•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le premier restaurant virtuel de l’Atlantique va bientôt ouvrir ses portes à Moncton

Rob Taylor, souriant dans la cuisine du restaurant, fait un geste d'optimisme en levant son pouce.

L’entrepreneur Rob Taylor et ses partenaires préparent l'ouverture d'un grand restaurant virtuel à Moncton.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Pascal Raiche-Nogue

Neuf restaurants, neuf menus, une liste interminable de plats… et une seule cuisine. Des entrepreneurs de Moncton s'apprêtent à lancer le premier restaurant virtuel des provinces de l’Atlantique, concept aussi connu comme cuisine fantôme, ou ghost kitchen.

La rue St-George à Moncton, entre le centre-ville et le parc du Centenaire, compte d’un côté des immeubles d’appartements en brique et de l’autre des commerces, des bureaux et des entrepôts de toutes sortes.

C’est dans un édifice de ce quartier hétéroclite que l’on retrouve Rob Taylor. L’entrepreneur de 35 ans – propriétaire de quelques restaurants dans la région – et ses partenaires y ont construit une gigantesque cuisine.

C’est la plus grande cuisine où j’ai travaillé dans ma vie. Et je suis dans la restauration depuis 25 ans. J’ai vu toutes les cuisines, dit ce copropriétaire de l’East Coast Kitchens Group.

Des paniers métalliques sont suspendus au-dessus des friteuses.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La cuisine du restaurant virtuel comprend six friteuses.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

L’équipement comprend une hotte de ventilation de 32 pieds, huit fours à pizza, six friteuses, des grils, des stations de préparation, des foyers, des congélateurs, ainsi que des spatules et des couteaux en abondance.

Jusqu'à 20 concepts sous un seul toit

Le premier restaurant virtuel des provinces de l’Atlantique va bientôt prendre vie dans ces installations. Le coup d’envoi devrait être donné au cours des prochaines semaines.

Des plats d’une douzaine de restaurants virtuels y seront préparés. Les clients pourront se les faire livrer – par l’entremise d’applications populaires comme Uber Eats et Skip The Dishes – ou les commander et aller les chercher sur place.

On a 12 concepts dans notre restaurant. Et on a le plan d’en avoir 20. C’est ça, une ghost kitchen. On fait des saucisses, des milk-shakes, des biscuits, des gâteaux, des tacos. Tous ces concepts sous un seul toit, explique Rob Taylor.

Des poêles à frire, des casseroles et des cuillères de toutes tailles accrochées à un mur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les cuisiniers disposeront d'une multitude d'ustensiles.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Contrairement aux restaurants traditionnels, l’East Coast Kitchens Group n’aura pas de salle à manger ou de personnel à l’accueil, ni même de serveurs.

Les clients qui se pointeront en personne pourront commander sur une tablette et s’asseoir pour attendre leurs plats, sans plus.

Des plats de marques déjà offertes dans la région – comme Suzie’s Salads & Shakes et Paparazzi Poutine – seront préparés dans l’énorme cuisine.

Rob Taylor et ses partenaires vont aussi faire renaître deux restaurants du centre-ville qui ont fermé leurs portes il y a quelques années, The Brooklyn Deli et Cut Throat Pizza, où l’on pouvait acheter de la pizza à la poutine, particulièrement populaire à la sortie des bars de la rue Main.

Ces restaurants marchaient, mais les propriétaires voulaient aller dans une nouvelle direction. Donc, on est allé chercher ça. Ça va être le même menu, les mêmes sauces, tout sera pareil. On relance ça ici et on est très excité, dit-il.

Quelques autres concepts ont été créés de toutes pièces afin d’être intégrés au restaurant virtuel, comme Nacho Average Nacho, Big Dog’s BBQ Shack, El Centro, Take The Cake et Lord of the Wings.

Dépenses minimales, flexibilité maximale

Rob Taylor et ses partenaires n’ont rien inventé. Ils s’inspirent simplement d’entrepreneurs d'ailleurs au pays et aux États-Unis qui révolutionnent le monde de la restauration en profitant de la popularité des applications de livraison.

Si les cuisines virtuelles – ou les cuisines fantômes, comme certains les appellent – sont si attrayantes, c'est qu'elles permettent aux restaurateurs de réduire considérablement leurs dépenses.

Les dépenses, c’est très important dans l'industrie de la restauration. Si tes coûts sont trop élevés, tu ne vas pas avoir de succès. Si tes dépenses augmentent de 2 ou 3 %, tu peux ne pas générer de profits, explique Rob Taylor.

Les fours et d'autres appareils en arrière-plan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La cuisine est équipée de huit fours à pizza, entre autres.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Comme East Coast Kitchens Group n’offrira pas de service aux tables et misera surtout sur la livraison, la cuisine a pu être construite dans un quartier situé en retrait du centre-ville.

Notre loyer est vraiment abordable. On n’a pas de serveurs en avant, on a juste des personnes qui cuisinent la nourriture en arrière et nous, les propriétaires. On n’a pas beaucoup de dépenses, explique-t-il.

De plus, il peut ajuster ou même supprimer les restaurants virtuels très facilement. Pas besoin de fermer ses portes pendant des semaines pour rénover la salle à manger et lui refaire une beauté.

Si un concept ne marche pas ou a besoin d’être changé, on peut faire ça en deux secondes. On va sur Internet, on fait quelques changements, on va dans la cuisine dire à nos collègues qu'on fait ce changement, dit-il.

La porte de l'établissement.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Comme tous les restaurants virtuels, celui du East Coast Kitchens Group offrira ses plats uniquement pour emporter ou pour livraison. Il n’y aura pas de salle à manger, ni de personnel à l’accueil, ni même de serveurs.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Rob Taylor reconnaît que le concept risque de ne pas plaire à tout le monde. Certains consommateurs ne sont pas très chauds à l’idée de commander leur nourriture sur une application.

On n’a pas de serveurs qui vous accueillent et qui disent "bonjour" et "bienvenue". Les personnes de mon âge et plus âgées aiment encore ça. Elles veulent aller au restaurant, s’asseoir, consulter le menu, remarque-t-il.

C’est pourquoi une terrasse sera construite devant l'édifice, l’été prochain, afin que les clients puissent y manger leurs plats à emporter.

On fait des petits changements pour capter ce marché autant que possible, souligne-t-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !