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L'inflation pèse sur le porte-monnaie des Canadiens

Des étiquettes de prix sur la tablette d'un magasin.

Selon Statistique Canada, le taux d'inflation était de 3,7 % au mois de juillet.

Photo : Radio-Canada

Avec la reprise progressive de l'économie, on observe une hausse des prix partout au pays. Certains Canadiens sont déjà contraints de changer leurs habitudes de consommation.

Si le début de la pandémie a été marqué par une baisse des prix, depuis le début de l’année, la tendance s’est inversée. En janvier, le taux d'inflation était de 1 %; il est passé à 3,7 % au mois de juillet. Du jamais vu depuis près de 10 ans.

L’économiste Pier-André Bouchard, professeur agrégé à l'École nationale d'administration publique (ENAP), anticipe un ralentissement de cette poussée d’inflation, parce que les autorités financières vont probablement tenter de l’endiguer en haussant les taux d'intérêt.

Il mise aussi sur une sortie à moyen terme de la crise liée à la pandémie. Dans ce cas, il pense que la suppression des aides gouvernementales d’urgence va limiter les dépenses des Canadiens et ensuite l’inflation.

Il faut dire que du jour au lendemain, des centaines de milliers de personnes qui avaient un revenu modeste se sont retrouvées avec des revenus (imposables) de près de 2000 $ par mois. Nombre d’entre elles ont dépensé plus que prévu, ce qui a participé à la hausse des prix.

Les prix devraient également se stabiliser dans les secteurs où ils ont été stimulés par la fermeture des frontières, comme la construction, les produits manufacturés importés, les loisirs, le tourisme local, l’hébergement, etc.

M. Bouchard note cependant que certains facteurs devraient perdurer, notamment les événements climatiques (inondations, sécheresse, incendies…) qui affectent les cultures, avec des conséquences sur le prix des fruits, des légumes et des céréales, mais aussi celui de la viande.

Des répercussions bien concrètes

En attendant un éventuel ralentissement de l'inflation, la situation commence à inquiéter certains consommateurs qui se retrouvent avec des budgets plus serrés.

C’est le cas de Laurence, rencontrée dans un supermarché de la région de Montréal. Fruits, légumes, viande, pâtisseries, mets préparés : elle constate que l'inflation s'est invitée dans la plupart des rayons du magasin.

Depuis le début de l'année, sa facture d'épicerie a grimpé de 50 $ par semaine environ. Pour deux personnes, son panier est donc passé de 100 à 150 $.

Cette jeune professionnelle a des revenus stables, et pourtant, elle a dû faire des choix.

Les repas préparés ont beaucoup augmenté; c'est pratique, mais je n'en achète plus, regrette-t-elle. Elle a aussi abandonné son forfait télé pour compenser ses dépenses à l'épicerie.

Une autre cliente du supermarché, qui ne voulait pas être identifiée, a été attirée par une promotion après avoir étudié attentivement les circulaires.

Je fais des miracles avec pas grand-chose en allant d'un endroit à l'autre, nous confie cette retraitée tout en empilant les boîtes de soupe dans son panier. Elle précise que la hausse des prix la pousse à chasser les aubaines dans différents magasins de son quartier.

Il faut faire attention au budget, sinon on se casse le cou, conclut-elle, déplorant le fait que les pensions de retraite ne soient pas assez élevées à son goût.

Johanne LeBlanc.

Johanne Le Blanc, consultante budgétaire à Option consommateurs, à Montréal

Photo : Vincent Rességuier

Déjà difficile pour des personnes avec de faibles revenus

Au mois de juillet, l'Indice des prix à la consommation a augmenté de 4,2 % dans la région de Montréal. Transport, logement, alimentation, santé... l’inflation concerne les secteurs de dépense les plus importants pour les ménages.

Il y a des calculs, des choix qui sont très difficiles à la fin du mois.

Une citation de :Johanne Le Blanc, Option consommateurs

Johanne Le Blanc, consultante budgétaire à Option consommateurs, constate des répercussions immédiates pour les personnes avec des revenus modestes; en particulier les bénéficiaires de l’aide sociale ou les retraités dont le montant des indemnités demeure stable.

Elle rappelle que la moitié des personnes à la retraite sont dépendantes des pensions versées par les deux gouvernements. Ces personnes-là sont sous le seuil de la pauvreté, explique la consultante budgétaire. Comme leur revenu n’augmente pas, elles se retrouvent rapidement dans des situations problématiques.

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