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Nouvelle augmentation des prix du carburant au Liban

La lune se lève sur Beyrouth au Liban, alors que la ville est plongée dans la pénombre.

Les coupures d'électricité se prolongent de plus en plus au Liban, avec la pénurie de carburant, comme ici à Beyrouth, le 19 août 2021.

Photo : AP / Hassan Ammar

Agence France-Presse

Le Liban, en plein effondrement économique, a augmenté dimanche le prix des carburants de près de 70 %, après une nouvelle réduction des subventions dans le pays privé de devises étrangères et en proie à des pénuries.

Avec cette nouvelle hausse, les prix des carburants ont pratiquement triplé en deux mois, depuis que la Banque centrale a commencé en juin à réduire les subventions allouées aux importations.

L'augmentation se répercutera sur toute l'économie, et entraînera une hausse des prix dans le pays touché par l'hyperinflation. Avec la crise, les prix dans les supermarchés augmentent quasiment de semaine en semaine, en raison d'une dépréciation de la livre libanaise que rien ne semble enrayer.

Selon la nouvelle liste des prix publiée dimanche par l'Agence nationale d'information ANI, celui de l'essence sans plomb 98 et 95 augmente de 67 % et 66 % par rapport aux derniers tarifs annoncés le 11 août. Quant à la bonbonne de gaz ménager, son prix augmente de 50 %.

En raison des pénuries, de nombreuses stations d'essence n'ouvrent pas et des files d'attente interminables se forment devant celles qui acceptent des clients.

Contrebande vers la Syrie

Pour se dédouaner, les autorités pointent du doigt la contrebande vers la Syrie voisine, où le carburant est vendu bien plus cher que sur le marché libanais.

L'armée a lancé des perquisitions et saisi des tonnes de carburant dans des stations-service ou chez des fournisseurs, accusés de les stocker à des fins spéculatives.

Le 15 août avant l'aube, l'explosion d'une citerne d'essence dans la région du Akkar (nord) a fait une trentaine de morts, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé, des blessés ayant succombé à leurs blessures.

Grave crise économique

Depuis l'automne 2019, le Liban traverse l'une des pires crises économiques au monde depuis le milieu du 19e siècle, selon la Banque mondiale.

Un mécanisme de la Banque centrale (BDL) permettait de fournir aux importateurs des dollars au taux officiel de 1507 livres libanaises, plus avantageux que celui du marché, jugulant ainsi les prix de certains produits.

Mais à court de devises, la BDL a commencé à rationner progressivement ses dollars. Fin juin, elle avait annoncé l'adoption d'un taux de 3900 livres pour un dollar pour les importations de carburant.

Samedi, lors d'une réunion entre le président, le premier ministre sortant et le gouverneur de la Banque centrale, un nouveau taux de 8000 livres a été adopté.

La Banque centrale avait d'abord annoncé le 11 août qu'elle ne financerait plus les subventions sur les carburants, provoquant la panique.

Depuis plusieurs semaines, la population éreintée vit de longues heures sans électricité, et même les hôpitaux sont menacés par la crise énergétique.

Environ 78 % de la population libanaise vit désormais sous le seuil de pauvreté, selon l'ONU.

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