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Crise des opioïdes : la stratégie d'Erin O'Toole soulève des questions

Des tables et équipements nécessaire pour fournir des soins de prévention des surdoses

Le premier centre de consommation supervisée de drogues à ouvrir à Victoria se trouve dans un établissement de logement qui opère un centre de prévention des surdoses depuis un an.

Photo : Régie de santé de l'île de Vancovuer

Le chef conservateur fédéral, Erin O’Toole, s’est voulu rassurant sur l’avenir des centres de consommation supervisée, dimanche, assurant qu’il croit que le Canada a besoin « d’une approche nationale qui inclut la réduction de risques » pour combattre la crise des opioïdes. Sur le terrain toutefois, ses promesses ne convainquent pas tout le monde.

Non. Nous ne ferions pas ça.

C’est la réponse sans équivoque qu’Erin O’Toole a donnée dimanche, lorsqu’une journaliste lui a demandé si un gouvernement conservateur tenterait de faire révoquer les permis des centres de consommation supervisée et de les empêcher d’opérer.

Nous voulons que le rétablissement et les traitements soient aussi au centre d’une approche nationale qui inclut la réduction de risques et qui inclut la compassion pour les personnes avec des dépendances au sein de notre système judiciaire, a-t-il assuré.

C’est un peu rassurant, dit le Dr Monty Ghosh, professeur adjoint en médecine clinique à l’Université de Calgary et à l’Université de l’Alberta.

Il travaille dans plusieurs hôpitaux et milieux communautaires auprès de personnes aux prises avec des dépendances et admet que la crainte que le Parti conservateur du Canada abolisse les services de consommation supervisée occupait bien des esprits.

Ses propres inquiétudes, quoiqu’amoindries, ne sont pas parties.

J’aurais besoin d’un peu plus de détails, dit le Dr Ghosh. C’est une très bonne chose qu’Erin O’Toole promette de ne pas fermer les services de consommation supervisée. Mais ce que je veux savoir c’est : va-t-il en ouvrir plus?

L’ombre de Jason Kenney

Le prédécesseur d’Erin O’Toole, Andrew Scheer, avait exprimé à plusieurs reprises ses réserves face aux centres de consommation supervisée, disant qu’ils entretiennent le cycle de la dépendance au lieu de le briser.

Dans un de ses communiqués, Erin O’Toole mentionne que la stratégie nationale actuelle met beaucoup d’accent sur la réduction de risques et que c’est important, mais insuffisant.

Petra Schulz, une Albertaine dont le fils est mort d’une surdose en 2014, accueille ses récents commentaires avec scepticisme.

Ça ne me rassure pas du tout parce que c’est le même discours que tenait Jason Kenney et puis il a quand même fermé des centres de consommation supervisée, affirme-t-elle.

Le gouvernement albertain mené par Jason Kenney a fermé le centre de Lethbridge, qui était le plus fréquenté au pays. Il a aussi fermécelui de Calgary.

Le gouvernement maintient que ces services seront réorganisés et proposés ailleurs, et qu’il tient à offrir un ensemble de soutiens, dont des services de réduction des risques aux personnes qui souffrent de dépendances.

Petra Schulz n’est pas convaincue. Le groupe Moms Stop The Harm, qu’elle a cofondé, poursuit le gouvernement Kenney en cour pour ses politiques jugées répressives en la matière.

« Nous avons des taux de décès qui ne cessent de monter et le modèle implanté par [Jason] Kenney ne fonctionne clairement pas. L’étendre à l'échelle nationale serait désastreux à notre avis. »

— Une citation de  Petra Schulz, cofondatrice de Moms Stop The Harm

L’ajout de lits bien accueilli

Erin O’Toole a promis dimanche d’investir 325 millions de dollars sur trois ans pour construire 50 centres communautaires et d'ouvrir 1000 lits dans des centres de traitement s’il est élu.

Cette annonce a été saluée par le Dr Ghosh ainsi que par Petra Schulz, qui a félicité le chef conservateur d’être le premier à présenter une stratégie contre la crise des opioïdes dans cette campagne électorale.

Donald Macpherson, directeur de la Coalition canadienne des politiques sur les drogues, s’en est également réjoui, même s’il estime que c’est loin de suffire.

Il souligne que le nombre exceptionnellement élevé de surdoses s’explique partiellement par le fait que les drogues qui se trouvent actuellement sur le marché noir sont plus toxiques et contiennent plus de fentanyl.

Des gens meurent tous les jours en Alberta, à un rythme très élevé.

« Construire un centre de traitement peut prendre des mois ou des années et ça n’aidera personne aujourd’hui ou demain, ou la semaine prochaine.[...] Quand on a une urgence de santé publique, on doit fournir un soulagement immédiat. »

— Une citation de  Donald Macpherson, directeur de la Coalition canadienne des politiques sur les drogues

Selon les données de 2020 récoltées par l’agence de santé publique fédérale, 17 Canadiens meurent chaque jour d’une surdose d'opioïdes.

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