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La Royal Newfoundland Constabulary, reprochée d'avoir des pratiques misogynes

Des femmes manifestent avec des pancartes sur lesquelles sont indiquées ''C'est pour cela que nous ne dénonçons pas''.

Des sentiments comme ceux-là persistent à Terre-Neuve-et-Labrador alors qu'une autre femme allègue qu'un membre de la Royal Newfoundland Constabulary l'a agressée sexuellement sans répercussion.

Photo :  CBC / Malone Mullin

Radio-Canada

Des intervenants du milieu communautaire de Saint-Jean à Terre-Neuve jusqu'à Labrador City reprochent à la police provinciale, la Royal Newfoundland Constabulary (RNC), d'avoir des pratiques misogynes, après qu'une nouvelle plainte d'agression sexuelle visant un agent eut été déposée par une femme.

La force policière a fait l'objet de plusieurs plaintes d'inconduites sexuelles ces dernières semaines.

Une avocate de Saint-Jean, Lynn Moore, a révélé en juillet avoir été approchée par une douzaine de femmes qui allèguent avoir été la cible d'agressions sexuelles ou d'avance de la part d'agents de la RNC qui les raccompagnaient chez elles.

Les allégations visent huit membres du corps policier, dont un qui est toujours en poste, a indiqué un supérieur. Selon Mme Moore, plusieurs de ces femmes n'ont pas signalé les incidents à la police.

Une résidente du Labrador, Roxanne Greene, estime que la RNC fait preuve de négligence. Elle affirme que le corps policier ne l'a pas protégée de son ex-mari, un membre qui a le grade de sergent, qu'elle accuse de harcèlement et de viol.

Laura Winters, directrice du Conseil du statut de la femme de Saint-Jean, estime que toutes ces allégations témoignent d'une faille au sein de la RNC.

Il ne s'agit pas d'un seul homme, ou même deux. Il existe une culture de misogynie au sein de cette institution. Au fil des ans, nous avons entendu plusieurs témoignages de femmes qui disent avoir vécu du harcèlement sexuel de la part de personnes en position d'autorité ou de policiers.

Une citation de :Laura Winters, directrice du Conseil du statut de la femme de Saint-Jean

Maître Lynn Moore a déclaré à la CBC que la plupart des femmes qui l'ont contactée se sentaient mal à l'aise de dénoncer des agressions, surtout si elles visaient des policiers.

La difficulté de dénoncer

Roxanne Greene a quant à elle affirmé qu'on l'avait dissuadée de nuire à la carrière d'un homme. Elle soutient aussi que l'inspecteur de la RNC qui a recueilli sa déposition l'a poussée aux larmes avec ses techniques d'interrogatoire, et n'a pas donné suite à l'enquête.

Michelene Gray, directrice du Conseil du statut de la femme de l'ouest du Labrador, indique que des survivantes d'agressions sexuelles avouent régulièrement que le processus de signalement à la police leur fait revivre leur traumatisme.

Un agent qui mène un interrogatoire devrait oublier les techniques régulières et plutôt s'attarder à créer un espace dépourvu de jugement afin que la plaignante puisse s'exprimer , explique Michelene Gray.

Il est décourageant de se sentir à nouveau réduite au silence lors d'une dénonciation à la police. Plusieurs femmes ont gardé le silence parce qu'elles ont peur, peur qu'on ne les croie pas, à cause de la honte encore rattachée à la violence sexuelle.

Une citation de :Michelene Gray, directrice du Conseil du statut de la femme de l'ouest du Labrador

Roxanne Greene a déclaré à CBC qu'elle a tenté à de nombreuses reprises de signaler le harcèlement et les menaces provenant de son ex-mari, le sergent Nick Rumboldt. Pendant des années, les plaintes étaient restreintes au système interne de la RNC.

Cette femme avait l'impression de n'avoir aucun autre recours.

Un homme masqué, au front plissé, marche sous la pluie.

L'agent Doug Snelgrove, a été reconnu coupable d'agression sexuelle en mai dernier, six ans après avoir fait l'objet dune plainte.

Photo : Radio-Canada / CBC/Malone Mullin

Un manque de volonté d'enquêter

Un autre groupe de revendications, l'organisme First Voice, réclame aussi une surveillance communautaire du corps policier. Par moments, la RNC a démontré une incapacité ou un manque de volonté à enquêter sur les plaintes visant ses membres , affirme Dan Meades, coordonnateur de l'organisme.

Lorsqu'une plainte visant la RNC est déposée auprès du corps policier, le plaignant et le corps policier sont les seuls à être au courant. Le public n'a aucun moyen de le savoir.

Une citation de :Dan Meades, coordonnateur de l'organisme First Voice

La transparence policière, ça existe pourtant au pays et ailleurs dans le monde , souligne Dan Meades. Il est temps que ce soit le cas à Terre-Neuve-et-Labrador aussi.

D'après un texte de Malone Mullin de CBC

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