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Le coup d’État raté du 19 août 1991 amorce le démantèlement de l’Union soviétique

Vue de Tallinn, la capitale de l'Estonie.

Les Républiques baltes ont acquis leur indépendance de l'Union soviétique à la suite du coup d'État manqué du 19 août 1991.

Photo : Annie Bérubé

Radio-Canada

Le coup d’État raté du 19 août 1991 à Moscou ouvre la porte à ce qui était impensable il y a quelques mois encore : la dislocation de l’Union soviétique. Cette séparation s’amorce avec l’indépendance des Républiques baltes.

La forteresse soviétique se lézarde

Le coup d’État a permis aux trois Républiques baltes de régler le compte de leur propre parti communiste.

Une citation de :Bernard Derome, 22 août 1991

L’échec du coup d’État par les communistes durs et purs contre les réformes de Mikhaïl Gorbatchev provoque un début de dislocation de l’Union soviétique.

L’écroulement se fait tout d’abord sentir dans les trois Républiques baltes que sont l’Estonie, la Lituanie et la Lettonie.

En novembre 1988, le Parlement de l’Estonie avait déclaré unilatéralement l’indépendance envers Moscou. En mars 1990, c’est au tour de la Lituanie de larguer les amarres.

Téléjournal, 4 mars 1991

Puis, en mars 1991, comme le rapporte le correspondant à Moscou Don Murray dans un compte rendu au Téléjournal du 4 mars 1991, c’est au tour de la République de Lettonie de déclarer son indépendance de l’Union soviétique.

Bernard Derome anime le Téléjournal ce jour-là.

Les Lettons disent oui à l’indépendance par référendum à 75 %. Même l’importante minorité russe qui habite en Lettonie choisit s’affranchir de Moscou.

Si Moscou refuse catégoriquement l’indépendance des Républiques baltes, le coup d’État raté du 19 août change radicalement le rapport de force et l’oblige à céder.

Téléjournal, 22 août 1991

Comme le souligne Bernard Derome, l’animateur du Téléjournal du 22 août 1991, les Républiques baltes interdisent le Parti communiste sur leurs territoires et arrêtent les responsables communistes locaux.

La statue de Lénine, l’instigateur de la révolution bolchévique, est déboulonnée.

Par ailleurs, comme l’atteste le compte rendu de la correspondante à Washington Catherine Bergman, le coup d’État permet aux pays occidentaux d’appuyer de manière beaucoup moins feutrée les demandes d’indépendance des Républiques baltes.

Le président américain George H. W. Bush, de sa résidence d’été dans le Maine, exhorte le président Gorbatchev à respecter la volonté des peuples baltes.

Il n’hésite même plus à lier l’aide économique que pourrait accorder l’Occident à l’Union soviétique à cette concession de taille de la part de Moscou.

Cette demande semble approuvée par d’autres dirigeants occidentaux, dont le Britannique John Major et le chancelier allemand Helmut Kohl.

Une indépendance entre espoir et inquiétude

Au début septembre 1991, le ministre canadien du Commerce extérieur, Michael Wilson, arrive à Vilnius, la capitale de la Lituanie.

Il s'agit d'une première escale d’un voyage de trois jours dans les pays baltes pour le ministre canadien.

Michael Wilson vient en Lituanie pour signer des documents qui permettront la reprise des relations diplomatiques entre le Canada et les pays baltes.

C’est également une occasion pour le Canada d’offrir de l’aide financière et technologique à la Lituanie.

Téléjournal, 1er septembre 1991

Le pays en a bien besoin, comme le confirme le reportage du journaliste Raymond Saint-Pierre présenté au Téléjournal le 1er septembre 1991, animé par Charles Tisseyre.

Si les Lituaniens célèbrent l’indépendance, ils ressentent aussi une inquiétude assez considérable.

Moscou pourrait-il ordonner à ses soldats d’occuper le pays? Après tout, il y a encore une base militaire soviétique qui se trouve en plein cœur de sa capitale, Vilnius.

Des milices ont été formées pour surveiller les militaires soviétiques tout de suite après la déclaration de l’indépendance.

Mais un de ses membres admet que si les Soviétiques décidaient de lancer une attaque massive, les milices ne pourraient pas faire grand-chose.

En janvier 1991, Moscou avait autorisé une opération militaire anti-indépendance qui avait provoqué la prise de la tour de la télévision d’État et la mort de 14 personnes, dont 13 Lituaniens.

La population exprime aussi sa peur envers une détérioration de la situation économique.

Une Lituanienne soutient que son pays a besoin d’aide de l’étranger pour contrer le chômage et l’inflation galopants.

Raymond Saint-Pierre affirme que le Canada est très apprécié en Lituanie, à l'instar de l’aide technique qu’il apporte.

Ce pays, comme les autres parties de l’Union soviétique, craint les conséquences de la transition d’une économie communiste à une de marché.

Certains appréhendent même une famine.

Moscou libère les pays baltes

Le 6 septembre 1991, le gouvernement soviétique se résigne à reconnaître officiellement l’indépendance des pays baltes.

Téléjournal, 6 septembre 1991

Le correspondant à Moscou Don Murray présente au Téléjournal, ce jour-là, un compte rendu expliquant le geste soviétique. Charles Tisseyre anime le bulletin de nouvelles.

Le nouveau ministre des Affaires étrangères soviétique, Boris Pankine, annonce que Moscou soutiendra les pays baltes dans leurs demandes d’adhésion aux Nations unies et que la question des unités soviétiques sur leur sol sera bientôt réglée.

La décision soviétique met fin à 51 ans d’annexion par Moscou des pays baltes.

Les trois petits pays avaient été en 1940 les victimes d’un protocole secret, le pacte Ribbentrop-Molotov, signé par l’Union soviétique de Joseph Staline avec l’Allemagne nazie d’Adolf Hitler.

Envahis par les soldats soviétiques, les trois pays baltes avaient été simplement incorporés de force dans l’Union soviétique.

Le départ des pays baltes de l’Union soviétique n’est qu’un prélude à des changements encore plus dramatiques qui auront lieu les mois suivants.

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