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Pas de lixiviat dans le lac Memphrémagog pour trois autres années, selon des élus

Le lac Memphrémagog.

Selon des élus estriens, le Vermont devrait prolonger un moratoire de trois ans pour protéger le lac Memphrémagog.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Emy Lafortune

Depuis 2019, un moratoire de quatre ans empêchait le site d’enfouissement de la ville de Coventry, au Vermont, de déverser son lixiviat (« jus de poubelle ») dans le lac Memphrémagog et de le faire traiter au site d’épuration de Newport, situé à l’embouchure du lac. Selon un communiqué de presse envoyé par des élus de la région, l'Agence des ressources naturelles du Vermont (ANR) a l'intention de prolonger ce moratoire de trois ans.

Dans son communiqué, le regroupement d’élus de la région s'est dit soulagé de la prolongation du moratoire.

Il indique cependant vouloir rester vigilant face à toute contamination potentielle du lac.

Nous savons qu’ANR s’appuie sur des données scientifiques pour orienter ses décisions, mais comme le lac représente une source d’eau potable pour 175 000 citoyens, nos attentes en matière de certitude scientifique sont très élevées. La population de l’Estrie souhaite que l’interdiction devienne permanente, et c’est le rôle des élus de travailler en ce sens , indique Gilles Bélanger, député d’Orford et membre du regroupement.

Une rencontre publique virtuelle est d’ailleurs prévue mardi soir avec des représentants du Vermont pour faire le point sur la protection de la qualité de l’eau du lac Memphrémagog. Des élus en profiteront pour réitérer les demandes des Estriens quant à la protection du lac.

Rappelons que la Ville de Sherbrooke et le gouvernement du Québec se sont récemment prononcés en faveur d’un moratoire permanent dans ce dossier. Des analyses réalisées l’automne dernier et ce printemps ont en effet montré que des traces de substances polyfluoroalkyliques (SPFA), des composés toxiques, s’étaient rendus jusqu’à Sherbrooke. Même si leur quantité était faible et que leur provenance était nébuleuse, cette découverte a inquiété les élus.

« Une bonne nouvelle », selon des résidents

Au micro de Par ici l'info, le président de l’organisme Memphrémagog conservation inc., Robert Benoît, s'est aussi réjoui de cette nouvelle.

Ce n’est pas seulement le moratoire, c’est qu’il y a une prise de conscience du côté américain qu’il y a un problème.

Une citation de :Robert Benoît, président de Memphrémagog conservation

On gagne trois ans, et c’est une bonne nouvelle. Ces affaires-là, on ne les gagne jamais toutes d’un coup, indique M. Benoît.

La bataille est en effet loin d’être finie, croit-il. Ce qu’ils vont essayer de démontrer, c’est qu’ils peuvent traiter tout ça et éventuellement l’envoyer dans le lac.

Robert Benoît prononcera aussi un discours à la rencontre publique de mardi soir. Dans une copie de son texte, il soutient notamment qu’une goutte d'eau de Newport ou du lixiviat de Coventry voyagera vers le nord pendant deux ans dans le lac avant d’atteindre la rivière Magog. Tous les contaminants chimiques dans cette goutte d'eau causeront des dommages silencieux aux poissons, à l’eau, aux sédiments, aux plages et à l’écosystème pendant ce périple de 700 jours. À la fin de ce voyage, ils causeront des dommages à la santé des 175 000 Canadiens qui boivent cette eau*.

Il souligne aussi que les risques liés aux contaminants ne disparaîtront pas après la fin du moratoire, d’où l’importance de le rendre permanent.

* Traduit de l'anglais par Radio-Canada

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