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Joies et misères sur le marché immobilier à Ottawa et en Outaouais

Une pancarte devant une maison indiquant une vente.

Le marché immobilier à Ottawa a été aussi fou qu’imprévisible depuis le début de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Andrew Lee

Radio-Canada

Le marché immobilier à Ottawa a été aussi fou qu’imprévisible depuis le début de la pandémie. Entre les surenchères et la recherche de joyaux dans les régions rurales d'Ottawa et de l’Outaouais, les agents immobiliers, ainsi que les nouveaux et futurs propriétaires, partagent leurs expériences d’un marché en ébullition.

Obligé de chercher ailleurs

Sydney Switzer et sa conjointe l’ont découvert : chercher leur première maison au début de la pandémie a été un mal pour un bien.

Le couple a commencé à prospecter sur le marché immobilier en juin 2020 avec la ferme intention de trouver une maison dans la capitale nationale, où se trouvent leurs familles respectives.

Mais rapidement, elles ont dû se tourner de l'autre côté de la rivière des Outaouais, où les prix étaient bien plus abordables.

Après ce qu'elles décrivent comme deux longs mois et avoir examiné une quinzaine de propriétés, elles ont finalement acheté une construction neuve à Buckingham.

Même si c'était beaucoup plus loin que ce que nous voulions, c'était presque une fraction du coût d'une maison ancienne. Et c'était flambant neuf, dit Mme Switzer.

Des véhicules embarquent sur le traversier.

Sydney Switzer et sa conjointe ont dû se tourner de l'autre côté de la rivière des Outaouais pour trouver une maison (Archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

Malgré les obstacles avec leurs avocats et la banque, des retards dus à la pénurie de matériaux de construction entraînant un délai de huit mois dans l’érection de leur maison, elles ont pu finalement y emménager en juin, cette année. Et aujourd’hui, elles sont très satisfaites de leur achat, car depuis le marché immobilier s'est encore davantage emballé.

Chaque jour, quand j'entends d'autres personnes parler du marché immobilier, je pense à la chance que nous avons eue.

Chercher un peu plus loin a finalement été une bonne chose.

Si nous ne l'avions pas fait, honnêtement, je ne pense pas que nous aurions trouvé quoi que ce soit.

Plutôt rénover une maison délabrée

Alors qu’ils attendaient leur premier enfant, Abdullah Saad et sa femme ont commencé à chercher une maison plus grande pour leur future famille, en mars dernier. Ils ont concentré leurs recherches sur Dunrobin, en Ontario, à seulement 10 minutes du lieu de travail de sa femme, à Kanata.

Leur première offre a été infructueuse et, aussi surprenant que cela pouvait l’être pour eux, se trouvait encore loin du prix de vente.

Nous avions pourtant surenchéri de près du double de ce que nous avions offert, au-delà du prix demandé, raconte M. Saad.

Finalement, une autre maison a été répertoriée à quelques minutes de celle de leur première tentative. Un logement loin d'être clé en main et occupé par plusieurs locataires.

C'était difficile de regarder la maison, dit-il. Ma femme était un peu hésitante. Il n'y avait pas beaucoup de photos en ligne.

Des travaux dans une maison.

Avec l'aide de sa famille, M. Saad rénove lui-même sa maison.

Photo : Gracieuseté/Abdullah Saad

Mais M. Saad en a vu la bonne ossature et le potentiel. Alors, le couple a soumis une offre inférieure au prix demandé, mais sans aucune condition. Comme son agent immobilier le soupçonnait, l’offre de M. Saad était la seule.

Maintenant, avec l'aide de sa famille, il rénove lui-même la maison.

Tout le monde veut du "clé en main". Toutes les offres multiples portent sur de belles maisons qui ont les plus belles armoires et le plus beau plancher. Mais ce n'est pas là que se trouvent les meilleures opportunités sur le marché actuel, analyse M. Saad, qui est également agent immobilier commercial.

Découragés par la surenchère

Dix guerres d'enchères et un an et demi plus tard, Ashley Ha et son mari craignent de voir le marché immobilier leur être devenu inaccessible.

Pour acheter sa première propriété, le couple a commencé ses démarches en février 2020. Préapprouvés par la banque pour un prêt hypothécaire, tous deux avaient de bons emplois dans l'industrie aéronautique. Puis, la pandémie a frappé.

Nous nous sommes dits : "Ok, c'est la pandémie, peut-être que cela jouera en notre faveur et que le marché se calmera un peu", mais c’est finalement tout le contraire qui s’est passé, raconte Mme Ha.

