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Élections 2021 : les jeunes seront-ils au rendez-vous?

Des mains se lèvent dans les airs.

Après plus d’un an de pandémie et de mouvements sociaux, les jeunes Canadiens sont plus engagés que jamais, selon des organismes qui s’impliquent auprès d’eux.

Photo : getty images/istockphoto / Chinnapong

Pandémie, climat, réconciliation, logement. Après plus d’un an de pandémie et de mouvements sociaux, les jeunes Canadiens sont plus engagés que jamais, selon des organismes qui s’impliquent auprès d’eux. Le but est maintenant d’assurer que cet engagement, qui se manifeste souvent par des voies plus informelles, les mène jusqu’aux urnes le 20 septembre.

Comparativement à l’année 2019, nos sondages nous démontrent que les jeunes se sentent plus engagés en politique présentement, explique la directrice des communications et de l’engagement stratégique de l’organisme L'apathie c’est plate, Danièle-Jocelyne Otou.

Les millénariaux ont été très affectés économiquement pendant la pandémie, selon elle, et plusieurs ont pu profiter de la Prestation canadienne d’urgence. Ils ont aussi été les leaders dans plusieurs mouvements sociaux dans les deux dernières années.

Une femme qui sourit.

Danièle-Jocelyne Otou est la directrice des communications et d'engagement stratégique pour l'organisme L'apathie c'est plate.

Photo : Radio-Canada

Les jeunes s’engagent de manière novatrice et plus informelle. On s'engage sur les réseaux sociaux, on s’engage sous forme d’activisme ou de marches organisées, parce que ces systèmes-là sont plus ouverts à nous, constate Danièle-Jocelyne Otou.

Mais ce choix d’engagement - au détriment d’un engagement plus formel, comme le vote - démontre un certain manque de confiance envers le système politique. Et le but de l’organisme L'apathie c’est plate est de créer un pont entre ces deux types d’engagements, pour amener les générations Y et Z à voter.

Nous voulons aider les jeunes qui sont un peu moins engagés de façon systémique à comprendre l’importance de marier leur engagement informel, qui est tout aussi important, avec le vote, dit-elle.

« Une démocratie saine est composée d'engagements informels, mais aussi d'engagements formels, en participant avec les systèmes institutionnels qui sont en place. Un sans l’autre, c’est signe d’une démocratie qui saigne. »

— Une citation de  Danièle-Jocelyne Otou, directrice des communications et de l'engagement stratégique, l'Apathie c'est plate

Des barrières au vote

Le manque de confiance dans le système électoral représente une barrière importante pour les jeunes, selon Danièle-Jocelyne Otou. Surtout pour celles et ceux qui sont issus de la diversité.

La barrière motivationnelle est présente chez les millénariaux en général, mais surtout quand ils sont racisés ou qu’ils viennent de la communauté LGBTQ+, souligne-t-elle.

Comme l’explique Velma Morgan du groupe Operation Black Vote Canada, le manque d’information s’ajoute à ce manque de confiance. Cet organisme vise d’abord et avant tout à informer.

femme qui sourit.

Velma Morgan est avec le groupe Operation Black Vote Canada.

Photo : Radio-Canada

Plusieurs jeunes ne savent pas comment fonctionne le système électoral, dit-elle. Il y a un grand manque d’informations en ce qui concerne notre démocratie. L’éducation civique n’est pas assez une priorité au Canada.

Velma Morgan ajoute que la pandémie va rendre plus difficile le processus du vote, puisqu’il n’y aura pas de bureaux de scrutin sur les campus des universités et collèges canadiens. De plus, les endroits où voter vont changer en raison de la pandémie et des mesures sanitaires.

Operation Black Vote Canada veut donc redoubler d’effort pour informer les millénariaux.

Nous avons prévu un atelier avec Élections Canada pour encourager les jeunes à postuler pour des emplois pendant l’élection afin de mieux comprendre le processus. Nous allons également lancer des campagnes d’engagement sur Instagram, explique-t-elle. Il faut savoir comment bien communiquer avec eux.

Rejoindre les jeunes dans leur environnement

D’ailleurs, Velma Morgan estime que c’est précisément ce que les politiciens devraient faire pendant cette campagne électorale.

Les politiciens doivent rejoindre les millénariaux où ils sont. Ils doivent démontrer qu’ils vont réellement aborder les sujets qui sont importants pour eux, lance-t-elle.

Certains jeunes sont plus informés que d'autres, mais la pandémie et les changements climatiques demeurent des enjeux importants.

La gestion de la pandémie est mon enjeu principal, suivi de l'environnement, constate Andrew Sekora, un Torontois de 34 ans qui compte certainement voter en septembre.

Et il n'est pas le seul qui ira aux urnes. Nicole Foster y sera également.

Je ne suis pas tellement informée en ce qui concerne l'élection pour l'instant, mais je vais voter. Je vais aussi comparer les plateformes électorales des partis politiques avant de le faire, explique la Torontoise de 24 ans.

Future Majority est un autre organisme qui veut aider les jeunes à s’impliquer pendant les élections. La bénévole du département de communications de l'organisme croit fermement que les politiciens doivent prendre l'initiative de parler des enjeux des jeunes.

une femme qui sourit.

Juwairihya Rafi est bénévole pour l'organisme Future Majority à Brampton.

Photo : Radio-Canada

Il faut que les politiciens parlent des sujets que les jeunes électeurs ont à cœur, comme les changements climatiques, la justice sociale et la stabilité d’emploi. On veut de vraies conversations, dit-elle.

« Les jeunes ne doutent pas de pouvoir se faire entendre grâce aux médias sociaux et aux conversations dans leurs communautés. Mais les politiciens doivent aussi faire un pas dans leur direction. Ils doivent réellement parler de ce qui est important pour eux. »

— Une citation de  Juwairihya Rafi, Future Majority

Et elle estime que les partis politiques essayent de plus en plus de s’adapter. Les partis politiques sont sur les réseaux sociaux comme TikTok ou Twitter et ils veulent participer à ce type de forum, constate-t-elle.

Selon ces organismes, les générations Y et Z représentent le plus grand bloc d’électeurs pour la deuxième élection de suite. Il reste à voir s’ils seront réellement au rendez-vous le 20 septembre.

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