtout dues à un manque de connaissance des logements transitionnels.

Ce n'est pas un endroit pour que les gens se droguent ou boivent de l’alcool. C’est un endroit pour ceux qui essaient de s’en sortir.

Une citation de :Robert Kirwan, conseiller municipal du quartier 5

Il y aura de l’accompagnement, des cliniciens sur place, explique M. Kirwan. Ce site doit aider les gens à faire face à leur problème de santé mentale, de drogues, d’alcool pour qu’ils soient capables de vivre dans un appartement et avec le reste de la société.

Selon Denis Constantineau, le directeur général du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury, il n’existe pas d’endroit idéal pour ce type de service. Le fait qu’il soit plus loin du centre-ville peut justement aider la personne à se réinsérer, avance-t-il.

Le logement d'abord

Lorsque la personne passe sa journée à se demander où elle va coucher le soir, elle n’est pas en mesure de traiter leur problème de santé mentale ou de toxicomanie. Cette approche du "logement d’abord" [que l'on retrouve grâce au logement de transition] est rodée et testée, soutient Denis Constantineau.

Il explique que les logements de transition pourront accueillir une partie des personnes qui campent dans les parcs municipaux, faute de logement.

Les gens n'habitent pas dans le parc Mémorial parce que c'est le fun. Ils sont là parce qu'ils n'ont pas d'option, tranche Denis Constantineau. Mais ce type de logement [de transition] n'est pas pour tout le monde.

L’acceptabilité sociale n’est pas le seul défi qu'affronte le projet. L’installation d’une clinique, qui est une partie intégrante des logements de transition, nécessite un financement supplémentaire de 2 millions $ par an, soutient le conseiller Kirwan.

Il estime aussi que la ville de Sudbury aurait besoin de 4 à 5 logements supplémentaires de transition pour répondre à la demande.

Radio-Canada s’est rendue sur deux sites à Sudbury où des personnes en situation d’itinérance campaient. Aucun d’eux n’a voulu donner une entrevue. Tous affirment cependant qu’il est nécessaire d’avoir des logements abordables dans la ville.

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