Chaque offre qu'ils ont faite dépassait de près de 50 000 $ ce qui était demandé, et ce sans fixer de conditions. Pour une maison, ils ont dû affronter pas moins de 23 offres concurrentes. Une autre maison pour laquelle ils s’étaient positionnés a été vendue, sans visite, pour 100 000 $ de plus que ce qui était demandé, à Orléans.

C’était absolument fou, dit Mme Ha. Nous sommes tellement découragés.

Une affiche devant une maison indiquant vendu.

Les maisons à Ottawa se vendent plus cher que le prix demandé.

Photo : Radio-Canada / David Donnelly

Mme Ha et son conjoint ont finalement perdu leur emploi en 2020, les obligeant à faire une pause dans leurs recherches.

Puis, ils ont tous les deux retrouvé un travail et repris leur étude prudente des annonces, constatant que le nombre de maisons disponibles avait diminué.

Nous préférons vivre n'importe où plus près du centre-ville, comme sur la rue Bank, mais nous ne pouvons tout simplement pas nous le permettre, dit Mme Ha, notant que les prix de départ demandés ont grimpé en flèche. Nous avons dû nous contenter d'Orléans.

Son agent immobilier a toutefois remarqué que les maisons se vendent en dessous du prix demandé désormais, et certaines avec des conditions, car le marché semble se calmer ces derniers mois. Mais Mme Ha n'est pas convaincue.

Je vais devoir le voir pour le croire, déclare-t-elle.

Pris dans un cercle vicieux

Will Caron et Dave Charbonneau ont acheté leur maison en août 2020, dans le quartier Qualicum, près du centre commercial Bayshore.

C'était fou, décrit M. Caron en parlant du marché immobilier à l'époque. À de très nombreuses reprises, eux aussi ont perdu des enchères.

Nous avions perdu tellement de fois et nous en avions tellement marre que nous avons juste surenchéri sur cet endroit, raconte-t-il.

Le couple a trouvé une maison qui cochait toutes les cases.

Le seul regret que j'ai, c'est d'avoir probablement contribué à ce cercle vicieux, regrette-t-il.

Deux personnes dans la forêt avec leur chien.

Will Caron et Dave Charbonneau avec leur chien

Photo : Gracieuseté/Will Caron

Leur évaluateur a déterminé qu'ils avaient sans doute payé 30 000 $ de plus que la valeur de leur maison.

Mais à peine six mois plus tard, bonne nouvelle : leur agent immobilier leur annonce que leur maison vaut probablement 150 000 $ de plus que ce qu'ils l’ont payée.

Ça nous a un peu soulagés, dit M. Charbonneau. Nous n'avons pas dépensé trop d'argent.

Maintenant, leur chiot adopté en pleine pandémie, Juno, a une belle cour, et le couple peut tourner la page de cette expérience éprouvante.

Le processus lui-même était parfois un peu démoralisant , se souvient M. Caron. Mais tout a finalement fonctionné à la fin.

Le mauvais côté du marché

Agents immobiliers chez Royal LePage à Ottawa, Andy Allen-McCarthy et Paddy Allen-McCarthy décrivent la dernière année et demie comme un marché de vendeurs fou , épuisant et extrêmement rapide.

Selon Paddy Allen-McCarthy, Ottawa est un marché de vendeurs depuis au moins les trois dernières années.

C’était déjà très fort et la pandémie n'a fait qu'ajouter de l’huile sur le feu, illustre Andy Allen-McCarthy.

Après avoir guidé plusieurs clients à travers la pandémie – certains ayant déposé 19 offres, pour finalement se voir évincer – les deux agents immobiliers affirment que leur travail s'est rapidement transformé en celui de porteurs de mauvaises nouvelles, plusieurs fois par jour, ce qui a des conséquences néfastes sur la santé mentale des clients et des agents.

Le côté le plus moche de tout ça, c’est que les acheteurs ont dû sacrifier l'atténuation des risques pour obtenir leurs maisons. Et ça, ce n'est pas bon, dit Paddy Allen-McCarthy, expliquant comment les conditions de financement et les inspections – qui protègent potentiellement les acheteurs – entraînaient le refus immédiat des offres d’achat.

[Les gens] restaient à quai pendant que le bateau du marché immobilier s'éloignait, image Andy Allen-McCarthy. Ce rêve s'est en quelque sorte éloigné pour beaucoup de gens, et c'est vraiment dommage.

Certains de leurs clients ont été expulsés de leur quartier de prédilection en moins d'un an.

Le prix de base n'a cessé d'augmenter de manière spectaculaire, raconte Andy Allen-McCarthy. C'était vraiment moche pour moi de voir des clients préapprouvés, qualifiés, qui ont économisé de l'argent pendant deux ans en occupant trois emplois [et qui] tout d'un coup, étaient coincés. Cela me brise le cœur.

D'après le reportage de Priscilla Ki Sun Hwang, CBC

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