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Grève : Olymel prévoit la suppression de 500 emplois si aucune entente n'est conclue

L'usine d'Olymel à Vallée-Jonction.

L'usine d'Olymel à Vallée-Jonction (archives)

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

La direction d'Olymel prévoit de réduire les activités à l'usine d'abattage de Vallée-Jonction. Cela se traduit par l'abolition du quart de travail de soir, qui entraînera la perte de plus de 500 postes.

Cette décision entrera en vigueur si aucune entente n’est conclue et acceptée par les membres du syndicat d’ici le dimanche 29 août à 24 heures, indique la direction de l'entreprise québécoise de transformation de viande dans un communiqué diffusé mardi en début d'après-midi.

Cette décision entraînera la perte de plus de 500 postes et des préavis de cessation d’emploi de 4 mois seront dès lors expédiés aux employés affectés par cette décision dans le respect des normes du travail en vigueur au Québec, peut-on lire également.

Les travailleurs de l’usine d’Olymel de Vallée-Jonction sont en grève depuis le 28 avril. Et aucune entente n'a été signée à l'issue d'une vingtaine de rencontres de négociation entre les parties. Au cœur du litige, notamment : les salaires, la durée de la convention collective et l’horaire du quart de travail de soir.

Les dirigeants syndicaux doivent reconnaître que leur stratégie a été un échec. En tant qu’employeur responsable, Olymel n’a d’autres choix que de déployer tous les moyens à sa disposition pour réduire les impacts négatifs de cette grève qui dure depuis maintenant quatre mois, justifie Paul Beauchamp, premier vice-président d'Olymel.

Réduction de la production

En entrevue à Radio-Canada, M. Beauchamp a précisé les nouvelles mesures envisagées par la direction dans les prochains mois.

Pour l’entreprise, ça va vouloir dire réduire sa production de 15 à 17 000 parts par semaine. Donc, on va revoir nos approvisionnements et on aura une lecture à moyen et long terme de l’écoulement qu'on fera des produits que nous allons nous engager à recevoir, explique-t-il.

L'entreprise envisage de réduire son volume d'approvisionnement aussi.

On va vendre davantage de porcelets à l’extérieur pour faire face à la situation au cours des prochains mois et on va vendre le plus grand nombre de porcs destinés à l’abattage. Ça, ça va avoir pour effet que, oui, on va vendre davantage d’animaux vivants qui ne seront pas abattus ou élevés au Québec, ajoute le premier vice-président.

À ses yeux, cela permettra à l'entreprise d'avoir une prévisibilité acceptable plutôt qu’une gestion à la petite semaine.

Paul Beauchamp, premier vice-président d'Olymel.

Paul Beauchamp est le premier vice-président d'Olymel.

Photo : Radio-Canada

La direction prête à négocier

Il y a une semaine, les travailleurs ont rejeté à 57 % la convention collective qui leur a été présentée. Toutefois, la direction de l'entreprise se dit prête à apporter des modifications à cette entente.

L’employeur est toujours disposé à faire des réaménagements à l’intérieur des paramètres de l’entente de principe du 14 août dernier, mais ne pourra d’aucune manière revoir les aspects monétaires de cette entente à la hausse sous peine de compromettre la viabilité de l’usine et sa capacité à faire face à la concurrence, précise M. Beauchamp.

Depuis, le ministre du Travail, Jean Boulet, a nommé un médiateur spécial, Jean Poirier, qui agissait comme conciliateur en 2007 lors du précédent conflit à Olymel.

D'ici dimanche, la direction de l'entreprise se dit toujours à la disposition du médiateur spécial, qu'elle a rencontré à trois reprises depuis le 19 août.

Ce matin, nous avons notre troisième rencontre avec le médiateur spécial qui nous a transmis encore une fois une nouvelle demande de la partie syndicale. [...] Même le médiateur a suspendu le processus ce matin devant une certaine forme d’intransigeance du syndicat qui a déposé ses demandes qui sont non négociables, ajoute M. Beauchamp.

Jean Boulet en conférence de presse.

Le ministre québécois du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet (archives)

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Abasourdi

Chez les Éleveurs de porcs du Québec, on est abasourdi par la nouvelle et on demande aux partis de trouver une solution. Un nombre record de 166 080 porcs étaient en attente d'être abattus au Québec en date de vendredi dernier, précise son porte-parole Frédéric Labelle.

L'association a déploré à plus d'une reprise l'impact du conflit sur les conditions de vie des porcs ainsi que sur les revenus des éleveurs.

Plusieurs cochons vivent à l'étroit dans une porcherie.

166 080 porcs étaient en attente d'être abattus au Québec en date de vendredi dernier. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Olymel représente 80 % de la capacité d'abattage de porcs au Québec, selon de l'Union des producteurs agricoles du Québec (UPA).

Avec les informations de Christiane Latortue et de La Presse canadienne

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