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Laissée en douleur dans un hôpital de Toronto

Une femme avec un soluté, en larmes.

Julie Costen a été admise à l’hôpital pour des douleurs abdominales.

Photo : Photo: Julie Costen

Radio-Canada

Une femme accuse des médecins de Toronto de ne pas avoir pris sa douleur au sérieux.

Julie Costen s'est présentée à l’urgence de l’Hôpital Michael Garron, dans l’est de Toronto, en raison de douleurs abdominales. Elle affirme qu’après l’avoir admise, les médecins ont refusé de lui administrer des antidouleurs.

La femme de 29 ans souffre de névralgie du trijumeau. L’atteinte d’un nerf provoque des douleurs et des spasmes du côté droit de son visage. En plus d’une douleur constante, Julie Costen endure fréquemment des vagues de douleurs qui nécessitent une hospitalisation.

Plusieurs contenants de médicaments déposés sur une table.

Les médicaments que doit prendre la femme de 29 ans quotidiennement incluent des antidouleurs, des médicaments pour prévenir les convulsions et d'autres contre la nausée.

Photo : Radio-Canada

Elle doit prendre régulièrement des médicaments contre la douleur et contre les convulsions.

Julie Costen affirme que l’équipe médicale responsable de son dossier après avoir été admise a non seulement refusé de traiter sa douleur abdominale, mais qu'elle aurait aussi refusé de lui administrer la dose d’antidouleurs déjà prescrite pour son état de santé. Les médecins lui auraient plutôt suggéré d’attendre le lendemain pour discuter avec un conseiller en dépendances.

On m'accuse d’être à la recherche de drogue, d’inventer mes symptômes.

Une citation de :Julie Costen

La jeune femme soutient avoir été laissée sans traitement pendant plusieurs heures, en douleur, avant que son problème de santé puisse être confirmé et son accès à ses médicaments restauré.

Le service des communications de l’Hôpital Michael Garron a fourni une déclaration écrite à Radio-Canada.

Les responsables de l’hôpital refusent de commenter le dossier d’un patient en particulier, mais soulignent que la crise des opioïdes a exacerbé la situation déjà complexe de la prescription de médicaments contre la douleur.

Un équilibre fragile

La Dre Andrea Furlane, qui se spécialise dans le traitement de douleurs chroniques, affirme que la stigmatisation des opioïdes est un problème de plus en plus important.

Selon elle, la crise des surdoses, exacerbée par la pandémie, pousse les médecins à être de plus en plus hésitants à les prescrire.

Pourtant, souligne la médecin qui œuvre à l'Institut de réadaptation de Toronto, les opioïdes sont parfois le seul outil qui permet à un patient atteint de douleurs d’être fonctionnel.

La Dre Furlane ajoute que ses patients disent souvent souffrir de stigmatisation liée à leur douleur : Ils doivent convaincre leur famille, leur docteur, leurs proches qu’ils sont vraiment malades. C’est triste, souligne-t-elle.

Mes patients me disent souvent qu’ils préféreraient avoir une maladie visible, comme une amputation, pour prouver qu’ils souffrent.

Une citation de :La Dre Andrea Furlane, médecin à l'Institut de réadaptation de Toronto (UHN)

Pour Julie Costen, cette récente expérience a ébranlé sa confiance dans le système hospitalier.

J’hésiterai à me rendre à l’hôpital en sachant qu’on peut enlever mes médicaments à tout moment, souligne-t-elle.

Mme Costen a déposé une plainte auprès du service aux patients de l’Hôpital Michael Garron.

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