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Twitter ajoute un avertissement sur un tweet de Chrystia Freeland

Chrystia Freeland répond à une question en point de presse.

Chrystia Freeland est l'une des figures les plus en vue du gouvernement sortant de Justin Trudeau, cumulant les titres de ministre des Finances et de vice-première ministre.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Un tweet attaquant le chef conservateur Erin O'Toole publié dimanche par la candidate libérale Chrystia Freeland a été classé par Twitter Canada comme étant du contenu « manipulé ».

La vidéo publiée par Mme Freeland, qui cumule les titres de vice-première ministre et ministre des Finances dans le gouvernement de Justin Trudeau, montre Erin O'Toole répondant à une question concernant la privatisation du système de santé lors de la course au leadership du Parti conservateur, en juillet 2020.

Partagée en français et en anglais, la séquence de 35 secondes a toutefois été montée de manière à tronquer la réponse de M. O'Toole. Le chef s'y dit en faveur de la participation du privé pour améliorer le système de santé, mais il insiste sur la nécessité de préserver l'accès universel.

Cette dernière portion ne se trouve toutefois pas dans l'extrait partagé par Mme Freeland.

Justin Trudeau a lui aussi partagé la vidéo sur Twitter dimanche, décochant des attaques envers le chef conservateur quant à sa vision du système de santé canadien.

C'est en soirée que Twitter a ajouté un avis au gazouillis, indiquant qu'il s'agissait d'un média manipulé. Les tweets étiquetés ainsi ont une visibilité limitée et ne sont pas recommandés par l'algorithme, a précisé Twitter Canada par courriel.

Les conservateurs ont rapidement dénoncé cette tactique. Lundi, Erin O'Toole a accusé les libéraux de propager de la désinformation et d'importer un style de politique à l’américaine dans la campagne. Ce qui est très décevant, […] c’est que monsieur Trudeau divise et désinforme les Canadiens de façon quotidienne, a indiqué le chef.

Laissez-moi être clair : je soutiens à 100 % notre système public et universel. C’est une force pour notre pays. […] C’est pourquoi dans notre plan, on propose 60 milliards de dollars additionnels pour le soutenir.

Une citation de :Erin O'Toole, chef du Parti conservateur

Le chef conservateur a évité de répondre aux questions concernant les secteurs de la santé qu'il confierait au privé.

Les avocats du Parti conservateur ont aussi demandé au commissaire aux élections fédérales Yves Côté d'ouvrir une enquête, estimant que la vidéo enfreint l'article 481(1) (Nouvelle fenêtre) de la Loi électorale du Canada sur les publications trompeuses.

Le PLC en désaccord avec la décision de Twitter

Les libéraux se sont défendus en affirmant que la totalité de la réponse de M. O'Toole – qui peut être visionnée à la 12e minute de cette vidéo (Nouvelle fenêtre) – a aussi été publiée sur le compte Twitter de Mme Freeland.

Les commentaires d'Erin O'Toole en faveur d'un système de santé privé à but lucratif parlent d'eux-mêmes, a réagi le Parti libéral, par communiqué. La publication sur Twitter incluait à la fois la réponse complète et un résumé des propos de M. O'Toole. Ce résumé reflète correctement la réponse intégrale de M. O'Toole.

Nous ne sommes pas d'accord avec la décision de Twitter et nous leur avons demandé des explications. Nous laisserons les Canadiens juger par eux-mêmes les propos de M. O'Toole, a-t-on ajouté du côté libéral.

En conférence de presse lundi matin, Justin Trudeau a évité de commenter la décision de Twitter. Il a préféré réitérer son attaque contre le chef conservateur.

Ce qui est important dans tout ça, c’est que M. O’Toole a clairement dit qu’il appuyait un système de santé à deux vitesses, a-t-il avancé. On a publié la vidéo au complet et j’encourage tous les Canadiens à regarder ce que M. O’Toole pense de notre système de santé.

Comme les conservateurs, le Nouveau Parti démocratique a lui aussi accusé le Parti libéral d'avoir partagé de fausses informations.

C'est complètement l’opposé de ce qu’on doit faire. Sur les médias sociaux, on voit beaucoup de messages haineux qui sont partagés pour radicaliser les gens. Donc, c’est important d’avoir des mécanismes et des projets de loi forts pour interdire cette sorte de désinformation, a déclaré le chef Jagmeet Singh.

C'est déroutant de voir le parti au pouvoir faire exactement ce à quoi on doit mettre fin, a-t-il ajouté.

Blanchet défend la liberté d'expression

Même s'il reconnaît que la vidéo puisse constituer un exemple de désinformation, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet a insisté sur les particularités du contexte électoral et a évité de s'avancer trop loin au sujet d'un contrôle qui pourrait être exercé sur de telles publications.

J'aurais tendance à dire : "Allez vous amuser à regarder les derniers mois des libéraux, notamment dans certaines crisettes qui se sont produites". La désinformation est très, très organisée, a-t-il répondu.

Les propos qu'on a vus de M. Guilbeault et de M. Rodriguez dans les derniers jours par rapport à mon passé en environnement, c'est de la vulgaire, vulgaire désinformation. Vulgaire désinformation. Encore une fois, les chiens aboient et la caravane passe, a-t-il enchaîné.

Néanmoins, le leader bloquiste ne prône pas un contrôle plus strict des médias sociaux pour prévenir toute forme de manipulation. Je pense qu'il est extrêmement délicat d'instrumentaliser dans un contexte de campagne électorale un phénomène aussi complexe que l'exercice de restrictions à la liberté d'expression sur les réseaux sociaux, a-t-il déclaré.

Yves-François Blanchet a admis recevoir un voyage d'insultes et de menaces. Malgré cela, il a des réticences à en resserrer l'encadrement. C'est très dérangeant, mais ce n'est pas rendu au point où il faille faire une surenchère et promettre des restrictions à la liberté d'expression, a-t-il affirmé.

Avec les informations de CBC

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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