•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Passeport vaccinal ne rimera pas avec retour à la normale

Une main qui tient un téléphone cellulaire sur lequel est affiché une preuve vaccinale.

Un projet pilote de preuve vaccinale obligatoire en restaurant a eu lieu à Québec.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Le passeport vaccinal n’entraînera aucun allégement des mesures sanitaires, au grand dam de plusieurs commerçants qui espéraient un retour à la normale, ou presque, le 1er septembre.

On aime mieux ne pas faire d’allégements, a affirmé le ministre de la Santé, Christian Dubé, à l’occasion d’une mise au point sur l’implantation du passeport vaccinal, mardi.

Pour le directeur national de santé publique, il s’agit de jouer de prudence – et de protéger les non-vaccinés et les plus vulnérables.

Même si vous êtes vacciné deux doses [...], vous pouvez quand même transmettre le virus, a confirmé le Dr Horacio Arruda.

Une prudence qui fait l’effet d’une douche froide pour Gabriel Hardy, propriétaire du gym Le Chalet, à Québec, et porte-parole provincial du Conseil canadien de l’industrie du conditionnement physique (CCICP).

Un centre d'entraînement, le modèle d'affaires, c'est d'accueillir le plus de gens possibles dans le plus petit pied carré possible. Et là, on fait en sorte que je n'ai pas mon volume, déplore-t-il.

Un lourd fardeau pour les restos

La distanciation, le port du masque et la capacité d’accueil limitée vont demeurer au-delà du 1er septembre. Les commerçants, qui doivent déjà veiller au bon respect de nombreuses consignes dans leur établissement, devront de plus contrôler le statut vaccinal de leur clientèle.

Ça va être un lourd fardeau pour nos membres, cette mesure-là, prévoit François Meunier, de l’Association Restauration Québec. On a déjà énormément de responsabilités, alors ça s'ajoute. On aurait aimé avoir des assouplissements, mais le gouvernement veut être prudent…

Il rappelle la longue liste de vérifications et de consignation qui doit être réalisée avant même que le client s’installe à table.

Chaque personne de 13 ans et plus devra présenter un code QR, ou une preuve vaccinale. On devra vérifier l'identité de la personne avec une pièce d'identité, et ensuite, on devra toujours avoir le registre, qui permet de retrouver les gens en cas d'éclosion.

Une citation de :François Meunier, vice-président aux affaires publiques, Association Restauration Québec

Les gyms exaspérés par le maintien des mesures

Dans les salles de sport, la clientèle, surtout composée d’abonnés, n’aura pas à prouver sa vaccination chaque fois qu’il se rend à l’entraînement. Eve Fortin, directrice du centre de boxe Empire Académie, explique qu’elle consignera les clients ayant présenté une preuve vaccinale dans un registre. Nul besoin, selon elle, de vérifier le code QR chaque fois.

Il y a quelques clients qui m'ont approchée en me disant qu'ils souhaitaient mettre fin à leur abonnement, explique la directrice. Presque la totalité de notre clientèle est vaccinée; ce n'est donc pas un enjeu pour eux que la semaine prochaine, ils doivent fournir une preuve vaccinale.

Eve Fortin aurait toutefois aimé que le gouvernement lève les restrictions qui limitent la capacité d’accueil. Actuellement, dit-elle, Empire Académie fonctionne seulement au tiers de sa capacité.

C'est [cette mesure-là] qui nous coûte cher, souligne Eve Fortin.

Gabriel Hardy partage son avis. Selon lui, le maintien des mesures menace de fermeture plusieurs salles d’entraînement, particulièrement les plus petites.

Pour un petit centre de yoga ou un centre de spinning [cardiovélo], garder le 2 m, ça devient beaucoup plus problématique, explique le porte-parole québécois de la CCICP. Ça coupe drastiquement la capacité d'accueil, donc le modèle d'affaires, et même juste la capacité de survivre à la crise.

Le propriétaire du gym Le Chalet voit poindre la fin des aides financières qui ont permis à beaucoup d’entreprises de traverser les vagues de fermeture et de réouverture depuis un an et demi. Il s’en inquiète.

Si cette aide-là – qui doit cesser en septembre ou en octobre – n'est pas renouvelée et qu'on a encore des mesures, encore la distanciation, encore le masque, et qu'on ajoute à ça un pourcentage de nos clients perdus en raison du passeport, c'est presque signer l'arrêt de mort de plusieurs commerces au Québec.

Une citation de :Gabriel Hardy, porte-parole québécois du Conseil canadien de l'industrie du conditionnement physique

Bien reçu dans le milieu culturel

Du côté du Grand Théâtre de Québec, l’instauration du passeport vaccinal reçoit un accueil favorable.

Pour les salles de spectacle, la mesure assure le maintien des programmations, après une dernière année et demie marquée par l’annulation répétée de spectacles longuement préparés.

Jean-François Hermel, directeur des communications du Grand Théâtre, estime que le passeport vaccinal doit aussi permettre d’assouplir les autres règles prochainement.

Ce qu'on espère, c'est que le contrôle de la quatrième vague, avec le passeport vaccinal, permette d'aller encore plus loin, de réduire davantage la distanciation entre les gens pour que ceux qui sont doublement vaccinés puissent revivre des expériences comme dans l'ancien temps dans nos salles de spectacle.

Une citation de :Jean-François Hermel, directeur des communications du Grand Théâtre

Le gouvernement accorde une période de grâce de deux semaines pour laisser aux commerces le temps de s’adapter à l’implantation du passeport vaccinal. Au-delà de ces 14 jours, des amendes, voire des fermetures pourraient être imposées aux commerçants récalcitrants.

Avec les informations de Guylaine Bussière

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !