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3 facteurs clés à surveiller pour la 4e vague de COVID

Une femme marche devant une affiche qui encourage les gens à se faire vacciner à un centre de vaccination à Napanee, en Ontario.

Au Canada, environ 63 % de la population totale est désormais complètement vaccinée.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Radio-Canada

Il est difficile de prédire exactement comment le Canada s'en sortira lors de la quatrième vague de la pandémie de COVID-19. Plusieurs experts croient que quelques facteurs clés sont à surveiller alors que le variant Delta continue de se propager.

Le Canada pourrait mieux s'en tirer que de nombreux autres pays dotés de mesures de santé publique similaires, grâce à un taux de vaccination élevé et à une approche unique, selon le spécialiste des maladies infectieuses à l'Université McMaster, Matthew Miller.

Les personnes vaccinées au Canada s’en tireront mieux que les personnes vaccinées presque partout ailleurs, grâce à l’utilisation des vaccins à ARN messager, au mélange des vaccins et aux intervalles prolongés, dit-il.

Il indique également qu’un ensemble de mesures sera toujours nécessaire pour contrôler efficacement la pandémie, car celles-ci vont avoir une influence profonde sur la façon dont la population vivra la quatrième vague.

Une famille masquée joue dans une salle d'arcade.

Plusieurs experts soulignent la nécessité de conserver certaines mesures de santé publique pour empêcher la croissance des cas.

Photo : La Presse canadienne / Peter Power

1. Un fort taux de vaccination

Malgré un démarrage lent, le Canada est rapidement devenu l'un des pays les plus vaccinés du monde contre la COVID-19.

Environ 63 % de la population totale est désormais complètement vaccinée, et ce pourcentage continue à augmenter lentement.

La virologue Alyson Kelvin de l’Université de la Saskatchewan croit que le taux de vaccination relativement élevé au Canada est de bon augure. Ce sera notre plus grande source de protection, dit-elle.

Bien que les taux de vaccination élevés n'aient pas entièrement empêché les infections à la COVID-19 dans d'autres régions du monde, ils ont sensiblement réduit les cas de maladie grave par rapport aux éclosions antérieures du coronavirus.

Par exemple, en Espagne, un pays qui a un taux de vaccination d'environ 66 %, un pourcentage un peu plus élevé qu'au Canada, la dernière vague d'infections a fait grimper le nombre de décès quotidiens dus au virus, mais ce nombre est demeuré loin des niveaux observés lors des vagues précédentes.

En Islande, où environ 72 % de la population totale est entièrement vaccinée, les taux d'hospitalisation pour la COVID-19 sont restés faibles même si les infections ont augmenté. Et le pays n'a enregistré aucun décès en raison du virus depuis mai.

Selon Matthew Miller, de l'Université McMaster, il est essentiel pour le Canada d'augmenter le plus possible son taux de vaccination en améliorant l'accès au vaccin, en encourageant ceux qui hésitent encore à se le procurer, et en le rendant obligatoire dans certains contextes, en particulier pour persuader les plus jeunes. Il croit d'ailleurs que les passeports vaccinaux devraient pousser ces personnes à se faire vacciner.

La vaccination fera la plus grande différence, je pense, pour ce groupe plus jeune qui est un peu en retard en ce moment, ajoute-t-il.

Déjà, il existe une mosaïque de politiques concernant la vaccination dans les établissements de santé, les salles de concert, les universités et divers niveaux de gouvernement à travers le pays, mais l'incidence de ces politiques sur la prise du vaccin n'est pas encore évaluée au pays.

2. Retarder et mélanger différents vaccins

Une seringue est plantée dans une fiole de vaccin.

Selon des experts, le mélange des vaccins pourrait être profitable au Canada.

Photo : CBC / Robert Short

La stratégie de vaccination du Canada était assez peu orthodoxe à plusieurs égards, donnant aux Canadiens la possibilité de mélanger différentes formes de technologies vaccinales et d'espacer les doses.

Instituée par nécessité lors d'une pénurie, la démarche a suscité la controverse et a même fait dérailler les plans de voyage de certains Canadiens après que certains pays et compagnies de croisière eurent refusé d'accepter des personnes ayant reçu deux vaccins différents.

Mais selon Matthew Miller, qui est affilié au Comité consultatif national sur l’immunisation du Canada, les recommandations étaient enracinées dans des décennies de recherches scientifiques. Elles pourraient avoir une profonde influence sur la longévité de la réponse immunitaire.

L’expert croit que la route unique prise par le Canada, qui permet aux gens d'obtenir des deuxièmes doses bien plus tard que ne le recommandent les fabricants, représente probablement un meilleur pari que de s'en tenir aux délais rapides utilisés dans les essais cliniques.

Nous savons comment mélanger et assortir les vaccins, nous savons que les délais entre les doses donnent vraiment un meilleur effet protecteur global de la vaccination, affirme Alyson Kelvin, qui rappelle que des recherches supplémentaires sont cependant encore nécessaires.

La Dr Allison McGeer, médecin spécialiste des maladies infectieuses à l'hôpital Mount Sinai de Toronto, explique, de son côté, que des études émergentes commencent à étayer les premières recommandations concernant le mélange de différentes technologies vaccinales, en mettant l'accent sur l'utilisation d'options très efficaces basées sur l'ARN messager.

D'après ce que nous savons, les deux meilleures doses à avoir sont probablement AstraZeneca suivie de l'un des vaccins à ARN messager, a-t-elle déclaré, en faisant référence aux vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna. C'était donc un très bon choix pour le Canada, je pense, de faire cette recommandation - et presque certainement mieux que deux doses d'AstraZeneca, ajoute-t-elle.

La spécialiste se demande par contre si ce choix entraînera une grande différence dans la façon dont le pays se comportera dans la quatrième vague.

3. Mesures et restrictions de santé publique

Pour gagner du temps pendant que davantage de Canadiens se font vacciner, plusieurs experts soulignent la nécessité de conserver certaines mesures de santé publique pour empêcher la croissance des cas.

Cela signifie de maintenir les précautions de base au quotidien que les Canadiens connaissent bien : porter le masque, observer une distanciation physique, éviter les grands rassemblements et les lieux surpeuplés.

Matthew Miller estime qu’il sera particulièrement crucial de maintenir certaines précautions étant donné que des millions d'enfants non vaccinés retournent à l'école cet automne.

Nous devons réfléchir à la situation actuelle, et le fait d’avoir des couches de protection supplémentaires protège vraiment tout le monde, ajoute Alyson Kelvin.

Les experts s’entendent pour dire que le Canada devrait miser à la fois sur les vaccins et sur un certain niveau de restrictions, puisque les cas liés au variant Delta continuent d'augmenter.

Si nous sommes vraiment soucieux de protéger les populations vulnérables, comme les personnes dans les établissements de soins de longue durée ou les personnes immunodéprimées, ces multiples couches de protection contribueront à les protéger, estime Alyson Kelvin.

Avec les informations de CBC News

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