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Charlie Watts, le batteur des Rolling Stones, est mort à 80 ans

L'homme joue de la batterie sur scène.

Le batteur Charlie Watts

Photo : Getty Images / Kevin Winter

Radio-Canada

Le batteur des Rolling Stones, Charlie Watts, est décédé mardi à Londres à l'âge de 80 ans, a annoncé son agent, Bernard Doherty, déplorant la disparition de « l'un des plus grands batteurs de sa génération ».

C'est avec une immense tristesse que nous annonçons le décès de notre cher Charlie Watts, a indiqué dans un communiqué Bernard Doherty, précisant qu'il était décédé paisiblement dans un hôpital de Londres plus tôt dans la journée, entouré de sa famille.

Le batteur, qui avait fêté ses 80 ans en juin, était membre des Rolling Stones depuis 1963. Avec le leader Mick Jagger et le guitariste Keith Richards, Charlie Watts faisait partie des plus anciens membres du célèbre groupe de rock britannique, qui a vu défiler Bill Wyman, Mick Taylor ou encore Brian Jones.

Les Rolling Stones

Les Rolling Stones

Photo : Reuters / Ivan Alvarado

Des problèmes de santé

Au début du mois, son porte-parole avait annoncé que Charlie Watts devait se retirer de la prochaine tournée américaine des Rolling Stones en raison d’une procédure médicale dont il devait se remettre.

Je travaille fort pour revenir en pleine forme, mais j’ai accepté les conseils de spécialistes qui disent que ça va prendre du temps, avait alors affirmé le batteur dans un communiqué.

En 2004, M. Watts avait été soigné pour un cancer de la gorge à l'hôpital Royal Marsden de Londres, dont il s'était remis après quatre mois de soins, dont six semaines de radiothérapie intensive.

Quatre hommes sont sur scène.

Les Rolling Stones en concert à Nanterre, près de Paris, en octobre 2017.

Photo : Associated Press / Michel Euler

Une vie plus calme que celle des autres membres du groupe

Avec son visage impassible et son talent unanimement reconnu en matière de rythmique binaire, Charlie Watts offrait sur scène le parfait contrepoint aux déhanchements frénétiques de Mick Jagger et aux pitreries électriques des guitaristes Keith Richards et Ronnie Wood.

Pendant que ses amis multipliaient les divorces, les dépendances, les arrestations et les folles engueulades, selon un inventaire dressé par le Mirror, Charlie Watts, le taiseux, passait une vie sereine aux côtés de Shirley Shepherd, sa femme depuis 50 ans, et leur fille, Seraphina, dans leur haras pour pur-sang arabes du Devon, en Angleterre.

Pendant 50 années de chaos, le batteur Charlie Watts a représenté le calme au milieu de la tempête Rolling Stones, aussi bien sur la scène qu'en dehors, estimait le tabloïd britannique en 2012.

Le musicien n'a toutefois pas été totalement imperméable aux dépendances du groupe. Dans les années 1980, il a suivi une cure de désintoxication à l'héroïne et à l'alcool. Mais il assurait avoir totalement décroché. Cela a été très court pour moi. J'ai juste arrêté, ce n'était pas quelque chose de difficile pour moi, confiait ce musicien taciturne.

Mort de Charlie Watts

Du jazz au rock

Né le 2 juin 1941 à Londres, Charlie Watts est venu à la musique par le jazz. C'est son voisin Dave Green qui l'y a initié à 13 ans. Ils ont formé 30 ans plus tard le quartette The A, B, C & D of Boogie-Woogie.

Nous écoutions ensemble Duke Ellington, du Chet Baker et du Charlie Parker, et c'était tout ce que nous rêvions de faire, a raconté cet amateur du swing à l'AFP en 2011.

Autodidacte en batterie, le musicien a appris à jouer à l'oreille, en regardant les joueurs dans les clubs de jazz londoniens. Je ne suis jamais allé dans une école pour apprendre à jouer du jazz. Ce n'est pas ce que j'aime. Ce que j'aime dans le jazz, c'est l'émotion.

Tout au long de sa carrière avec les Rolling Stones, celui qui tenait ses baguettes à l'envers en frappant avec le gros bout a continué en parallèle le jazz. Il a enregistré plusieurs disques sous son nom avec un quintette (Charlie Watts Quintet) puis un dixtuor (Charlie and the Tentet Watts).

Après des études d'art, il a travaillé comme graphiste dans une grosse agence de publicité et a joué, sur cachet, avec une kyrielle de groupes de jazz à Copenhague, puis à Londres. Il a fini par se laisser convaincre en 1963 de rejoindre les Rolling Stones, alors une petite formation balbutiante.

Je suis béni, disait Keith Richards. Le premier batteur avec qui j'ai commencé est l'un des meilleurs au monde. Avec un bon batteur, on est libre de faire tout ce qu'on veut.

Mais Charlie Watts a toujours affiché une modestie sans faille. Pour lui, jouer dans un quartette de jazz intimiste ou dans des stades avec les Rolling Stones, ce n'[était] pas si différent.

De gauche à droite : le guitariste Mick Taylor, le batteur Charlie Watts, le chanteur Mick Jagger, le guitariste Keith Richards et le bassiste Bill Wyman.

Les Rolling Stones, au Saville Theatre, à Londres, le 14 décembre 1969

Photo : Associated Press

Des envies de quitter les Rolling Stones

Avec le temps, il était devenu indifférent, en apparence du moins, aux perspectives de séparation du groupe. Annoncer la tenue d'un dernier concert ne serait pas un moment particulièrement triste pour moi. Je continuerai à être ce que j'étais hier ou aujourd'hui, confiait-il en 2018 au magazine New Musical Express (NME), alors que la bande de septuagénaires préparait une nouvelle tournée.

Celui qui a été adoubé comme le douzième meilleur batteur de tous les temps par le magazine Rolling Stones reconnaissait en toute honnêteté avoir eu plusieurs fois envie de quitter le groupe.

À la fin de chaque tournée, je m'en allais. On travaillait pendant six mois aux États-Unis et je disais : "C'est fini, je rentre à la maison." Puis, deux semaines plus tard, je me mettais à tourner en rond et ma femme me disait : "Pourquoi ne retournes-tu pas travailler? Tu es un cauchemar."

Avec les informations de Agence France-Presse

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