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La fin d’une longue marche et le début de la guérison pour une survivante autochtone

Une femme devant le parlement s'adresse à la foule avec un micro.

Patricia Ballantyne a complété une marche de 79 jours entre Prince Albert, en Saskatchewan, et le parlement à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Benjamin Andrews

Radio-Canada

Patricia Ballantyne, une survivante des pensionnats pour Autochtones, a achevé son long périple, dimanche, en arrivant sur la colline du Parlement, à Ottawa.

Elle a parcouru plus de 3000 km entre la Saskatchewan et l'Ontario pour guérir des traumatismes que lui ont laissés les pensionnats.

Originaire de la communauté de Deschambault Lake, en Saskatchewan, Patricia Ballantyne a été envoyée dans un pensionnat pour Autochtones de Prince Albert, en 1978, où elle est restée jusqu'en 1987.

Après le décès de ma mère, j'ai été placée dans un pensionnat avec mes frères, ce qui était très triste pour moi. Au début, j'ai pensé : "Oh, comme c'est excitant! Je prends l’autobus, alors que je n’ai jamais pris l’autobus." Donc, j’y suis allée avec plaisir, ne sachant pas qu'ils m'emmenaient loin de ma famille et de ma communauté, raconte-t-elle.

Partie de son ancien pensionnat, l'instigatrice de la Marche du chagrin (Walk of Sorrow) aura marché 79  jours. La découverte des 215 sépultures d’enfants autochtones, à Kamloops, a réveillé en elle les souvenirs de son enfance et l’a convaincue d’entamer ce voyage pour permettre sa propre guérison, mais aussi en mémoire des survivants et des familles ayant perdu des proches dans les pensionnats pour Autochtones.

C’est important pour moi, personnellement [...] j’ai besoin de me soigner moi-même, a-t-elle expliqué. Je savais que marcher me donnerait beaucoup de temps pour réfléchir. [...] À force, tu finis par t’oublier toi-même.

Malgré le chemin parcouru, la route est encore longue, poursuit-elle.

La guérison est un long processus qui prend du temps. [...] Mais c’est un très bon début et cela m’a ouvert les yeux sur l’importance de notre spiritualité, de notre culture et de nos traditions.

Une femme avec un chandail orange pose pour une photo.

Margo Doucette Morin était à Ottawa pour accueillir Patricia Ballantyne.

Photo : Radio-Canada / Benjamin Andrews

Tout au long de sa marche, elle raconte avoir rencontré de nombreuses communautés autochtones venues l’encourager, même lorsqu’elle n’y faisait pas étape. Elle a également reçu de nombreuses aides financières pour soutenir sa démarche.

À Ottawa, malgré la chaleur étouffante, une centaine de personnes étaient venues l'accueillir sur la colline du Parlement.

Une femme avec un tee-shirt orange et un chapeau sourit.

Denise Anne Matchiwiga Boissoneau était présente sur la colline du Parlement, dimanche.

Photo : Radio-Canada / Benjamin Andrews

Quand je vais revenir à la maison, je vais ramener tout ce que j’ai appris sur cette route et continuer à entretenir nos traditions et nos cérémonies. [...] Je vais aussi encourager les familles à parler plus fort de leurs besoins.

Elle souhaite également se rendre dans les écoles et les réserves pour partager son expérience et ce qu’elle a appris.

Un message aux politiciens

Alors que la campagne électorale fédérale fait rage, Mme Ballantyne demande aux politiciens de respecter les communautés autochtones.

S’ils veulent vraiment renforcer nos communautés autochtones, ils doivent aller les rencontrer, parler avec elles, les écouter, pas venir seulement pour 10 minutes, faire leur discours de campagne et repartir. Ils doivent s’asseoir, partager un repas et montrer du respect, dit celle qui souhaite notamment une révision du système de protection de l’enfance.

Parmi les politiciens présents ce dimanche, à Ottawa, se trouvait le député provincial libéral d’Ottawa-Sud, John Fraser.

C’est vraiment important quand quelqu’un a parcouru tout ce chemin, a marché pendant 79 jours, pour une cause aussi pure, un message de paix et de réconciliation, de venir l’accueillir. Son message est puissant et dit beaucoup. Je voulais être là pour le moment de silence et pour l’entendre parler, dit-il, expliquant vouloir que la province travaille avec le gouvernement fédéral et investisse les fonds nécessaires pour parvenir à la réconciliation. Le plus important, c’est d’écouter et d’être ouvert.

Mme Ballantyne espérait rencontrer des politiciens. Mais, dit-elle, elle n’a notamment eu aucune nouvelle du bureau de Marc Miller, le ministre des Services aux Autochtones.

Avec les informations d’Emmanuelle Poisson

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