•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Troisième lien : Blanchet se dit « sensible » aux arguments des gens de la Rive-Sud

Le chef parle derrière un lutrin dans un champ agricole.

Le chef du Bloc québécois, Yves-Francois Blanchet, donne un point de presse à Pont-Rouge en compagnie de son candidat local, Christian Hébert.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le chef du Bloc québécois a, pour la toute première fois, révélé ses couleurs dans le dossier du troisième lien de Québec, mardi, alors qu'il effectuait un arrêt de campagne pour parler de pesticides à Pont-Rouge.

Au début de la campagne, Yves-François Blanchet avait indiqué que son parti demeurerait neutre quant au projet de construction d'un tunnel entre Québec et Lévis, affirmant qu'en tant que parti fédéral, il n'avait pas à avoir d'opinion sur ce projet.

Il s'était ainsi dressé en protecteur des champs de compétence de la province, conformément au mandat du Bloc québécois. On peut être pour le troisième lien. On peut être contre le troisième lien, mais on ne peut pas être contre le fait que c’est une décision qui appartient à Québec et qui n’appartient qu’à Québec, avait-il déclaré alors qu'il se trouvait à Québec, au lendemain du déclenchement des élections.

Pressé sur le sujet mardi, le chef a d'abord répété sa volonté de défendre la juridiction du Québec dans ce projet. Mais, devant les questions d'une journaliste qui le taxait de choisir la facilité en ne prenant pas position sur le fond du dossier, vous commencez à me tenter pas mal, a-t-il admis, un sourire en coin, avant d'étayer sa position.

J’habite à Lévis. Ou j’habite à Montmagny. Il faut que je me rende au centre-ville de Québec. Il y a un projet qui dit : je vais te couper une heure de route. Que je le fasse avec du transport collectif, que je le fasse avec mon auto, a-t-il expliqué.

On dit, sur des bases qui relèvent souvent de l’idéologie, d’intérêts partisans : non, tu n’auras pas droit à ça. Ça, ça me rend assez sensible aux arguments de la Rive-Sud de Québec, vraiment.

Sur le plan environnemental, il a dit être convaincu que le projet peut être écologique. Québec est parfaitement conscient que ce projet a un potentiel positif en matière d’environnement, et c’est à eux de le réaliser; ce n’est pas à moi, a ajouté M. Blanchet.

Donc vous appuyez le projet? lui ont lancé des journalistes. Je ne l'haïs pas, je ne l'haïs pas, a-t-il répondu.

Or, une fois à Wendake en après-midi pour parler de sa volonté de réclamer l'abolition de la Loi sur les Indiens, le chef a rapidement laissé tomber son ton bon enfant pour se montrer irrité par les questions concernant le troisième lien. Il n'a ainsi pas voulu préciser ce qu'il entend lorsqu'il évoque le potentiel positif du projet en matière d'environnement.

Je ne veux rien dire de plus que ce que j’ai dit ce matin. [...] Je pense avoir été clair et je pense qu’il y a, dans l’exercice, un moment où on peut clore momentanément un sujet pour se consacrer à un autre.

Le troisième lien n’est définitivement pas le thème de notre journée. Et, en tout respect, vraiment, je n’aime pas faire ça, mais ma campagne électorale ne porte pas sur le troisième lien, justement parce que c’est de juridiction québécoise, a-t-il tranché.

M. Blanchet s'est tout de même dit convaincu que les candidats bloquistes de la région de Québec partagent son opinion sur le projet.

Une question incontournable dans la région

Le chef bloquiste espère faire élire environ 40 députés lors du scrutin du 20 septembre prochain. Dans la région de Québec, il souhaite ainsi faire des gains aux dépens du Parti conservateur. Sept des 10 députés conservateurs dans la province représentent des circonscriptions de cette région.

Le député conservateur de Bellechasse–Les Etchemins–Lévis, Steven Blaney, qui ne sollicite pas de sixième mandat, s'est toujours dit en faveur du troisième lien. La candidate conservatrice dans la circonscription, Dominique Vien, a d'ailleurs lancé sa campagne en érigeant le dossier au rang de priorité.

Le gouvernement de François Legault réclame actuellement qu'Ottawa assume 40 % des coûts de la future infrastructure, ce à quoi a promis d'accéder le Parti conservateur s'il est porté au pouvoir.

Avant le déclenchement des élections, le fédéral avait opposé une fin de non-recevoir à M. Legault, plaidant qu'il ne finance plus les projets autoroutiers. Le Parti libéral est toutefois ouvert à financer la portion du projet qui est liée aux transports en commun, une position partagée par le Nouveau Parti démocratique.

Dans sa forme actuelle, le projet réserve deux des six voies du tunnel aux transports collectifs. La facture est évaluée entre 6 et 7 milliards de dollars, mais Québec indique qu’à ce stade-ci, les coûts pourraient dépasser de 10 à 35 % leur évaluation initiale. La facture finale pourrait donc frôler les 10 milliards de dollars.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !